Rêver: Transe ancestrale & Style de Vie

Avril 2021

Invitée au Cercle Nouvelle Terre d’Alexandre Keyland en Aude, je prends la parole sur le sujet de la Transe chamanique ancestrale et de l’Art de vivre pour « Rêver une nouvelle Terre ». Je mets notamment en perspective l’aspect de la pensée créatrice murie par la concentration, soutenue et déployée par un style de vie conscient. J’aborde aussi la transe comme un lieu de communion et d’alliance avec des forces puissantes au service du Vivant planétaire.

 

Du Chaos à l’Harmonie – Film Inress

Mai 2020

Clara aka Tara, Antonin Tonatyu et moi-même, Mukhande, avons eu l’honneur d’être invités par l’Inress à guider un processus cérémoniel chamanique dans la forêt de Brocéliande sur plusieurs jours, afin d’accompagner la production du film « Du Chaos à l’Harmonie » de Sébastien Lili et son équipe.

Les images apparaissent en filigrane du film documentaire intégrant les interviews de plusieurs personnalités de la résilience des sociétés (Pierre Rabhi, Frédérique Lenoir, Matthieu Ricard, Romuald Leterrier, Idriss Aberkane, Paul Watson… – casting certes encore très masculin selon les manières historiques de l’Inress! que le masculin sacré en soit révélé!), personnalités qui s’interrogent sur les voies de l’Harmonie, au travers de notre apparent chaos actuel.

Vous pouvez visionner le film ici: https://duchaosalharmonie-lefilm.com/

Avec ma petite équipe, nous avons oeuvrer au coeur de cette forêt française chargée de mythes. Nous nous sommes notamment sentis guider pour méditer, chanter et invoquer les forces universelles, afin de libérer les voies de l’amour, celles des droits des enfants et les écosystèmes de nos territoires.

Agnihotra in France… spreading the spirit of yagna

Article écrit pour le journal de la communauté internationale Agnihotra, décembre 2020, par Solen Mukhande

 

February 2019, I came back to France after a 6 months journey in India and Australia, an insightful journey of inner teachings and outer marvels, that ended up in such a luminosity, when I met Agnihotra in Perth and then visit Om Shree Dam a few days before my return flight. From there on, practicing Agnihotra and reflecting on the five-fold path have been such a personal shelter for me and my son, that I guess it has spread naturally in my relations…

I have been working as a (shamanic/holistic) therapist, a (kriya) yoga teacher, an author, a cultural event and spiritual immersion producer… those kind of social interfaces where homa therapy could easily be introduced and reach out new audience. A dozen of soul sisters in different areas of the country have been touched by the consciousness of the path and have begun to practice Agnihotra very regularly, gracefully irradiating in their areas. A few colleagues from the kundalini yoga community have also aspired to go deeper with the vision, thinking about creating a dedicated farm with cows.

I often felt that the spirit of the Vedic fire itself was guiding me to land, share and serve in specific ways, time and place, beyond what I could have ever planned, organized or structured from my personal position. It has been as if sunrise and sunset fires were creating portals of alignment and restructuration, that would blow into my reality special opportunities… in order to mix and expand the purest vibes of this “pranic medicine” on Earth.

A few days before the first lock down in France, March 2020, I went to visit Bhrugu Aranya, Poland. I cherish my short but blessed immersion over there. Their project of Center of Light really resonated as a possible new point for deep human regeneration here in Europe, in a close future. I might be back there in a while… with a new rising tribe of rainbow warriors, praying strong and steel for the rebirth of Planet Earth! In the meanwhile, I keep up day after day with the winds of transition, lightning these fires on the ashes of the residual pasts. Facing the flames I listen to nature and I come back to my here and now, where all dream come true…

 

Thank you for all your fires!

One Team One Heart One Mind

And thank you to the Elders of Homa Therapy community for their service ¤

La construction du Yoga de « Y Bhajan »

De Maharaj à Mahân Tantrique:
La construction du Kundalini Yoga de Yogi Bhajan

Philippe Deslippe
Université de Californie, Santa Barbara pdeslippe@umail.ucsb.edu

Publié à l’origine dans:
Sikh Formations (Volume 08: Numéro 03, décembre 2012, pages 369-387) dans le cadre d’un numéro spécial intitulé The 3HO Sikh Community.

Traduction:

Sophie Marie L.

Résumé:

Cet article détaille les influences et la construction du Kundalini Yoga tel qu’introduit, enseigné et propagé en Occident par Yogi Bhajan (1929-2004), en plongeant dans l’histoire oubliée des premières années de la pratique à travers des sources jusque-là négligées telles que documentées dans de rares textes anciens et entretiens avec les premiers étudiants et associés. Contrairement à l’histoire officielle du Kundalini Yoga qui le revendique comme une tradition ancienne et secrète antérieure à l’enseignement ouvert de Yogi Bhajan, cet article soutient qu’il s’agissait d’un bricolage [en français dans le texte] créé par Yogi Bhajan lui-même et dérivé de deux personnages principaux: un professeur de hatha yoga nommé Swami Dhirendra Brahmachari (1924-1994) et le sant sikh Maharaj Virsa Singh (1934-2007). Le but de cet article est de fournir des preuves claires de ce qu’est le Kundalini Yoga de Yogi Bhajan et de ce qu’il comprend, de mettre en avant le contexte historique et culturel dans lequel il a été développé et présenté par Yogi Bhajan, et finalement d’offrir des conclusions possibles qui pourraient être tirées de cette interprétation révisée.

