Archives de catégorie : Interview

Les Yawanawa face au Covid, août 2020

S’immerger d’avantage dans l’univers des Peuples d’Amazonie et découvrir l’appel de moines bouddhistes à les soutenir: https://www.youtube.com/watch?v=zSSCOPAATu0

Les Yawanawa face au Covid… Echanges inspirants avec le chef Yawanawa, 28 aout 2020

« Bonjour Solen. Bonsoir. Je sais qu’il est déjà tard en France.

Nous, comme tu le sais, sommes dans un moment très délicat au Brésil. On a un gouvernement anti-indigène, qui a inspiré la violence envers les peuples indigènes, de nombreux assassinats au Brésil de leaders indigènes, pour prendre les territoires, de nombreuses invasions de garimpeiros (chercheurs clandestins d’or), de bûcherons dans les aires indigènes… des fazendeiros envahissant les terres et tuant les personnes pour donner continuité à leurs fermes. On a un gouvernement complètement anti-indigène au Brésil. J’ai 56 ans, je n’ai jamais vu un gouvernement autant contre les peuples indigènes. Le gouvernement de la dictature n’avait pas massacré autant d’indiens que ce gouvernement. Cela ne suffit pas qu’il y ait ce moment de problèmes politiques, il y a aussi cette pandémie du Coronavirus. On a perdu et on continue de perdre, par cette pandémie, de nombreux leaders qui ont formé le mouvement indigène.

Nous, les Yawanawa, avons mis une grande attention pour ne pas être contaminés. Mais ce virus est entré sur notre terre indigène et a contaminé de nombreuses personnes. On a perdu une personne importante, mon oncle, le fils du grand-père Antonio Luiz qui avait réalisé le « contact », mon oncle Xico, mais cela a été dû à un manque d’attention de notre part. Nous sommes aujourd’hui huit villages sur la terre indigène. La famille a eu très peur, n’a pas eu le courage d’assumer et de prendre soin. Nous nous sommes reconnectés à notre énergie avec nos médecines. Nous, sans informatique, sans avoir lu sur les périodes d’incubation, sans aucun remède, avons soigné tout notre peuple avec notre médecine. Je crois que 60 à 80% des Yawanawa ont été contaminés. J’ai été contaminé. J’ai été infecté par ce virus. Mais notre spiritualité et notre médecine ont tenu la barre fermement, sortant notre peuple d’un possible effondrement qui aurait pu signifier l’extermination tel que cela est arrivé par le passé. On a repris nos médecines. On a eu très peur. Mais maintenant on a beaucoup de courage.

Mais on ne reçoit plus de personnes de l’extérieur. Les personnes nous aidaient à acheter de l’essence, du matériel pour travailler, des munitions, tout ce que nous utilisons du monde occidental, au travers des retraites et des festivals qui touchaient leurs vies. C’était notre rémunération et cela s’est arrêté. Aujourd’hui nous n’avons plus de rémunération et jusqu’à la fin de cette année nous n’allons plus recevoir personne. Nous ne sortons pas non plus pour travailler. Nous avons donc une certaine difficulté. Nous avons de la nourriture. Nous avons beaucoup de bananes, de manioc, de maïs. Mais il nous manque certaines choses. Nous maintenons l’isolement car de nombreuses personnes n’ont pas été contaminées. On passe cette période comme nous le pouvons. Je suis content que tu fasses ce contact avec moi et que tu me rapportes que certaines personnes souhaitent aider. J’espère que réellement elles peuvent nous aider et que nous puissions leur rendre un jour avec respect et tendresse dans notre forêt.

(…)

Au début quand notre peuple a fait le contact avec l’homme blanc, nous ne connaissions pas cette maladie de la grippe, de la toux et les autres. Ensuite est venue la tuberculose puis l’hépatite. Le cancer plus récemment. La grippe a tué de nombreux peuples amérindiens. Notre peuple a développé de nombreuses études pour traiter notre famille. Les gens connaissent déjà cette maladie, ses esprits.

Par exemple, quand la pandémie est arrivée, j’ai fait une pratique de prière pour plus de 140 enfants. Nos enfants se lèvent et se couchent ensemble, côte à côte. Aucun de nos enfants n’a été malade. Les vieux, anciens, qui sont considérés comme personnes à risque, on leur a aussi soufflé nos prières. Le seul ancien que nous avons perdu est celui de ce premier village où la prière n’avait été faite, car le village était éloigné du nôtre.

Aujourd’hui, c’est moi et Matsini qui travaillons à la prière de guérison pour le peuple Yawanawa, personne d’autre… Cela a véritablement permis de sauver notre peuple, avec nos médecines ancestrales. Nous avons des inhalations pour le nez bouché, pour le mal de tête, la fièvre, l’épilepsie… cette maladie est spirituelle, pour la plus grande partie. Mais les médecins ont dû lui donner un nom, la science a dû lui donner un nom…

(…)

En vérité, Solen, à ceux qui pensent nous aider : nous aimerions faire des plantations médicinales de notre connaissance, de plantes qui se perdent et qui nous ont sauvé de cette pandémie. Si nous avions dépendu des remèdes industriels, notre peuple se serait éteint. Mais grâce à Dieu, nous avons nos connaissances. Je voudrais faire un jardin médicinal, une agro-forêt et des plantations, pour prévenir d’autres pandémies et d’autres moments de difficultés à venir. Je veux une donation pour acheter des équipements et faire de grands espaces dédiés à nos médecines. »

S’immerger d’avantage dans l’univers des Peuples d’Amazonie et découvrir l’appel de moines bouddhistes à les soutenir: https://www.youtube.com/watch?v=zSSCOPAATu0

Le livre Entreprendre au Féminin

Livre à paraître sous la tutelle de Morgane Février

Interview Solen Penchèvre, novembre 2019 – extraits

QUI EST TA CIBLE CLIENT :

J’accompagne des personnes aux profils très variés, dans des contextes également diverses, allant des séances individuelles de soin holistique dans un cabinet parisien, à des immersions de plusieurs jours en nature, en passant par des conférences/ateliers/évènements grand public sur des festivals dédiés à la résilience planétaire… Les personnes qui me suivent dans la durée sont engagées dans une refonte de leurs perspectives et chemins de vie… Il y a beaucoup de femmes actives qui cherchent à résoudre les paradoxes d’une vie professionnelle créative battant son plein et d’un appel aspirant à une transformation plus complète de style et de système de vie, de rythme, d’intériorité et de conscience. Il y a des jeunes personnes qui s’interrogent sur notre avenir avec une intense sincérité. Il y a parfois des personnes très abîmées physiologiquement ou mentalement qui ont besoin d’accéder à un plus grand sens de ce qui leur arrive. De mon point de vue, chaque âme est unique et toutes ont une sensibilité à la pression actuelle de notre transition humaine et planétaire. Au fond, les âmes qui viennent à moi sont celles qui s’ouvrent à une autre manière de se positionner énergétiquement dans le champs quantique.

POURQUOI ET COMMENT ES-TU DEVENUE UNE ENTREPRENEURE ?

