Dans ce village indigène par lequel je suis passée, une enfant arrivait de la ville où elle avait été scolarisée ; elle s’adressait à moi de manière différente, avec une présence plus confiante et peut-être plus fière. Alors que je mangeais ma semoule de maïs, elle s’est approchée de moi avec plusieurs autres enfants : « demande-leur ce qu’ils veulent faire quand ils seront plus grands ! » Je restais silencieuse. « Moi, je veux être chanteuse ! » Ses yeux brillaient. C’est alors qu’une des autres filles plus discrètes a rétorqué mélodieusement : « Je veux être indigène ! », et s’est éloignée rapidement, bien décidée à reprendre ses activités de ménagère déjà mature. La première enfant a entraîné le reste de la petite troupe dans un bouquet de chants traditionnels et je suis restée pensive. Qu’est-ce que ces chants donneraient sans leur connexion originale à la sagesse qui les ont créés ? Seraient-ils « indigènes » ? Auraient-ils le pouvoir de porter une culture ? Quelle vérité incarnerait finalement la « chanteuse » ?
Vouloir simplement et profondément être intégré harmonieusement à la Terre, à la communauté et à l’univers, vouloir être dans l’unité, est la première étape pour s ‘engager avec conscience sur le chemin de l’évolution humaine…
Puissions-nous discerner les images mentales qui détériorent notre aspiration divine et décider chaque jour d’avantage de les rejeter, afin de nous abandonner complètement à l’ultime courant de la réalisation du Soi.