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Les Yawanawa face au Covid, août 2020

S’immerger d’avantage dans l’univers des Peuples d’Amazonie et découvrir l’appel de moines bouddhistes à les soutenir: https://www.youtube.com/watch?v=zSSCOPAATu0

Les Yawanawa face au Covid… Echanges inspirants avec le chef Yawanawa, 28 aout 2020

« Bonjour Solen. Bonsoir. Je sais qu’il est déjà tard en France.

Nous, comme tu le sais, sommes dans un moment très délicat au Brésil. On a un gouvernement anti-indigène, qui a inspiré la violence envers les peuples indigènes, de nombreux assassinats au Brésil de leaders indigènes, pour prendre les territoires, de nombreuses invasions de garimpeiros (chercheurs clandestins d’or), de bûcherons dans les aires indigènes… des fazendeiros envahissant les terres et tuant les personnes pour donner continuité à leurs fermes. On a un gouvernement complètement anti-indigène au Brésil. J’ai 56 ans, je n’ai jamais vu un gouvernement autant contre les peuples indigènes. Le gouvernement de la dictature n’avait pas massacré autant d’indiens que ce gouvernement. Cela ne suffit pas qu’il y ait ce moment de problèmes politiques, il y a aussi cette pandémie du Coronavirus. On a perdu et on continue de perdre, par cette pandémie, de nombreux leaders qui ont formé le mouvement indigène.

Nous, les Yawanawa, avons mis une grande attention pour ne pas être contaminés. Mais ce virus est entré sur notre terre indigène et a contaminé de nombreuses personnes. On a perdu une personne importante, mon oncle, le fils du grand-père Antonio Luiz qui avait réalisé le « contact », mon oncle Xico, mais cela a été dû à un manque d’attention de notre part. Nous sommes aujourd’hui huit villages sur la terre indigène. La famille a eu très peur, n’a pas eu le courage d’assumer et de prendre soin. Nous nous sommes reconnectés à notre énergie avec nos médecines. Nous, sans informatique, sans avoir lu sur les périodes d’incubation, sans aucun remède, avons soigné tout notre peuple avec notre médecine. Je crois que 60 à 80% des Yawanawa ont été contaminés. J’ai été contaminé. J’ai été infecté par ce virus. Mais notre spiritualité et notre médecine ont tenu la barre fermement, sortant notre peuple d’un possible effondrement qui aurait pu signifier l’extermination tel que cela est arrivé par le passé. On a repris nos médecines. On a eu très peur. Mais maintenant on a beaucoup de courage.

Mais on ne reçoit plus de personnes de l’extérieur. Les personnes nous aidaient à acheter de l’essence, du matériel pour travailler, des munitions, tout ce que nous utilisons du monde occidental, au travers des retraites et des festivals qui touchaient leurs vies. C’était notre rémunération et cela s’est arrêté. Aujourd’hui nous n’avons plus de rémunération et jusqu’à la fin de cette année nous n’allons plus recevoir personne. Nous ne sortons pas non plus pour travailler. Nous avons donc une certaine difficulté. Nous avons de la nourriture. Nous avons beaucoup de bananes, de manioc, de maïs. Mais il nous manque certaines choses. Nous maintenons l’isolement car de nombreuses personnes n’ont pas été contaminées. On passe cette période comme nous le pouvons. Je suis content que tu fasses ce contact avec moi et que tu me rapportes que certaines personnes souhaitent aider. J’espère que réellement elles peuvent nous aider et que nous puissions leur rendre un jour avec respect et tendresse dans notre forêt.

(…)

Au début quand notre peuple a fait le contact avec l’homme blanc, nous ne connaissions pas cette maladie de la grippe, de la toux et les autres. Ensuite est venue la tuberculose puis l’hépatite. Le cancer plus récemment. La grippe a tué de nombreux peuples amérindiens. Notre peuple a développé de nombreuses études pour traiter notre famille. Les gens connaissent déjà cette maladie, ses esprits.

Par exemple, quand la pandémie est arrivée, j’ai fait une pratique de prière pour plus de 140 enfants. Nos enfants se lèvent et se couchent ensemble, côte à côte. Aucun de nos enfants n’a été malade. Les vieux, anciens, qui sont considérés comme personnes à risque, on leur a aussi soufflé nos prières. Le seul ancien que nous avons perdu est celui de ce premier village où la prière n’avait été faite, car le village était éloigné du nôtre.

Aujourd’hui, c’est moi et Matsini qui travaillons à la prière de guérison pour le peuple Yawanawa, personne d’autre… Cela a véritablement permis de sauver notre peuple, avec nos médecines ancestrales. Nous avons des inhalations pour le nez bouché, pour le mal de tête, la fièvre, l’épilepsie… cette maladie est spirituelle, pour la plus grande partie. Mais les médecins ont dû lui donner un nom, la science a dû lui donner un nom…

(…)

En vérité, Solen, à ceux qui pensent nous aider : nous aimerions faire des plantations médicinales de notre connaissance, de plantes qui se perdent et qui nous ont sauvé de cette pandémie. Si nous avions dépendu des remèdes industriels, notre peuple se serait éteint. Mais grâce à Dieu, nous avons nos connaissances. Je voudrais faire un jardin médicinal, une agro-forêt et des plantations, pour prévenir d’autres pandémies et d’autres moments de difficultés à venir. Je veux une donation pour acheter des équipements et faire de grands espaces dédiés à nos médecines. »

S’immerger d’avantage dans l’univers des Peuples d’Amazonie et découvrir l’appel de moines bouddhistes à les soutenir: https://www.youtube.com/watch?v=zSSCOPAATu0

Tabac Plante sacrée

L’empoisonnement des plantes… Cosmovision Ashaninka

La cosmovision du peuple Ashaninka (Brésil, Pérou) envisage le Mal sous la forme d’un esprit n’acceptant pas sa filiation au Grand Esprit (Conscience Suprême). Cette entité colérique empoisonne les plantes et, par conséquent, les peuples et ce qui pouvait les soigner.