C’est d’abord la grande école qui m’a menée vers des projets d’entreprise. Et j’ai fait cette école car la classe prépa semblait la voie royale pour ma famille emprunte des cadres de l’Education Nationale. J’étais bien consentente car je me suis dit que si je voulais changer le monde qui me semblait, quand j’avais 18 ans, triste et injuste, il me fallait pénétrer le système en force et le changer de l’intérieur…

Mais en fait, cela n’a pas du tout été simple de le pénétrer en restant moi-même tout en réussissant à me faire comprendre ! J’avais l’impression d’être très étrange, de ne jamais être à ma place, ne pas me faire comprendre être maladroite, ne pas savoir comment valoriser mes propositions… Evidemment, je ne me voyais pas rejoindre un grand groupe et j’ai donc monté un premier projet d’enseignement du yoga en entreprise… La RSE en était encore à ses débuts et ça n’a pas vraiment décoller. A l’inverse de ce que j’avais pu imaginer dans le cadre de mon projet d’entreprise développé à l’école, j’ai surtout beaucoup appris moi-même à enseigner, à développer le cœur de mon métier, plutôt qu’à gérer une stratégie commerciale, des clients, une équipe, un business…

Après quelques années, j’ai résolu de passer en profession libérale, tout en initiant une structure de micro-entreprise. Cela m’a énormément soulagée de fermer mon EURL, d’avoir moins de pression administrative et financière et de miser sur ma vraie valeur. J’ai de plus en plus d’opportunités d’enseigner et d’accompagner les personnes en individuels, et plus d’agilité, car plus de disponibilité, de rythme et d’harmonie intérieurs, pour gérer la logistique de mes enseignements et soins (m’occuper des lieux, de la promotion, de la compta…).

QUELS SONT OU ONT ETE TES FREINS ET TES PEURS ?

Il y a eu beaucoup d’oscillations entre la passion et le découragement. A côté du projet d’enseignement de yoga, j’avais aussi celui d’accompagner les communautés natives d’Amazonie et les Peuples Racines en général à défendre leurs droits – pour faire le lien entre écologie intérieure et écologie extérieure. Je me souviens de nuits blanches passer à rédiger des projets ou bien de semaines durant où la pression d’organiser des évènements en leur faveur montait en pic. Comme une bande d’amis missionnaires (… adolescents !) nous nous donnions beaucoup et célébrions avec gratitude les petites avancées accomplies ensemble, en joignant nos visions. Mais c’était sans nous soucier beaucoup de notre équilibre personnel. Rythmés par une quête d’accomplissement extérieur, nous passions par des états d’épuisement et omettions d’honorer certains aspects de nos vies personnelles, ce qui renforçait l’idée que notre cause, et nous avec, étions désespérement menacés.

Mais il y a eu aussi des moments moteurs d’une amplitude phénoménale, qui nous ont nourris pendant des années, des actions qui ont eu des répercusions fécondes se propageant sans fin dans nos réseaux de relations, nous laissant sûrs de l’importance ou de la justesse de ce que nous cherchions à faire. Par exemple, lors d’un cours de yoga que je donnais à AlterEco, une entreprise de Commerce Equitable, nous avons eu l’idée de co-créer, avec l’équipe – dont le directeur était un ami, un événement à Sup de Co en présence de leaders autochtones. Rien que de penser à cela ensemble était une super réussite pour moi : le yoga n’était plus seulement un bien-être corporel mais une interrogation sur la mise en action de plus de conscience dans le monde… L’événement a bien eu lieu et certaines personnes dans la salle m’ont avoué, plusieurs années plus tard, en avoir été profondément impactées, au niveau émotionnel puis en repensant leurs projets de vie, pour répondre à l’appel lancé par nos amis Indiens de préserver la biodiversité. J’ai eu beaucoup de gratitude pour cette chevauchée très fraternelle autour de cet événement qui a laissé les différentes parties prenantes (mon asso, AlterEco, le public, certaines personnes de Sup de Co) dans un état d’enchantement magique, lointain, liant pour longtemps nos âmes par un rêve commun.

RESSENS-TU UNE DIFFERENCE ENTRE LES ENTREPRENEURS HOMMES ET FEMMES ? QUEL EST TON AVIS SUR L’INÉGALITÉ HOMME/FEMME EN FRANCE ?

Je ressens en général que le monde du travail est plus fondé sur un rythme de vie masculin, yang, directif, linéaire, compétitif… Soit les femmes se poussent pour y répondre (en puisant souvent démesurément dans leurs ressources), soit elles sont un peu en décalage… Par exemple, concrètement, la femme, qu’elle en soit pleinement consciente ou non, a un fonctionnement global en lien avec son cycle menstruel : chaque mois, elle passe des journées plus introspectives où son corps et ses émotions se nettoient ; c’est une fragilité qui la rend créative, compréhensive et intuitive, si elle peut être au calme, sans stress… Sinon, on dira qu’elle est lunatique, pas au meilleur de sa forme et elle se sentira submergée. Elle a d’autres journées, correspondant à la période ovulatoire ou de pleine lune, où elle est peut déployer un talent particulier pour communiquer, voire séduire et attirer à elle de bonnes opportunités…

Je crois que ce décalage de rythmes est un élément fondamental qui pèse certainement sur le confort intérieur de la femme. Comment changer cela ? En réunissant les femmes entre elles, en les invitant à voir en elle et au travers d’elles, leurs différences de fonctionnement physiologique, émotionnel, mental, psychique…, et à refonder leur propre modèle de travail à partir de cela. Etre dans la proposition naturelle, ensemble, plutôt que dans la réaction et le ressentiment…

SUJET :

Comment aborder le choc de la résilience avec paix intérieure et succès

3 CONSEILS EN METTRE EN PLACE POUR LES FEMMES ENTREPRENEURES :

  • CONSEIL 1 : Connais-toi toi-même.

Apprends à t’observer sans jugement, pour mieux connaître tes dynamiques internes et recevoir la paix libératrice de la conscience témoin.

Assis-toi en silence au moins quelques minutes, peut-être 15/20 minutes 1 fois par jour. Observe les sensations ; en observant les sensations de tension, elles se relâchent. Observe le va-et-viens du souffle naturel. Détache-toi de tes pensées en les laissant passer comme des nuages. Découvre au fil de tes pratiques la stabilité de la pure Conscience « témoin » qui t’habite.

  • CONSEIL 2 : Parle à l’univers.

Imagine ou ressens la présence réconfortante du Cosmos… et invoque son soutien.

Chaque jour, cherche à te tourner vers une force surplombante, primordiale, créatrice qui peut te soutenir. Peu importe comment tu l’appelles, le Mystère, l’Inconnu, le Grand Esprit, la force de la Vie, ton Unité intérieure, ton Essence, ton Etincelle, la force du champ quantique… Devant cette dimension sacrée trouvée en ton for intérieur, qu’as-tu à dire ? C’est un peu l’inverse de la méditation précédente, passive : ici tu es active, tu lances un appel.

  • CONSEIL 3 : Maîtrise tes pensées.

Prends consciencede la puissance créatrice de ton esprit, de tes pensées. Si nous maintenons un état mental, que le mental est cohérent, y compris cohérent et harmonieux pour tout ce qui l’entoure, le mental porte une fréquence dominante et cela donne forme à notre réalité. C’est lorsque nous sommes habités de désirs divergents (plus ou moins consciemment), que nous avons le sentiment de luter et d’être face à plein de résistances…

Prends note de la qualité de tes pensées pendant la journée et l’impact qu’elles ont sur ton énergie. Observe particulièrement le schéma de victime qui peut t’habiter (« les autres ont tort, les autres sont responsables, les autres font du mal… »). Observe particulièrement l’impact de ce schéma sur ta qualité d’énergie. Change cela en te rappelant que tu souhaites vivre uniquement dans des relations mutuellement bénéfiques et que ce qui ne correspond pas à ce rêve s’éloigne simplement de toi : si tu ne nourris pas un modèle de réalité victime/bourreau, ce modèle ne trouvera plus d’accroche en toi. Expérimente cela pour tes relations personnelles et professionnelles. Les personnes peuvent ne pas s’éloigner concrètement de toi mais leur comportement devra, dans ce cas, changer.