Aujourd’hui, le tabac est effectivement une plante « empoisonnée » par :

  • des engrais toxiques – pour lui donner un certain goût ;
  • un stress oxydant latent modifiant sa composition ;
  • des produits radioactifs présents lors de sa croissance ;
  • des additifs, sucres, humidifiant, ammoniac – pour faciliter son absorption et augmenter l’addiction à son égard ;
  • l’ajout de filtre et papier toxiques au moment de la consommation…

Une partie des pratiques cérémonielles traditionnelles avec le tabac consiste à exprimer respect et gratitude à cette plante et au règne du Vivant, afin d’honorer nos liens.

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Heureuse arrivée du tabac en Europe

C’est Jean Nicot qui démocratise l’usage du tabac en France, en en prescrivant au fils de Catherine de Médicis souffrant de maux de tête. Cet acte a donné au tabac les appellations Nicotiana ou herbe à Nicot.

Le tabac commence à être utilisé pour répondre à différents symptômes :

  • toux, sinusites, bronchites, maux de têtes,
  • parasites intestinaux,
  • goutte,
  • tétanos,
  • addictions, folie,
  • calmer les douleurs, la faim, la fatigue,
  • clarifier les idées,
  • s’ancrer, dans le cas de la médiumnité (Helena Blavatski)…

Autres applications traditionnelles

Le tabac est utilisé dans les parcours initiatiques traditionnels de développement personnel, à des fins de concentration, de prière, de communication avec le monde invisible, de renforcement spirituel et d’exorcisme.

Il peut être utilisé à des fins sociales : lors du rituel du calumet de la paix, la pipe est passée successivement aux membres de la communauté qui expriment à voix haute des paroles bien intentionnées. Ainsi s’établit un élan de réconciliation et de coopération.

Le tabac est utilisé par les familles pour des usages quotidiens tels que : anti-moustique, ou dans les plantations pour éloigner le cobra.

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La place du tabac chez les Premières Nations

Le tabac est une plante véritablement centrale pour la construction de l’identité ancestrale… comme en témoigne l’histoire de Femme Bison Blanche.

Dans la cosmovision nord-amérindienne Sioux-Lakota, ce personnage mythique apporte les éléments fondateurs des pratiques des Peuples, dont la pipe sacrée bourrée de tabac traditionnel. Cette plante sous-tend l’architecture de 7 rituels initiatiques, un appel général à l’art de vivre harmonieux et l’horizon d’une transformation radicale de l’espèce humaine – qui pourrait alors se mélanger pour toujours aux êtres de dimension céleste.

Quand (Femme Bison) eut bouclé le cercle, elle leva la Pipe bien haut vers le ciel, pour prier et instruire le peuple: ‘Je suis vos cœurs. Nous ne formons qu’un, un peuple, un esprit. Nous sommes la nation du bison.’

Puis elle chanta: ‘Je vous donne cette Terre,
vous y marcherez d’un pas sacré.
Vous marcherez, en parfait équilibre avec notre Grand-mère la Terre.
Je vous donne cette Pipe sacrée.
Avec elle vous prierez
pour tout ce qui vit – les créatures qui marchent, volent, nagent et rampent.

S’adressant au peuple, elle ajouta: ‘Un jour, je reviendrai, et ce sera pour toujours. Alors commencera une nouvelle vie, et une nouvelle intelligence.’ Prophétie Sioux-Lakota

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Chemin d’Intériorité

L’initiatrice donne la mort… Cosmogonie nord-amérindienne

De manière tout à fait symbolique et prophétique, dans le mythe de Femme Bison Blanche, celle-ci donne d’abord la mort au premier chasseur qui s’approche d’elle avec des intentions impures de convoitise et de plaisir des sens. Le tabac est un ‘farmakon’ dans le sens étymologique grec du terme : un remède ou bien un poison selon l’usage qu’on en fait.

Au niveau gnostique, le tabac véhicule une expérience d’apprentissage par la rencontre avec la dualité : celle du pouvoir de la plante et celle qui siège en nous-mêmes. On retrouve ici la perspective de la connaissance par l’ingestion d’Eve et Adam du ‘fruit interdit’. La connaissance spirituelle nous invite à renverser la tendance du désir personnel. La voie traditionnelle du tabac peut soigner notre soif de satisfaction extérieure, en nous ramenant sur le chemin de l’intériorité et du Soi.

Nous sommes les enfants du tabac et de la coca. Elles nous ont été données par le créateur, pour que nous cherchions par nous-mêmes la sagesse. Peuple Murui

Huttes à Sudation

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La Hutte

La Sudation de la Hutte des Ancêtres nous met sous haute pression alchimique pour nous pousser vers les tréfonds de ce à quoi l’on aspire… et nous faire découvrir de puissants ressorts intérieurs par lesquels atteindre notre but… Il s’agit d’un processus de purification et de renforcement de toutes les dimensions de l’être : détoxination physiologique, relâches émotionnelles, élévation mentale et spirituelle…

Association Yogash – Pourquoi nous proposons des Huttes à Sudation

Les corps et le mental dans nos sociétés peuvent être très fragiles. Nos corps sont chargés de stress, de métaux lourds et de produits de synthèse… Nous avons beaucoup moins de cohésion identitaire que dans les sociétés tribales. Les chamanes des Traditions découvrent avec nous de nouvelles équations d’harmonisation à résoudre. Dans nos sociétés, la Hutte peut préparer aux expériences de transe chamanique plus profonde de la Voie des Peuples, en ouvrant à la compréhension philosophique du rituel, à la place responsable et co-créative du participant dans la spirale de guérison, ainsi qu’en préparant les corps à une fréquence élevée de réunification.

Buffalo WomanRoue de Médecine

La Roue de Médecine est un système d’alliance de forces totémiques propres à chaque identité autochtone et à son univers cosmogonique, spirituel et vibratoire. La Roue de Médecine, aussi subtile soit-elle, est absolument déterminante dans la pratique de la Médecine et des Rites de Passage traditionnels. C’est elle qui fait de la hutte une médecine avancée, méconnue et insaisissable par les néophytes. Car ce que nos sociétés considèrent comme des symboles sont, pour la voie amérindienne, des portails totémiques chargés d’une vibration lointaine, que l’on n’apprivoise pas sans faire ses preuves. La charge vibratoire peut provenir de l’énergie psychique générée par des lignées de transmission nombreuses, de la vie même d’entités, telles les intelligences de la nature, les esprits des ancêtres, ou encore de rayons de consciences célestes… La Peuples considèrent, respectent et prennent support sur « un réseau mutuellement valorisant d’entités physiques et spirituelles interconnectées, qui est maintenu de manière pérenne et qui relie le passé ancestral au futur distant » (Déclaration de Redstone).

Guidance chamanique

La hutte nous fait rentrer dans un ventre obscur pour suer et renaître. La sudation physique est la partie visible d’une mue mise à l’œuvre au niveau psycho-énergétique et holistique de l’être. Les charges, résistances, ombres de l’inconscient transpersonnel, mémoires engrammées au niveau cellulaire, sont interrogées et confrontées par l’espace de guérison et de pacification.

Les maîtres de cérémonies, par le silence intérieur et l’état de conscience élargi, se mettent à l’écoute des esprits et de ce qui se joue dans l’invisible. Ils décryptent les patterns/structures psychiques qui se manifestent progressivement. Ils acquièrent une perception avancée des problématiques individuelles et collectives à résoudre dans l’assemblée réunie. Ils peuvent influer sur la dynamique de la Cérémonie. Ils doivent « contenir l’Espace » – en terme de vibration et de fréquence.

Dans leurs rôles délicats de doulas cosmiques, ils se mettent au service d’un processus d’accouchement qu’ils doivent protéger et favoriser, tout en veillant constamment à leur non ingérence personnelle. Ils doivent s’en remettre à la volonté des âmes et à l’équanimité de la Conscience. Lorsqu’ils y sont invités, ils permettent la précipitation des processus, les rendant plus confortables et intensifiant leur impact morphogénétique. En ayant prise sur l’énergie psychique, ils peuvent inviter les archétypes de la personnalité humaine à une danse de la réconciliation, retissant leurs liens dans le champ unifié de la Conscience.

Vos guides

Le livre Entreprendre au Féminin

Livre à paraître sous la tutelle de Morgane Février

Interview Solen Penchèvre, novembre 2019 – extraits

QUI EST TA CIBLE CLIENT :

J’accompagne des personnes aux profils très variés, dans des contextes également diverses, allant des séances individuelles de soin holistique dans un cabinet parisien, à des immersions de plusieurs jours en nature, en passant par des conférences/ateliers/évènements grand public sur des festivals dédiés à la résilience planétaire… Les personnes qui me suivent dans la durée sont engagées dans une refonte de leurs perspectives et chemins de vie… Il y a beaucoup de femmes actives qui cherchent à résoudre les paradoxes d’une vie professionnelle créative battant son plein et d’un appel aspirant à une transformation plus complète de style et de système de vie, de rythme, d’intériorité et de conscience. Il y a des jeunes personnes qui s’interrogent sur notre avenir avec une intense sincérité. Il y a parfois des personnes très abîmées physiologiquement ou mentalement qui ont besoin d’accéder à un plus grand sens de ce qui leur arrive. De mon point de vue, chaque âme est unique et toutes ont une sensibilité à la pression actuelle de notre transition humaine et planétaire. Au fond, les âmes qui viennent à moi sont celles qui s’ouvrent à une autre manière de se positionner énergétiquement dans le champs quantique.

POURQUOI ET COMMENT ES-TU DEVENUE UNE ENTREPRENEURE ?

C’est d’abord la grande école qui m’a menée vers des projets d’entreprise. Et j’ai fait cette école car la classe prépa semblait la voie royale pour ma famille emprunte des cadres de l’Education Nationale. J’étais bien consentente car je me suis dit que si je voulais changer le monde qui me semblait, quand j’avais 18 ans, triste et injuste, il me fallait pénétrer le système en force et le changer de l’intérieur…

Mais en fait, cela n’a pas du tout été simple de le pénétrer en restant moi-même tout en réussissant à me faire comprendre ! J’avais l’impression d’être très étrange, de ne jamais être à ma place, ne pas me faire comprendre être maladroite, ne pas savoir comment valoriser mes propositions… Evidemment, je ne me voyais pas rejoindre un grand groupe et j’ai donc monté un premier projet d’enseignement du yoga en entreprise… La RSE en était encore à ses débuts et ça n’a pas vraiment décoller. A l’inverse de ce que j’avais pu imaginer dans le cadre de mon projet d’entreprise développé à l’école, j’ai surtout beaucoup appris moi-même à enseigner, à développer le cœur de mon métier, plutôt qu’à gérer une stratégie commerciale, des clients, une équipe, un business…

Après quelques années, j’ai résolu de passer en profession libérale, tout en initiant une structure de micro-entreprise. Cela m’a énormément soulagée de fermer mon EURL, d’avoir moins de pression administrative et financière et de miser sur ma vraie valeur. J’ai de plus en plus d’opportunités d’enseigner et d’accompagner les personnes en individuels, et plus d’agilité, car plus de disponibilité, de rythme et d’harmonie intérieurs, pour gérer la logistique de mes enseignements et soins (m’occuper des lieux, de la promotion, de la compta…).