CONCLUSION :

Etat Avant/Après et bénéfices

  • AVANT : Ces conseils prennent tout son sens lorsqu’on a l’impression de manquer d’attention, de clarté, de chance, d’opportunité, de bloquer sur des choses de manière récurrente
  • APRES : Avec ces conseils, on peut se sentir plus stables, reliées à nous-mêmes, synchronisées, sereines, en progression.
  • BENEFICES DE SUIVRE LES CONSEILS : Les bénéfices sont évidents sur les émotions (plus fluides, plus légères), les pensées (plus d’acuité et de concentration), mais aussi sur le corps (plus de vitalité et de santé) et sur le potentiel général de l’être, son pouvoir de manifestation, ainsi que sur sa valeur ajoutée au sein d’un groupe de travail.

QUE DIRAIS-TU A UNE FEMME QUI VEUT SE LANCER DANS L ENTREPRENEURIAT EN 2020 ?

Quand tu es bloquée dans ton avancée, prends-le comme un tremplin auspicieux pour dévérouiller un accès intérieur à plus de magie, de cohérence et de vérité. Le monde extérieur est un reflet du monde intérieur. Cela semble parfois incompréhensible ou injuste de dire cela mais il y a en effet une grande complexité dans l’univers et dans notre identité humaine, pleine de dimensions et de cachettes intérieures… Beaucoup de traditions envisagent la transmigration de l’âme dans différents univers, lui forgeant un bagage fort pour expliquer ce qu’elle expérimente dans l’incarnation ; la physique explique aussi que rien ne meurt, tout se transforme… : les causes de ce que nous vivons peuvent donc être lointaines, transpersonnelles, difficiles à saisir. Donc ne mets jamais de côté ta responsabilité (celle de ton âme et de son libre arbitre) à ce dont tu fais l’expérience, mais continues toujours de mettre de bonnes intentions, de l’étude et de l’énergie positive dans ce que tu construis, car cela aura toujours un echo à terme.

UN DERNIER CONSEIL

Pour peser nos actions et avoir du souffle en chemin, il peut être bon de considérer que nous sommes dans une phase de transition planétaire, une transition vers de nouveaux paradigmes vraiment durables et harmonieux pour toute forme de vie. Beaucoup d’êtres et d’héritages spirituels parlent de cela. Il y a un temps normal d’effondrement de ce qui ne fait plus sens, c’est une perte de repère inconfortable surtout lorsqu’on n’en a pas conscience ; mais c’est pour une reconstruction, une renaissance dans beaucoup plus de beauté, de flow, de joie et de grâce. Ose t’avancer  vers l’horizon nouveau et lumineux, à l’aide de ta boussole intérieure de femme intuitive, généreuse et féconde.

 

Froid & Kundalini Yoga

Interview de Mukhande réalisée par le magazine Esprit Yoga en novembre 2019

La saison froide a-t-elle une symbolique dans le kundalini yoga ? Porte-t-elle un potentiel pour le corps et l’esprit ?

Les êtres qui ont généré ce qu’on appelle le Yoga aujourd’hui se sont concentrés longuement dans des espaces isolés, notamment les hautes montagnes himalayennes. La vie simple en montagne leur offre le silence. Elle invite au détachement et aux pratiques ascétiques (« tapas ») qui transforment leurs habitudes humaines non conscientes. Le froid est symbolique de leur introspection, de leur retour à eux-mêmes pour y trouver, par force d’engagement et d’aspiration le long d’une ascension ardue, le foyer éternel de leur identité véritable.

Yogi Bhajan, fondateur du Kundalini Research institute, a raconté que lorsqu’on meurt, on présente à l’âme deux choix de destination. Le premier univers est représenté par un pub-restaurant certes d’apparence chaleureuse et lumineuse d’extérieure, mais rempli d’aliments éloignant l’âme de sa pureté originelle. Il est le lieu des sens tournés vers l’extérieur, nourris par des objets éphémères, où l’être se perd dans l’identification et la loi de cause à effet (« karma »). Le second univers est représenté par un paysage tout blanc, enneigé, glacé : le froid est associé à la pureté de l’impulse de l’âme : si l’âme est prête pour se tourner spontanément vers cette destination à la mort, elle est libérée de ses retours incessants à la naissance, à l’impermanent et aux chaînes de la souffrance…

D’un point de vue physiologique, le fameux Iceman (« Homme de glace »), Wim Hof, participe, avec ses étudiants, à de nombreuses études démontrant comme l’exposition graduelle au froid (accompagnée d’une préparation mentale et respiratoire de type yoguique) permet d’impacter extraordinairement et positivement les systèmes nerveux autonome, immunitaire et cardiaque et la sensation générale de bien-être.

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  1. Au niveau du corps physique, y a-t-il des pratiques de posture ou de pranayama recommandées pour cette saison ?

Yogi Bhajan a enseigné un séquencement d’exercices yoguiques (« kriya »)appelé Surya Kriya, du nom du Soleil, « Surya ». Ce kriya a pour objet d’activer l’énergie solaire. Les résultats attendus sont une stimulation générale de l’énergie positive ; un état plus expressif, extraverti, enthousiaste ; un esprit clair, analytique, orienté sur l’action et focalisé sur plusieurs tâches ; une meilleure digestion.

Le kriya commence par 5 minutes de respiration lente et profonde par la narine droite. Cette respiration peut d’ailleurs être pratiquée de manière isolée, quelques minutes par jour, pour stimuler l’énergie solaire dans le corps subtil et ses méridiens, ainsi que l’acuité mentale – elle est transversale au Hatha Yoga (yoga plus classique) et au Kundalini Yoga.

Le kriya continue par deux fois 5 minutes de Sat Kriya, un exercice ouvrant la vanne du troisième chakra, lié à l’élément Feu. On est agenouillé, assis sur les talons, mains jointes au-dessus de la tête, on répète Sat (Vérité) en tirant le nombril vers la colonne et vers le haut, puis Nam (Identité) en relâchant le ventre. Retrouvez cet exercice, pouvant également être pratiqué de manière isolée, sur mon blog ici.

Puis nous stimulons bien toute la colonne pour y faire circuler l’énergie précédemment éveillée. Nous pratiquons 108 flexions de la colonneen assise jambes croisées : on agrippe la cheville avant, on cambre en inspirant, on arrondit en expirant, la tête restant face, comme fixant l’horizon. Nous continuons à sublimer l’énergie sexuelle avec la pratique de 26 postures de la Grenouille : accroupi, talons joints au-dessus du sol, doigts des mains à terre entre les jambes, on inspire en montant les fessiers, tête relâchée, on expire en revenant accroupi, regard face. Nous stimulons encore d’avantage la circulation de l’énergie dans la tête avec les mouvements de la nuque pendant 3 minutes : inspire la tête à gauche, expire la tête à droite. Nous distribuons bien l’énergie dans tout le corps et équilibrons le champ magnétique avec les pliures latérales de la colonne pendant 3 minutes : mains sur les épaules, coudes à hauteur des épaules, inspire en te penchant vers la gauche, expire en te penchant vers la droite, le buste se ployant dans un plan perpendiculaire à la terre.

Nous terminons en nous stabilisant par une méditation de 6 minutes, nombril rentré vers la colonne, périnée engagé, toute l’attention porté au point entre les sourcils. On inspire en répétant intérieurement Sat(Vérité), on expire en répétant intérieurement Nam(Identité).

Attention : les pratiques de Kundalini Yoga telles qu’enseignées par Yogi Bhajan doivent être réalisées dans un espace dédié, ouvert et fermé par le chant de mantras nous reliant à un certain état de conscience, une intention claire et un héritage vibratoire intergénérationnel. Voir comment chanter l’Adi Mantra ici.

 

  1. L’automne et l’hiver sont connus pour être des saisons qui peuvent conduire à une agitation mentale, de la mélancolie, de la déprime… Y a-t-il des pratiques de mantras, de mudras ou autre, qui sont bénéfique pour stabiliser le mental, amener de la joie et du contentement ?

Je vais répondre en revenant aux enseignements du Kriya Yoga de Babaji qui est une synthèse du Yoga classique et du Yoga tantrique, basé sur les enseignements des Siddhas, maîtres de la voie ésotérique et alchimique Yoga Kundalini.

Dans ce corpus d’enseignements, nous apprenons que d’une manière générale, la stabilité mentale s’acquiert par la pratique d’exercices respiratoires faisant circuler l’énergie pranique (i.e. énergie vitale). Dans le Kriya Yoga, nous appelons ces exercices « Kundalini Pranayama ». Yogi Bhajan a transmis un exercice respiratoire proche des enseignements du Kriya Yoga, nommé Sahej Kriya : nous inspirons lentement et profondément en imaginant l’énergie vitale remonter la colonne vertébrale, passer dans la tête et ressortir par le nez, puis nous expirons lentement et profondément en imaginant l’énergie vitale passer par le nez, dans la tête puis redescendre par la colonne ; en même temps, on inspire en répétant intérieurement Maha Kaal(« le grand Flux »), on expire en répétant intérieurement Kaal Ka(« le Flux de la Kundalini »).

Pour le contentement, le Yoga recommande clairement la pratique continue du détachement. L’assouvissement des désirs mondains et sensoriels ne peut apporter qu’une satisfaction éphémère, car cet assouvissement est rapidement fini et fait place à un nouveau désir, ou bien est accompagné de la préoccupation qu’il (l’assouvissement) ne dure pas. Le détachement se pratique en s’asseyant intérieurement dans une conscience de « témoin » : on observe les choses telles qu’elles sont, sans réagir, sans discuter. Il y a dans cette conscience témoin la voie de la paix, de la sérénité et de la joie spirituelle « Ananda ». Pratiquer le Kundalini Yoga de Yogi Bhajan sans ce détachement intérieur peut se révéler dangereux, car cela éveille un pouvoir sans sagesse. Gurudev Singh insiste beaucoup sur cet aspect au travers de son enseignement du « SatNam Rasayan », où les kriyas de Yogi Bhajan sont pratiqués avec la précaution d’une grande écoute, un silence intérieur consistant.

 

  1. Que faut-il absolument éviter pendant cette période de l’année selon le kundalini yoga ?

Il faut éviter de ne pas pratiquer ! Si vous êtes empreints d’inertie, nourrissez votre âme motrice de votre volonté profonde en étudiant des textes spirituels inspirants ou en chantant de manière dévotionnelle à Shiva, Guru Ram Das ou la Nature de Terre Mère…

Il faut éviter également de prendre de longues douches chaudes ! La douche froide était reconnue en Grèce ancienne pour ses bienfaits sur la santé jusqu’à ce que l’eau chaude devienne un confort indiscutable. La douche froide n’est pas recommandée aux femmes qui ont leur cycle, ni aux personnes malades. Pourtant en dehors de ces cas, on devrait, pour notre santé publique et l’écologie de la planète !, s’habituer nouvellement à se laver à l’eau froide. On pourra commencer par se laver simplement les pieds à l’eau froide le soir avant de se coucher.

 

  1. Y a-t-il des préconisations particulières pour le système immunitaire ? Qu’est-il possible de faire pour le maintenir au meilleur de sa forme ?

Le système immunitaire peut être stimulé, d’après l’Ayurveda (repris dans l’Humanologie de Yogi Bhajan), par la combinaison des trois racines, « Trinity Roots » : gingembre, curcuma et ail. Quand nous sommes malades ou affaiblis, nous pouvons faire une monodiète du plat traditionnel Kitchari : riz, haricots mungo et légumes prédigérés par une longue cuisson, avec ces trois racines.

Ma vision du système biologique humain est qu’il contient une dimension de perfection latente pouvant répondre à tous ses besoins de manière autonome. C’est la vision cible du Yoga qui signifie Union, comme réunion des opposés, union du Ciel et de la Terre, de la Conscience et de la Matière, du divin et du profane. Donc pour être au meilleur de notre forme, nous pouvons nous tourner vers cette dimension de perfection en nous et lui demander, ô Divine Unité Intérieure, de nous habiter pleinement, de prendre une place dominante en nous, de nous nourrir, de nous guérir, de nous maintenir stable et fort pour traverser les passages sombres et froids de l’épopée humaine.

 

 

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Les Sutras du Kriya Yoga de Patanjali et les Siddhas, Govindan Marshall

Extrait offert par l’auteur pour compléter la réflexion sur le détachement

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Grâce à la pratique constante et au détachement, [émerge] la cessation [de l’identification avec les fluctuations de la conscience].

Patanjali décrit ici la méthode la plus importante du Kriya Yoga (voir les versets I.2 et II.2) pour nettoyer l’égoïsme qui provient de l’identification avec les fluctuations émergeant dans la conscience.

«Grâce à la pratique constante» (abhyàsa) fait référence à la concentration sur ce que l’on est, le Soi, ou dans le cas des exercices préparatoires, à la concentration sur des objets (parce qu’il est plus facile de se concentrer sur un objet que sur l’Absolu sans forme).

Le détachement (vairàgya) fait référence à la cessation de s’identifier avec ce que l’on n’est pas – les pensées qui passent, les émotions venant des sens ou des souvenirs. Au fur et à mesure que le pratiquant abandonne ces mouvements refoulés dans le subconscient qui sont supprimés par la pratique des techniques comme suddhi dhyàna kriyà ou par la répétition des syllabes racines sacrées (bãja mantras), il ne reste que la conscience pure, c’est à dire que le Soi devient manifeste. La pratique constante peut être comparée à une personne écopant l’eau dans une barque qui coule.

Si on arrête de porter son attention sur ce Soi pur et conscient, on est submergé irrésistiblement par la force et l’habitude de son égoïsme, tout comme on est submergé par l’eau qui s’engouffre dans la barque si on arrête d’écoper. La pratique constante signifie que l’on se souvient de l’Absolu suprême en plein milieu du spectacle et des changements en cours.