QUELS SONT OU ONT ETE TES FREINS ET TES PEURS ?

Il y a eu beaucoup d’oscillations entre la passion et le découragement. A côté du projet d’enseignement de yoga, j’avais aussi celui d’accompagner les communautés natives d’Amazonie et les Peuples Racines en général à défendre leurs droits – pour faire le lien entre écologie intérieure et écologie extérieure. Je me souviens de nuits blanches passer à rédiger des projets ou bien de semaines durant où la pression d’organiser des évènements en leur faveur montait en pic. Comme une bande d’amis missionnaires (… adolescents !) nous nous donnions beaucoup et célébrions avec gratitude les petites avancées accomplies ensemble, en joignant nos visions. Mais c’était sans nous soucier beaucoup de notre équilibre personnel. Rythmés par une quête d’accomplissement extérieur, nous passions par des états d’épuisement et omettions d’honorer certains aspects de nos vies personnelles, ce qui renforçait l’idée que notre cause, et nous avec, étions désespérement menacés.

Mais il y a eu aussi des moments moteurs d’une amplitude phénoménale, qui nous ont nourris pendant des années, des actions qui ont eu des répercusions fécondes se propageant sans fin dans nos réseaux de relations, nous laissant sûrs de l’importance ou de la justesse de ce que nous cherchions à faire. Par exemple, lors d’un cours de yoga que je donnais à AlterEco, une entreprise de Commerce Equitable, nous avons eu l’idée de co-créer, avec l’équipe – dont le directeur était un ami, un événement à Sup de Co en présence de leaders autochtones. Rien que de penser à cela ensemble était une super réussite pour moi : le yoga n’était plus seulement un bien-être corporel mais une interrogation sur la mise en action de plus de conscience dans le monde… L’événement a bien eu lieu et certaines personnes dans la salle m’ont avoué, plusieurs années plus tard, en avoir été profondément impactées, au niveau émotionnel puis en repensant leurs projets de vie, pour répondre à l’appel lancé par nos amis Indiens de préserver la biodiversité. J’ai eu beaucoup de gratitude pour cette chevauchée très fraternelle autour de cet événement qui a laissé les différentes parties prenantes (mon asso, AlterEco, le public, certaines personnes de Sup de Co) dans un état d’enchantement magique, lointain, liant pour longtemps nos âmes par un rêve commun.

RESSENS-TU UNE DIFFERENCE ENTRE LES ENTREPRENEURS HOMMES ET FEMMES ? QUEL EST TON AVIS SUR L’INÉGALITÉ HOMME/FEMME EN FRANCE ?

Je ressens en général que le monde du travail est plus fondé sur un rythme de vie masculin, yang, directif, linéaire, compétitif… Soit les femmes se poussent pour y répondre (en puisant souvent démesurément dans leurs ressources), soit elles sont un peu en décalage… Par exemple, concrètement, la femme, qu’elle en soit pleinement consciente ou non, a un fonctionnement global en lien avec son cycle menstruel : chaque mois, elle passe des journées plus introspectives où son corps et ses émotions se nettoient ; c’est une fragilité qui la rend créative, compréhensive et intuitive, si elle peut être au calme, sans stress… Sinon, on dira qu’elle est lunatique, pas au meilleur de sa forme et elle se sentira submergée. Elle a d’autres journées, correspondant à la période ovulatoire ou de pleine lune, où elle est peut déployer un talent particulier pour communiquer, voire séduire et attirer à elle de bonnes opportunités…

Je crois que ce décalage de rythmes est un élément fondamental qui pèse certainement sur le confort intérieur de la femme. Comment changer cela ? En réunissant les femmes entre elles, en les invitant à voir en elle et au travers d’elles, leurs différences de fonctionnement physiologique, émotionnel, mental, psychique…, et à refonder leur propre modèle de travail à partir de cela. Etre dans la proposition naturelle, ensemble, plutôt que dans la réaction et le ressentiment…

SUJET :

Comment aborder le choc de la résilience avec paix intérieure et succès

3 CONSEILS EN METTRE EN PLACE POUR LES FEMMES ENTREPRENEURES :

  • CONSEIL 1 : Connais-toi toi-même.

Apprends à t’observer sans jugement, pour mieux connaître tes dynamiques internes et recevoir la paix libératrice de la conscience témoin.

Assis-toi en silence au moins quelques minutes, peut-être 15/20 minutes 1 fois par jour. Observe les sensations ; en observant les sensations de tension, elles se relâchent. Observe le va-et-viens du souffle naturel. Détache-toi de tes pensées en les laissant passer comme des nuages. Découvre au fil de tes pratiques la stabilité de la pure Conscience « témoin » qui t’habite.

  • CONSEIL 2 : Parle à l’univers.