La pratique: (1) Gardez la perspective du Soi intérieur qui observe tout ce qui se passe. Cultivez le Soi, la conscience et la sensation de la Divinité intérieure. Installez-vous en Lui. Appréciez sa beauté qui pénètre toute expérience. (2) Laissez les pensées et les émotions, aller et venir sans changer cette perspective. Lâchez prise quand vous vous y attachez. (3) Apprenez et pratiquez suddhi dhyàna kriyà et les autres dhyàna kriyas pour ouvrir ou fermer les Neuf Ouvertures du corps humain, enseignés au troisième niveau du Kriya Yoga de Babaji.

Radio idFM « Au-delà du Miroir »

Emission « Au-delà du Miroir », idFM La Radio du Bien-Etre, lundi 12 janvier 2015

Le thème: « À la rencontre de l’esprit Yawanawa: voyage au cœur de nos racines et du sens de nos vies »

Entretien avec : Bénédicte Fumey, Membre du Comité exécutif du Club de Budapest France, Membre du CA du Printemps de l’Education, et porte-parole du Pacte civique. Passionnée par le développement soutenable, elle mène des recherches sur les mutations sociétales en économie et en politique et sur la résilience de notre civilisation humaine. Solen A.M.K. PENCHEVRE est diplômée de Sup de Co, enseignante de Kriya Hatha Yoga et de Kundalini Yoga, engagée dans des dynamiques de médiation culturelle, économique et scientifique auprès des peuples d’Amazonie, notamment en présidant l’association Yogash destinée à protéger et valoriser les traditions ancestrales.

INRESS TV L’aventure métaphysique de l’humain

L’INRESS, Institut de Recherche sur les Expériences Extraordinaires, est un Institut réunissant des experts du monde de la science, de la santé, de la psychologie, de la spiritualité et de la culture, autour de ces expériences si particulières, dites inexpliquées, surnaturelles, paranormales ou extraordinaires, qui nous invitent à penser l’humain, la vie et le monde autrement.

L’aventure métaphysique de l’humain, avec Solen Penchèvre, Caroline Colddefy et Bertrand Vergely, est filmé à l’été 2019.

 

 

 

 

Harmoniepsy Rencontre avec Solen

Harmoniepsy « Entre ici et ailleurs, initier un dialogue harmonieux » interview Solen Mukhande, en 2017.

Liste des chapitres:
1) Quel est votre parcours ? Avez-vous vécu des moments d’ouverture de conscience particuliers ? (1:42)

2) Quand vous étiez plus jeune, aviez-vous une ouverture sur le sacré ? Sur d’autres dimensions de l’Être et de l’Univers ? (7:39)

3) Quelles traditions et enseignements vous ont marqué dans votre cheminement ? Quelles rencontres ont compté pour vous particulièrement ? (10:33)

4) Vous avez également créé l’association Yogash. Pour quelles raisons et quelles actions ? (23:54)

5) Vous évoquiez l’origine des enseignements de Yogi Bhajan qui a diffusé le Kundalini Yoga en Occident. Qu’avez-vous perçu à ce sujet ? (28:30)

6) Selon vous, quels sont les freins à l’émergence d’une société plus respectueuse de la Terre,
et notamment en France ? (34:11)

7) Quels sont les accompagnements thérapeutiques que vous proposez ? (37:45)

8) Quelle est l’essence du mode de vie yogique au quotidien pour vous ? (46:27)

9) Si l’on aborde la question des effets de notre régime alimentaire sur un plan sanitaire, psycho-émotionnel et de développement spirituel… Certains considèrent que l’essentiel serait de développer notre capacité à intégrer et « transmuter » la nourriture, plutôt que de s’inscrire dans une trop grande sélectivité, un trop grand rigorisme. Qu’en pensez-vous ? (54:48)

10) Concernant votre pratique de soins chamaniques et énergétiques… Serait-il possible de l’évoquer plus spécifiquement ? Quelles « techniques » utilisez-vous ? (59:06)

11) Vous proposez des accompagnements à la naissance en tant que doula également. Pouvez-vous en parler ? (1:07:41)

12) Quel est le sens de la vie pour vous ? (1:14:00)

13) Devant la crise que traverse actuellement l’humanité, comment pouvons-nous collectivement prendre une voie de vie et de lumière plutôt qu’un chemin de mort et d’ombre ? (1:16:29)

14) Chant de Solen AMK accompagné de tambour. (1:19:06)

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Mukhande Kaur alias Solen Amk est thérapeute holistique. Initiée par les indiens Yawanawa d’Amazonie et dans les systèmes du Kundalini Yoga et du Kriya Yoga, elle est maintenant dévouée à la voix de ses guides, SIBA et Mahavatar Kriya Babaji.

Elle propose des parcours et soins chamaniques, des enseignements de yoga et des pratiques particulières autour de la Naissance en tant que doula.

Elle a créé l’association Yogash, afin de contribuer notamment à l’émergence d’une société plus respectueuse de la Terre.

Solen AMK décrit une partie de son parcours et de ses aspirations dans son livre : « Rêver une nouvelle Terre » aux éditions du Souffle d’Or.

Site Internet d’Harmoniepsy : www.harmoniepsy.com

 

 

Kundalini Yoga et Kriya Yoga, regards croisés

Marshall Govindan (ou Yogacharya M. Govindan Satchidananda ) est un Kriya Yogi, auteur, spécialiste et éditeur d’oeuvres littéraires liées au Yoga classique et au Tantra et enseignant de Kriya Yoga. Il est président des éditions de Kriya Yoga de Babaji et de l’ordre des Acharyas de Kriya Yoga – un ordre laïc de plus de 25 enseignants de Kriya Yoga opérant dans plus de 20 pays. Jan Durga Alhund a pratiqué et étudié le Yoga depuis 1967. Elle partage son expérience du Yoga en sa qualité d’écrivain, d’enseignante de Hatha Yoga, Kundalini Yoga et Kriya Yoga et également en tant que Phoenix Rising Yoga thérapeute – une approche thérapeutique qui utilise le yoga pour la libération des émotions. Elle donne des séminairers d’Initiation au Kriya Yoga dans le monde entier.

(Pour en savoir plus : www.babajiskriyayoga.net)

Question à Satchidananda : Qu’est-ce que le Yoga Kundalini selon la tradition Siddha ?
Réponse : << Siddhantha >> fait référence à l’ensemble des enseignements des adeptes du Yoga ou du Tantra indien, adeptes connus sous le nom de << Siddhas >> ou maîtres parfaitement réalisés, ceux  qui ont atteint un certain degré de perfection ou des pouvoirs divins appelés << siddhis >>. Mis à part les << Siddhas >>  associés au Bouddhisme tibétain, des mystiques ont mis en avant la pratique du Yoga Kundalini pour réaliser notre divinité potentielle dans les cinq plans de l’existence. Ils ont condamné la religion institutionnelle qui met l’accent sur le temple et le culte des idoles, les rituels, le système des castes et la référence aux Écritures. Ils ont enseigné que leur propre expérience est la source de connaissance et de sagesse qui fait autorité et la plus digne de confiance et que, pour acquérir cela, on doit se tourner intérieurement vers les dimensions subtiles de la vie par le biais du Yoga et de la méditation. La plupart de leurs écrits ont de 800 à 1600 ans, ils remontent aussi loin que le 2ème siècle apès JC. << Anta >> signifie << le but final >>. << Siddhanta >> signifie le but final, la conclusion ou les objectifs des Siddhas, les maîtres parfaits. Alors qu’ils existaient dans toute l’Inde et même au Tibet, la tradition à laquelle nous appartenons et dont nous avons recherché, traduit et publié la littérature depuis les années 60 provient de l’Inde du sud ; elle est connue sous le nom de << Tamil Kriya Yoga Siddhantha >>. Théologiquement, leurs enseignements peuvent être considérés comme du << théisme moniste >>. Mais ceux-ci n’essaient pas de créer un système philosophique ou une religion. Ils cherchent à fournir des enseignements pratiques, liés en particulier au Yoga Kundalini, pour réaliser directement la Vérité et ce que l’on devrait éviter sur le chemin spirituel. L’affiliation
sectaire n’a pas d’importance pour les Siddhas. Ils se sentent à l’aise parmi les personnes de toutes les confessions. Leur approche de la vérité est d’abord d’en faire l’expérience en samadhi, la communion mystique de l’absorption cognitive, puis de s’y abandonner graduellement complètement, jusqu’à ce qu’il devienne leur état de conscience constant en l’état d’illumination. Tirumular, probablement le plus ancien des Siddhas du Yoga tamoul, déclare dans son Tirumandiram (5ème siècle après JC) qu’il révèle un << nouveau Yoga >> (nava yoga), contenant tous les éléments auxquels les Siddhas feront plus tard référence comme le << Yoga Kundalini >> et qui provoqueront une transformation complète de la condition humaine, y compris du corps physique. Au cours du premier millénaire de notre ère, les Siddhas ont inventé le Yoga Kundalini comme un puissant moyen de réalisation du Soi (samadhi).  C’était un produit de leurs efforts expérimentaux visant à trouver des moyens plus efficaces pour connaître la vérité des choses, au-delà des chemins  trop intellectuel, ritualiste, dévotionnel ou ascétique et à transformer la nature humaine.

Le Kriya Yoga de Babaji est un condensé de Siddhantha. Son chemin à cinq membres combine la culture du détachement et de la méditation du Yoga classique tel que décrit dans les Yoga Sutras de Patanjali, avec le Yoga Kundalini des Siddhas. Ci-dessous les cinq membres du chemin. Le Kriya Hatha Yoga inclue  des << asanas >> (postures physiques de relaxation), des << bandhas >>  (fermetures musculaires) et des << mudras >> (gestes psycho-physiques), lesquels apportent tous l’éveil des principaux canaux énergétiques (les << nadis >>) et des centres (les << chakras >>). Babaji a choisi une série particulièrement efficace de 18 postures qui sont enseignées par étapes et par paires. On prend soin du corps physique en sa qualité de véhicule ou de temple du Divin.
Le Kriya Kundalini Pranayama est une technique puissante de respiration pour éveiller son pouvoir potentiel et sa conscience et pour la  faire circuler  à travers les sept principaux chakras situés entre la base de la colonne vertébrale et le sommet de la tête. Cette technique éveille les facultés latentes associées aux sept chakras et fait de nous une dynamo sur les cinq plans de l’existence. Le Kriya Dhyana Yoga  est une série progressive de techniques méditatives pour apprendre l’art scientifique de la maîtrise de l’esprit- en vue de nettoyer le subconscient, de développer la concentration, la clarté mentale et la vision, d’éveiller les facultés intellectuelles intuitives et créatives et de provoquer l’état de communion avec Dieu dans l’arrêt spontané de la respiration, le samadhi et la réalisation du Soi. Le Kriya Mantra Yoga est la répétition mentale et silencieuse de sons subtils pour éveiller l’intuition, l’intellect et les chakras : le mantra devient un substitut au  bavardage mental centré sur le <<je>> et facilite l’accumulation de grandes quantités d’énergie. Le mantra nettoie également les tendances subconscientes habituelles. Le Kriya Bhakti Yoga est la culture de l’aspiration de l’âme pour le Divin. Il intègre des activités dévotionnelles et de service  pour éveiller l’amour inconditionnel et la béatitude spirituelle dans le corps spirituel. Il peut inclure des psalmodies et du chant. Peu à peu, toutes nos activités sont imprégnées de douceur, puisque  le << Bien-aimé >> perçu en tout.

Question à Satchidananda : Y a-t-il des liens entre la lignée des Siddhas et celle des Sikhs ?
Réponse : Oui, comme vous le savez, Yogi Bhajan (ndr. Yogi Bhajan a été un grand divulgateur du Kundalini Yoga en Occident et il était Sikh) a appris les techniques enseignées dans << 3H0 Kundalini Yoga >> d’un Siddha tibétain, et les a combinées avec les enseignements religieux du sikhisme. Comme indiqué précédemment, les Siddhas ont développé ces techniques il  y a entre 800 et 1500 ans. À l’automne 1970, à l’invitation de Yogi Bhajan, j’ai conduit mon professeur, Yogi Ramaiah, de notre ashram à Norwalk en Californie jusqu’à la résidence de Yogi Bhajan, à Hollywood, pour une réunion privée. Auparavant, nous avions entendu que Yogi Bhajan avait dit s’interroger sur l’existence de notre Satguru Babaji, s’exprimant ainsi : << Pourquoi quelqu’un voudrait-il vivre aussi longtemps ? >>. Lors de la réunion, Yogi Bhajan et Yogi Ramaiah se sont assis l’un en face de l’autre pendant les 30
premières minutes, sans prononcer un seul mot, en gardant  les yeux ouverts. Moi-même et une femme assistant Yogi Bhajan étions aussi assis sans parler, après s’être rendus compte qu’ils étaient en communication télépathique. Par la suite, quelques plaisanteries ont été échangées, puis Yogi Ramaiah a invité Yogi Bhajan à participer à l’ouverture officielle de notre ashram à Norwalk. Environ une semaine plus tard, lors d’une réunion publique au centre 3H0 d’Hollywood, quand un de mes frères disciples s’est présenté comme un disciple de Yogi Ramaiah, Yogi Bhajan a dit devant toute l’assemblée :  » Oh ! Yogi Ramaiah , c’est un grand saint.  »

Quelques semaines plus tard, lors de la cérémonie d’ouverture de notre ashram, Yogi Bhajana  donné une conférence. Entre autres choses, il a dit : << Je viens juste de revenir d’Amritsar où j’ai emmené pour la première fois un groupe de mes disciples américains, plus de 70 personnes. J’apprécie beaucoup ce que Yogi Ramaiah fait pour vous tous. Les disciples sont des boulets pour nous. Mes disciples américains m’ont donné tant de cheveux gris pendant ce voyage en Inde. Je vois que Yogi Ramaiah a pris encore plus de cheveux gris par vous que m’en ont donné mes disciples !  »

Quelques semaines après, en tant que représentant de Yogi Ramaiah, j’ai assisté à une réunion pour discuter des moyens de ramener d’Inde 1000 sadhus à la première Kumba Mela prévue en Amérique. Yogi Bhajan et Swami Vishnudevananda (disciple de Swami Sivananda) y assistaient ; c’était à l’ashram de Swami Satchidananda (également un disciple de Swami Sivananda) à Hollywood. La réunion était convoquée par Charles Berner. Par la suite cependant, cette Kumba Mela prévue a été annulée car les besoins logistiques étaient trop ambitieux.