Imagine ou ressens la présence réconfortante du Cosmos… et invoque son soutien.

Chaque jour, cherche à te tourner vers une force surplombante, primordiale, créatrice qui peut te soutenir. Peu importe comment tu l’appelles, le Mystère, l’Inconnu, le Grand Esprit, la force de la Vie, ton Unité intérieure, ton Essence, ton Etincelle, la force du champ quantique… Devant cette dimension sacrée trouvée en ton for intérieur, qu’as-tu à dire ? C’est un peu l’inverse de la méditation précédente, passive : ici tu es active, tu lances un appel.

  • CONSEIL 3 : Maîtrise tes pensées.

Prends consciencede la puissance créatrice de ton esprit, de tes pensées. Si nous maintenons un état mental, que le mental est cohérent, y compris cohérent et harmonieux pour tout ce qui l’entoure, le mental porte une fréquence dominante et cela donne forme à notre réalité. C’est lorsque nous sommes habités de désirs divergents (plus ou moins consciemment), que nous avons le sentiment de luter et d’être face à plein de résistances…

Prends note de la qualité de tes pensées pendant la journée et l’impact qu’elles ont sur ton énergie. Observe particulièrement le schéma de victime qui peut t’habiter (« les autres ont tort, les autres sont responsables, les autres font du mal… »). Observe particulièrement l’impact de ce schéma sur ta qualité d’énergie. Change cela en te rappelant que tu souhaites vivre uniquement dans des relations mutuellement bénéfiques et que ce qui ne correspond pas à ce rêve s’éloigne simplement de toi : si tu ne nourris pas un modèle de réalité victime/bourreau, ce modèle ne trouvera plus d’accroche en toi. Expérimente cela pour tes relations personnelles et professionnelles. Les personnes peuvent ne pas s’éloigner concrètement de toi mais leur comportement devra, dans ce cas, changer.

CONCLUSION :

Etat Avant/Après et bénéfices

  • AVANT : Ces conseils prennent tout son sens lorsqu’on a l’impression de manquer d’attention, de clarté, de chance, d’opportunité, de bloquer sur des choses de manière récurrente
  • APRES : Avec ces conseils, on peut se sentir plus stables, reliées à nous-mêmes, synchronisées, sereines, en progression.
  • BENEFICES DE SUIVRE LES CONSEILS : Les bénéfices sont évidents sur les émotions (plus fluides, plus légères), les pensées (plus d’acuité et de concentration), mais aussi sur le corps (plus de vitalité et de santé) et sur le potentiel général de l’être, son pouvoir de manifestation, ainsi que sur sa valeur ajoutée au sein d’un groupe de travail.

QUE DIRAIS-TU A UNE FEMME QUI VEUT SE LANCER DANS L ENTREPRENEURIAT EN 2020 ?

Quand tu es bloquée dans ton avancée, prends-le comme un tremplin auspicieux pour dévérouiller un accès intérieur à plus de magie, de cohérence et de vérité. Le monde extérieur est un reflet du monde intérieur. Cela semble parfois incompréhensible ou injuste de dire cela mais il y a en effet une grande complexité dans l’univers et dans notre identité humaine, pleine de dimensions et de cachettes intérieures… Beaucoup de traditions envisagent la transmigration de l’âme dans différents univers, lui forgeant un bagage fort pour expliquer ce qu’elle expérimente dans l’incarnation ; la physique explique aussi que rien ne meurt, tout se transforme… : les causes de ce que nous vivons peuvent donc être lointaines, transpersonnelles, difficiles à saisir. Donc ne mets jamais de côté ta responsabilité (celle de ton âme et de son libre arbitre) à ce dont tu fais l’expérience, mais continues toujours de mettre de bonnes intentions, de l’étude et de l’énergie positive dans ce que tu construis, car cela aura toujours un echo à terme.

UN DERNIER CONSEIL

Pour peser nos actions et avoir du souffle en chemin, il peut être bon de considérer que nous sommes dans une phase de transition planétaire, une transition vers de nouveaux paradigmes vraiment durables et harmonieux pour toute forme de vie. Beaucoup d’êtres et d’héritages spirituels parlent de cela. Il y a un temps normal d’effondrement de ce qui ne fait plus sens, c’est une perte de repère inconfortable surtout lorsqu’on n’en a pas conscience ; mais c’est pour une reconstruction, une renaissance dans beaucoup plus de beauté, de flow, de joie et de grâce. Ose t’avancer  vers l’horizon nouveau et lumineux, à l’aide de ta boussole intérieure de femme intuitive, généreuse et féconde.

 

Froid & Kundalini Yoga

Interview de Mukhande réalisée par le magazine Esprit Yoga en novembre 2019

La saison froide a-t-elle une symbolique dans le kundalini yoga ? Porte-t-elle un potentiel pour le corps et l’esprit ?

Les êtres qui ont généré ce qu’on appelle le Yoga aujourd’hui se sont concentrés longuement dans des espaces isolés, notamment les hautes montagnes himalayennes. La vie simple en montagne leur offre le silence. Elle invite au détachement et aux pratiques ascétiques (« tapas ») qui transforment leurs habitudes humaines non conscientes. Le froid est symbolique de leur introspection, de leur retour à eux-mêmes pour y trouver, par force d’engagement et d’aspiration le long d’une ascension ardue, le foyer éternel de leur identité véritable.