Yogi Bhajan a prononcé le discours << présidentiel >> au << 16ème Parlement International de Babaji sur les Religions Mondiales et le Yoga >>, que nous avons organisé en novembre 1970, à l’Université de Californie à Los Angeles et auquel de nombreux autres gourous indiens et maîtres spirituels célèbres ont assisté. Yogi Ramaiah et Yogi Bhajan ont continué à soutenir leur travail respectif pendant de nombreuses années et j’ai rencontré Yogi Bhajan à plusieurs reprises par la suite, lors de mes voyages. Yogi Ramaiah a exprimé sa grande admiration pour Yogi Bhajan en tant que maître du kundalini yoga. Il a également manifesté son appréciation pour les similitudes entre nos deux traditions spirituelles qui soulignent toutes deux une manière de vivre responsable envers sa famille, qui contribue professionnellement aux besoins matériels et spirituels de la société, le fait de ne pas se couper les cheveux ou la barbe, de s’habiller uniquement de vêtements blancs et des similitudes dans nos pratiques yogiques.

Question à Durga : Comment les enseignements de Yogi Bhajan t’ont-ils aidé sur ton chemin ?
Réponse : Les enseignements de Yogi Bhajan m’ont aidée non seulement à comprendre, mais aussi à faire l’expérience de l’ importance du Yoga physique comme moyen de cibler les blocages dans les canaux subtils du corps. J’ai vu à quel point la purification était importante, avant que l’on ne tente consciemment d’élever la kundalini. Pendant environ 8 ans, j’ai eu une pratique personnelle très disciplinée et intense, mais également joyeuse, de Yoga Kundalini tel que Yogi Bhajan l’a enseigné. Et pendant cette période, j’ai fait l’expérience de la libération d’une grande part de mon bagage émotionnel, d’inertie et d’agitation mentale profondément enracinés depuis longtemps. La purification a commencé presque dès le début de ma pratique .

Le Yoga Kundalini a accompli en quelques années à peine, ce que 15 années de Sivananda Yoga et des années de méditation n’avaient pas fait. Au travers des pratiques de kundalini, j’ai pu découvrir et libérer de la colère et de la tristesse dont j’avais été totalement inconsciente. Les techniques dynamiques provoquent de l’empuissancement et ont stimulé l’intuition et l’inspiration dont j’avais besoin pour accomplir des changements personnels nécessaires, afin d’aller de l’avant dans ma vie et d’entrer dans mon dharma.

Le Kriya Yoga de Babaji m’a permis de mieux réaliser mon dharma et a ouvert mon coeur et mon esprit d’une manière que le Yoga Kundalini n’avait pas fait, … mais sans le Yoga Kundalini, je me demande combien de temps il m’aurait fallu pour découvrir toutes les émotions enchevêtrées de colère et de tristesse et parvenir à les laissez aller. Ce n’était pas  facile, c’était même douloureux d’avoir à faire face à toute cette tristesse. Mais cela a été dissous entièrement, avec peu de résidus. Et le Yoga Kundalini m’a offert tant d’énergie et de dynamisme.

En outre, les enseignements de Yogi Bhajan m’ont aidée à prendre conscience que certaines parties de la  personnalité, des aspects que je considérais comme une force et dont j’étais fière, étaient des obstacles majeurs à ma paix ultime, à mon équanimité et à mon potentiel. Et donc ces aspects aussi je devais les laisser aller… au travers des pratiques de Yoga Kundalini, j’étais capable de faire
cela.

Interview avec Sat Santokh Singh, février 2014

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Yogi Bhajan l’appelait « Baba », Sat Santokh Singh est devenu un parrain pour de nombreuses personnes qui ont abandonné leurs blessures inaccessibles entre ses mains. Dans quelle mesure ses nombreuses années de sadhana (discipline) de Kundalini Yoga l’ont-ils amené là et en quoi les guérisons qu’il contribue à manifester font-elles avancer l’humanité ? En amont des enseignements qu’il donnera en France à l’été 2014 (plus d’infos via assoyogash@gmail.com), il répond à nos questions.

Le travail de guérison de Sat Santokh Singh est basé sur des “Voyages” que chacun fait pour soigner ses “Blessures de Vie”, autant d’obstacles pour valoriser et honorer le Soi/Infini dans sa vie. Par le biais des enseignements de Sat Santokh Singh, de ses histoires et de sa présence, d’exercices de Kundalini Yoga et de petits groupes de pratique de conscience, les participants sont préparés à s’abandonner à des expériences intérieures intenses. Ils sont aussi invités à intégrer leur expérience et à aller plus loin, au travers d’une pratique a posteriori. Les Voyages eux-mêmes prennent place dans des états de conscience élargis, rendus possibles par l’accompagnement des participants et le développement d’une attitude dévotionnelle, dans la Grâce de Guru Ram Das. Chacun entre en contact direct avec ses propres blessures et est guidé par le facilitateur pour réintégrer la partie de lui qui a manqué de reconnaissance et d’amour.

Question: Yogi Bhajan disait parfois qu’il méditait et reprochait à Dieu le fardeau de souffrance de l’être humain. Tu mentionnes aussi être souvent passé par cette expérience, notamment en relation à l’histoire de ta lignée juive. Comment la pratique de Kundalini Yoga – et en particulier, son aspect dévotionnel (bhakti) – t’a-t-elle aidé à
accéder à l’acceptation complète et à la paix intérieure profonde ?

Je dois d’abord être clair : Je n’ai pas d’ « acceptation complète » ou d’abandon complet, il s’agit plutôt d’un travail en cours. Pendant de nombreuses années, j’ai été bien en colère contre le Divin pour toute la souffrance humaine sur la planète, à commencer par ma conscience de l’Holocauste Juif quand j’avais six ans (1945). J’en suis venu à comprendre que ma colère envers Dieu était un obstacle substantiel aux gains d’une pratique dévotionnelle de bhakti yoga. Je n’étais pas capable de lâcher la colère jusqu’à ce que je puisse lâcher la peur sur laquelle elle était fondée. Une fois que j’ai été clair sur le besoin de lâcher cette peur, qui pouvait être résumée comme la peur que la joie, la paix et le contentement ne soient pas possibles, j’ai été capable d’être guidé dans un voyage guérisseur « Guérir les Blessures de la Vie – la Valeur de Soi », par certains de mes élèves qui ont été formés pour guider ce processus. Je dois ajouter que j’ai, comme partie de ma pratique quotidienne, chanté 11 minutes par jour pour Guru Ram Das, que Yogi Bhajan nous (ses élèves) présentait comme notre lien à l’infini (« Chaîne dorée »). C’est cette prière qui m’a donné accès au travail guérisseur, en me montrant comment être un véhicule pour le flot de l’énergie divine de guérison. Une fois écartée la peur basée sur la colère envers le Divin, j’ai été capable de passer de plus en plus de temps en sa
présence, autant dans son aspect ‘sans forme’ que dans certaines de ses formes, comme Guru Ram Das et la Mère divine. La pratique quotidienne de la sadhana m’a donné un endroit pour me connecter à l’infini et voir ma vie depuis cette perspective élevée, puis m’a rendu capable de comprendre ce qui avait une valeur durable et ce qui était transitoire et sans substance.
Question: Les voyages que tu aides à faire advenir entraînent des mutations profondes dans les êtres qui les réalisent. Dans quelle mesure cela change-t-il leurs vies et, en conséquence, nos sociétés qui ont généré ou cultivé leurs souffrances? Par exemple, toi et/ou tes étudiants poursuivez-vous l’édification de projets communautaires pour
proposer de nouveaux exemples de vivre ensemble dans le futur ?

Oui, nous souhaitons établir un centre de formation résidentiel avec un programme d’un an, peut-être deux, que je vois maintenant comme une « Formation de l’Être Total ».
SOIGNER SES BLESSURES : c’est par là qu’il faut commencer pour être efficace dans ce que nous souhaitons accomplir dans le monde et dans nos vies. Pour réussir, on doit être capable de s’en donner la permission, ce qui requiert de changer les histoires qui nous disent, dans nos subconscients, que ‘nous ne le méritons pas’, que ‘nous ne sommes pas assez bien’, ‘avons besoin de nous le prouver’, etc. Il est utile, quand on travaille avec d’autres personnes, de ne pas avoir besoin d’être meilleur qu’elles, et d’être capable d’accepter le conseil et la critique sur notre travail sans que cela n’atteigne notre valeur essentielle.

APPRENDRE À AIDER LES AUTRES À SOIGNER LEURS BLESSURES :
– Dans mon expérience, demeurer en présence des autres dans l’espace de guérison ‘Valeur de Soi’ a ouvert mon coeur et m’a permis de voir l’innocence essentielle de simplement être humain, de réaliser que quelque soit le comportement erratique que la personne manifeste, cela prend racine dans la manière dont elle était traitée comme enfant. Et ce savoir n’est pas le demi-savoir intellectuel, mais un savoir de l’être complet, basé sur l’esprit et le coeur.
– Il existe également un aspect critique de la construction d’équipe, bien qu’encore méconnu dans le monde. J’ai longtemps été très attentif à la dynamique de construction d’équipe et de communauté, et j’ai vu que même dans les communautés les plus conscientes et aimantes, il y a toujours un jeu subtil autour du statut, de l’estime de soi, et du pouvoir. Mais, quand on tient l’espace de guérison ‘Valeur de Soi’ pour un autre
être humain, on devient inévitablement un avocat de son bien-être. Quand tous les joueurs de l’équipe tiennent l’espace de guérison pour un autre, un niveau complètement neuf de travail en équipe et en communauté devient possible.
– En marge de ceux d’entre nous dont les vies sont relativement fonctionnelles, il y a des millions de personnes autour du globe qui, dans la pauvreté, en prison, ou dans la prostitution, en sont arrivés à croire (dans leur subconscient) que c’est le lot de leur vie. Même s’ils aspirent peut-être à une vie plus gracieuse, ils sont pourtant bien souvent enchaînés à leurs messages intérieurs qui disent qu’ils ne sont ‘pas bien’, ‘inutiles’, ‘que rien ne marchera jamais’, etc. Certaines agences essaient de secourir ceux qui ont été vendus comme esclaves ou prostitués quand ils étaient enfants ; elles viennent en
aide à de nombreux types de réfugiés, aux enfants forcés à être soldats dans les zones de guerre ; mais comme n’importe qui qui aurait été traité si cruellement, ces personnes sont soit profondément en colère, soit plutôt écrasés au niveau de leur valeur essentielle ; eux tous auront besoin de soigner leurs blessures. Les aider à transformer leur tragédie en opportunité peut faire partie de notre action et leur permettre, si c’est leur souhait, de prendre en main leur pouvoir et devenir des guerriers paisibles qui se dédient à faire cesser de tels traitements envers les enfants, partout où ils se manifestent. (Réponse extraite, à sa demande, du livre que Sat Santokh Singh est en train d’achever)

Interview avec Gurudev Singh, juillet 2013

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Guru Dev Singh est originaire du Mexique. Il a étudié les traditions indigènes de son pays, notamment avec un indien Totonaque dont il est devenu le disciple. Dans les années 70, il a commencé la pratique du Kundalini Yoga. Aujourd’hui, la première mission de Guru Dev Singh est d’enseigner le Sat Nam Rasayan®, un art scientifique de guérison directement transmis par Yogi Bhajan, qui prend ses origines dans un état de profond silence intérieur nommé Shunya.

Question – Dans quelle mesure y a-t-il un problème à mélanger les pratiques traditionnelles ?

Vous ne pouvez pas éviter d’être touché par les différentes traditions. Voilà ce qu’il se passe : pour obtenir une expérience spécifique, il est très difficile de mélanger les systèmes. Il y a des structures intérieures aux différents systèmes qui permettent de garantir l’expérience qu’ils proposent. Je suppose qu’il y a des systèmes qui ne sont pas en conflit. Mais supposons que le Kundalini Yoga, tel que Yogi Bhajan l’a enseigné, soit une tradition non-dualiste. Alors, supposez que vous décidez d’avoir un contact avec le chamanisme, vous avez vraiment besoin d’ouvrir votre espace de tolérance, parce que c’est un état de conflit profond. Le conflit est que dans le chamanisme, vous localisez un endroit où Dieu est plus présent que dans un autre et à ce moment-là, vous avez produit une discrimination, alors vous êtes dans un état de dualité, que vous ne pouvez pas maintenir. En tout cas, le chamanisme aura un effet, de la même façon que le Kundalini Yoga a un effet. Le problème est comment éviter de vous trouver dans un paradoxe. Je pense qu’il est impossible de ne pas être en lien avec différentes traditions. Mais en tant que chercheur ou praticien d’une tradition spécifique, vous avez besoin de vous attacher à votre tradition d’une manière solide et non polluée.

Question – En quoi la voie spécifique du Kundalini Yoga permet d’atteindre un état
de conscience universelle ?

Au moment où vous dites cela, vous êtes déjà en conflit avec le non-dualiste. Dans votre déclaration, vous faites du dualisme. Y a-t-il une conscience qui n’est pas universelle ? Si vous dites que oui, vous êtes dualiste ; si vous dites que non, vous êtes non-dualiste. Alors, où est le problème ? Le problème n’est pas d’atteindre la conscience universelle parce qu’il n’y a pas de lieu où l’atteindre. Elle est déjà. Le problème est que vous êtes distrait et que vous regardez seulement un morceau de
cet état de conscience. Alors, que fait le Kundalini Yoga ? Le Kundalini Yoga casse la condition qui vous différencie. Il fonctionne d’une façon très simple : vous augmentez le niveau de tolérance du système pour contenir la relation. Et la source
principale est le Shunya. Shunya n’est pas juste un « Oh, allons en Shunya. » et on y est. Non, c’est une réalisation de soi en cet état. Comme Yogi Bhajan l’a enseigné, vous n’avez pas besoin d’« atteindre » Shunya, puisque Shunya « est » déjà. Le problème est : pouvez-vous le contenir ou non ? Et cela dépend du niveau de tolérance dans votre système. Cela inclut le système nerveux, mais dépend aussi de votre système glandulaire et de comment vos canaux sont ouverts ou que vous êtes contracté. Toute la pratique de Kundalini Yoga est pour cette expérience. Et il n’y a pas un moment où vous commencez, ou un moment où vous finirez. L’expérience
arrive au moment où l’expérience arrive. Ce n’est pas comme si vous deviez passer par un processus pour arriver à un certain endroit. Vous êtes déjà là. Le problème est : en êtes-vous conscients ou non ? Alors, qu’avez-vous besoin de faire ? Vous avez besoin de nettoyer vos conditions qui ne vous permettent pas d’être conscient d’où vous êtes, et cela est le Kundalini Yoga. Et où le Kundalini Yoga se termine-t-il ? Au moment où vous fusionnez, quand vous et le Tout êtes non différenciés.