Yogi Bhajan, fondateur du Kundalini Research institute, a raconté que lorsqu’on meurt, on présente à l’âme deux choix de destination. Le premier univers est représenté par un pub-restaurant certes d’apparence chaleureuse et lumineuse d’extérieure, mais rempli d’aliments éloignant l’âme de sa pureté originelle. Il est le lieu des sens tournés vers l’extérieur, nourris par des objets éphémères, où l’être se perd dans l’identification et la loi de cause à effet (« karma »). Le second univers est représenté par un paysage tout blanc, enneigé, glacé : le froid est associé à la pureté de l’impulse de l’âme : si l’âme est prête pour se tourner spontanément vers cette destination à la mort, elle est libérée de ses retours incessants à la naissance, à l’impermanent et aux chaînes de la souffrance…

D’un point de vue physiologique, le fameux Iceman (« Homme de glace »), Wim Hof, participe, avec ses étudiants, à de nombreuses études démontrant comme l’exposition graduelle au froid (accompagnée d’une préparation mentale et respiratoire de type yoguique) permet d’impacter extraordinairement et positivement les systèmes nerveux autonome, immunitaire et cardiaque et la sensation générale de bien-être.

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  1. Au niveau du corps physique, y a-t-il des pratiques de posture ou de pranayama recommandées pour cette saison ?

Yogi Bhajan a enseigné un séquencement d’exercices yoguiques (« kriya »)appelé Surya Kriya, du nom du Soleil, « Surya ». Ce kriya a pour objet d’activer l’énergie solaire. Les résultats attendus sont une stimulation générale de l’énergie positive ; un état plus expressif, extraverti, enthousiaste ; un esprit clair, analytique, orienté sur l’action et focalisé sur plusieurs tâches ; une meilleure digestion.

Le kriya commence par 5 minutes de respiration lente et profonde par la narine droite. Cette respiration peut d’ailleurs être pratiquée de manière isolée, quelques minutes par jour, pour stimuler l’énergie solaire dans le corps subtil et ses méridiens, ainsi que l’acuité mentale – elle est transversale au Hatha Yoga (yoga plus classique) et au Kundalini Yoga.

Le kriya continue par deux fois 5 minutes de Sat Kriya, un exercice ouvrant la vanne du troisième chakra, lié à l’élément Feu. On est agenouillé, assis sur les talons, mains jointes au-dessus de la tête, on répète Sat (Vérité) en tirant le nombril vers la colonne et vers le haut, puis Nam (Identité) en relâchant le ventre. Retrouvez cet exercice, pouvant également être pratiqué de manière isolée, sur mon blog ici.

Puis nous stimulons bien toute la colonne pour y faire circuler l’énergie précédemment éveillée. Nous pratiquons 108 flexions de la colonneen assise jambes croisées : on agrippe la cheville avant, on cambre en inspirant, on arrondit en expirant, la tête restant face, comme fixant l’horizon. Nous continuons à sublimer l’énergie sexuelle avec la pratique de 26 postures de la Grenouille : accroupi, talons joints au-dessus du sol, doigts des mains à terre entre les jambes, on inspire en montant les fessiers, tête relâchée, on expire en revenant accroupi, regard face. Nous stimulons encore d’avantage la circulation de l’énergie dans la tête avec les mouvements de la nuque pendant 3 minutes : inspire la tête à gauche, expire la tête à droite. Nous distribuons bien l’énergie dans tout le corps et équilibrons le champ magnétique avec les pliures latérales de la colonne pendant 3 minutes : mains sur les épaules, coudes à hauteur des épaules, inspire en te penchant vers la gauche, expire en te penchant vers la droite, le buste se ployant dans un plan perpendiculaire à la terre.

Nous terminons en nous stabilisant par une méditation de 6 minutes, nombril rentré vers la colonne, périnée engagé, toute l’attention porté au point entre les sourcils. On inspire en répétant intérieurement Sat(Vérité), on expire en répétant intérieurement Nam(Identité).

Attention : les pratiques de Kundalini Yoga telles qu’enseignées par Yogi Bhajan doivent être réalisées dans un espace dédié, ouvert et fermé par le chant de mantras nous reliant à un certain état de conscience, une intention claire et un héritage vibratoire intergénérationnel. Voir comment chanter l’Adi Mantra ici.

 

  1. L’automne et l’hiver sont connus pour être des saisons qui peuvent conduire à une agitation mentale, de la mélancolie, de la déprime… Y a-t-il des pratiques de mantras, de mudras ou autre, qui sont bénéfique pour stabiliser le mental, amener de la joie et du contentement ?

Je vais répondre en revenant aux enseignements du Kriya Yoga de Babaji qui est une synthèse du Yoga classique et du Yoga tantrique, basé sur les enseignements des Siddhas, maîtres de la voie ésotérique et alchimique Yoga Kundalini.

Dans ce corpus d’enseignements, nous apprenons que d’une manière générale, la stabilité mentale s’acquiert par la pratique d’exercices respiratoires faisant circuler l’énergie pranique (i.e. énergie vitale). Dans le Kriya Yoga, nous appelons ces exercices « Kundalini Pranayama ». Yogi Bhajan a transmis un exercice respiratoire proche des enseignements du Kriya Yoga, nommé Sahej Kriya : nous inspirons lentement et profondément en imaginant l’énergie vitale remonter la colonne vertébrale, passer dans la tête et ressortir par le nez, puis nous expirons lentement et profondément en imaginant l’énergie vitale passer par le nez, dans la tête puis redescendre par la colonne ; en même temps, on inspire en répétant intérieurement Maha Kaal(« le grand Flux »), on expire en répétant intérieurement Kaal Ka(« le Flux de la Kundalini »).

Pour le contentement, le Yoga recommande clairement la pratique continue du détachement. L’assouvissement des désirs mondains et sensoriels ne peut apporter qu’une satisfaction éphémère, car cet assouvissement est rapidement fini et fait place à un nouveau désir, ou bien est accompagné de la préoccupation qu’il (l’assouvissement) ne dure pas. Le détachement se pratique en s’asseyant intérieurement dans une conscience de « témoin » : on observe les choses telles qu’elles sont, sans réagir, sans discuter. Il y a dans cette conscience témoin la voie de la paix, de la sérénité et de la joie spirituelle « Ananda ». Pratiquer le Kundalini Yoga de Yogi Bhajan sans ce détachement intérieur peut se révéler dangereux, car cela éveille un pouvoir sans sagesse. Gurudev Singh insiste beaucoup sur cet aspect au travers de son enseignement du « SatNam Rasayan », où les kriyas de Yogi Bhajan sont pratiqués avec la précaution d’une grande écoute, un silence intérieur consistant.

 

  1. Que faut-il absolument éviter pendant cette période de l’année selon le kundalini yoga ?

Il faut éviter de ne pas pratiquer ! Si vous êtes empreints d’inertie, nourrissez votre âme motrice de votre volonté profonde en étudiant des textes spirituels inspirants ou en chantant de manière dévotionnelle à Shiva, Guru Ram Das ou la Nature de Terre Mère…

Il faut éviter également de prendre de longues douches chaudes ! La douche froide était reconnue en Grèce ancienne pour ses bienfaits sur la santé jusqu’à ce que l’eau chaude devienne un confort indiscutable. La douche froide n’est pas recommandée aux femmes qui ont leur cycle, ni aux personnes malades. Pourtant en dehors de ces cas, on devrait, pour notre santé publique et l’écologie de la planète !, s’habituer nouvellement à se laver à l’eau froide. On pourra commencer par se laver simplement les pieds à l’eau froide le soir avant de se coucher.

 

  1. Y a-t-il des préconisations particulières pour le système immunitaire ? Qu’est-il possible de faire pour le maintenir au meilleur de sa forme ?

Le système immunitaire peut être stimulé, d’après l’Ayurveda (repris dans l’Humanologie de Yogi Bhajan), par la combinaison des trois racines, « Trinity Roots » : gingembre, curcuma et ail. Quand nous sommes malades ou affaiblis, nous pouvons faire une monodiète du plat traditionnel Kitchari : riz, haricots mungo et légumes prédigérés par une longue cuisson, avec ces trois racines.

Ma vision du système biologique humain est qu’il contient une dimension de perfection latente pouvant répondre à tous ses besoins de manière autonome. C’est la vision cible du Yoga qui signifie Union, comme réunion des opposés, union du Ciel et de la Terre, de la Conscience et de la Matière, du divin et du profane. Donc pour être au meilleur de notre forme, nous pouvons nous tourner vers cette dimension de perfection en nous et lui demander, ô Divine Unité Intérieure, de nous habiter pleinement, de prendre une place dominante en nous, de nous nourrir, de nous guérir, de nous maintenir stable et fort pour traverser les passages sombres et froids de l’épopée humaine.

 

 

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Les Sutras du Kriya Yoga de Patanjali et les Siddhas, Govindan Marshall

Extrait offert par l’auteur pour compléter la réflexion sur le détachement

abhyàsa-vairàgyàbhyàm tan-nirodhah

Grâce à la pratique constante et au détachement, [émerge] la cessation [de l’identification avec les fluctuations de la conscience].

Patanjali décrit ici la méthode la plus importante du Kriya Yoga (voir les versets I.2 et II.2) pour nettoyer l’égoïsme qui provient de l’identification avec les fluctuations émergeant dans la conscience.

«Grâce à la pratique constante» (abhyàsa) fait référence à la concentration sur ce que l’on est, le Soi, ou dans le cas des exercices préparatoires, à la concentration sur des objets (parce qu’il est plus facile de se concentrer sur un objet que sur l’Absolu sans forme).

Le détachement (vairàgya) fait référence à la cessation de s’identifier avec ce que l’on n’est pas – les pensées qui passent, les émotions venant des sens ou des souvenirs. Au fur et à mesure que le pratiquant abandonne ces mouvements refoulés dans le subconscient qui sont supprimés par la pratique des techniques comme suddhi dhyàna kriyà ou par la répétition des syllabes racines sacrées (bãja mantras), il ne reste que la conscience pure, c’est à dire que le Soi devient manifeste. La pratique constante peut être comparée à une personne écopant l’eau dans une barque qui coule.

Si on arrête de porter son attention sur ce Soi pur et conscient, on est submergé irrésistiblement par la force et l’habitude de son égoïsme, tout comme on est submergé par l’eau qui s’engouffre dans la barque si on arrête d’écoper. La pratique constante signifie que l’on se souvient de l’Absolu suprême en plein milieu du spectacle et des changements en cours.

La pratique: (1) Gardez la perspective du Soi intérieur qui observe tout ce qui se passe. Cultivez le Soi, la conscience et la sensation de la Divinité intérieure. Installez-vous en Lui. Appréciez sa beauté qui pénètre toute expérience. (2) Laissez les pensées et les émotions, aller et venir sans changer cette perspective. Lâchez prise quand vous vous y attachez. (3) Apprenez et pratiquez suddhi dhyàna kriyà et les autres dhyàna kriyas pour ouvrir ou fermer les Neuf Ouvertures du corps humain, enseignés au troisième niveau du Kriya Yoga de Babaji.