Le livre Femmes du Monde, Mères du Nouveau Monde

Contribution de Solen Mukhande au livre Femmes du Monde, Mères du Nouveau Monde de Véronique Cloitre:

« La violence que j’ai ressentie et ressens encore dans notre relation avec la Terre-Mère m’a plongée dans beaucoup de tristesse et de colère, et m’a fait fuir loin de ma région natale. Arrivée en Amazonie, j’ai prié les Indiens de me laisser vivre au milieu de leur jungle ! Ils ont rigolé, me disant que je n’y survivrais pas… Alors, j’ai peu à peu suivi leurs conseils afin de comprendre ma torpeur et trouver la force de servir le perfectionnement subtil de l’espèce humaine.

Notre relation à la Terre, comme notre relation au corps, ou celle du masculin avec le féminin, sont fondées sur des notions d’appropriation et des comportements de déni ou de manipulation plus ou moins conscients. Selon le premier enseignement des sagesses ancestrales, nous devrions plutôt remercier nos relations puisqu’elles représentent des manifestations de la Conscience. J’ai vu les peuples racines entretenir avec leurs écosystèmes, au travers de leurs pensées, de leurs mots et de leurs gestes, des relations immensément chargées de considération, de tendresse et d’amour, comme s’il s’agissait de relations interpersonnelles. Les anciens ont conscience que les formes de la nature auxquelles ils s’adressent font partie d’un plus grand tout. Ils remercient la pluie, le soleil et la lune mais au fond, ils chantent une ode de tout leur être à la majestueuse matrice qui délie véritablement leur épanouissement.

À la femme, il est donné d’expérimenter dans son corps la grandiose force sous-jacente qui engendre la vie jusque dans les royaumes les plus grossiers de notre matérialité. Lorsqu’elle transcende la douleur perçante d’un accouchement dans une gratitude sans fin, elle est complètement unie à l’impulsion de la conscience des origines. Lorsqu’elle se sacrifie pour ses enfants, déplace des montagnes pour les nourrir, ou encore tressaille quand un danger menace sa descendance, elle puise dans des ressources internes qui dépassent l’entendement. Elle porte ainsi une grande responsabilité. Dans sa connexion particulièrement intime avec la force créatrice primordiale qui anime la Terre et les êtres, la femme porte un trésor de sagesse dans ses entrailles. Elle peut devenir un exemple vivant de foi, de grâce et de noblesse, marquant et orientant l’histoire de manière unique. Ou alors provoquer la destruction, si elle mêle à cette force incommensurable ses caprices, sa jalousie et sa tendance à la séduction. Elle peut guider l’humanité vers ce qui est nécessaire à sa préservation ou bien, si elle n’accorde pas suffisamment de respect et d’attention à son pouvoir, exacerber les passions humaines jusqu’à leurs plus grandes démesures. »

Message: En ces temps fragiles de transition planétaire, il est prioritaire que la femme déploie des efforts quotidiens pour renforcer sa pure connexion à sa divine unité intérieure. »

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Femmes du monde

Mères du nouveau Monde

Partez à la rencontre du Féminin sacré.

Dans sa première partie, ce livre explore le Féminin blessé, avec une thématique qui concerne directement cette moitié du monde que sont les femmes et, par résonance, cette autre moitié masculine. La synthèse de la situation des femmes est proposée de manière originale avec des témoignages, photographies, poèmes, dessins et citations.

Dans une seconde partie, sont mis en évidence tous les changements positifs qui prennent place en ces temps de transformation : des énergies féminines s’assemblent pour créer un monde de paix. Ce sont des femmes qui se relèvent, reprennent possession de leur vie et disent stop à la violence sous quelque forme que ce soit. Ces défricheuses ensemencent la Terre de leur Divinité et ouvrent le cœur des hommes. Elles sont pour la plupart des femmes de l’ombre. En déployant leur Féminin Sacré, elles sont les Mères du Nouveau Monde et délivrent chacune, par leur expérience, un message universel porteur d’espoir.

Les femmes ont reçu le don sacré de donner la vie. Aujourd’hui, elles œuvrent ensemble pour réenfanter le monde ! Et appellent les hommes à les rejoindre. C’est le temps de la réconciliation entre nous, hommes et femmes et en nous, masculin et féminin, afin de rééquilibrer les valeurs du monde.

Par Véronique Cloitre aux éd. Dangles. Commander ici.

KY pour l’ère du Verseau déc 2016

3 postures dynamiques de base

Réponse à la Mikarama du Yoga Journal de novembre 2016

Bonjour à tous,

En tant qu’enseignante de Yoga, je souhaite apporter un complément d’information sur un sujet évoqué dans la dernière Mikarama. L’habit blanc, de fibre naturelle et le fait de ne pas couper poils et cheveux, est une technologie subtile qui nous porte au travers des temps chaotiques de la grande transition planétaire que nous vivons actuellement.

Les cheveux sont des antennes qui captent et transmettent une importante quantité d’information et d’énergie dans le corps. Les sourcils détectent le plus rapidement d’éventuels dangers qui se présentent devant notre visage. Les poils du menton, des aisselles, des jambes ont aussi des fonctionnalités spécifiques, comme le renforcement du système nerveux. Le blanc, en tant que spectre lumineux intégrant toutes les couleurs, impacte notre aura, ce réceptacle électromagnétique de nos émotions et de nos expériences de vie, afin que nous soyons plus empreints d’acceptation et de compassion.

Ces enseignements sont présents dans différentes lignes de yoga (Kundalini, Kriya) qui se préoccupent de guider leurs pratiquants sur un chemin réunissant la discipline purificatrice et la vie mystique d’expression en symbiose avec leur environnement. Nous entrons dans un passage étroit de notre évolution collective, pleine de paradoxes et de pression : ces outils sont là pour nous soutenir.

Bénédictions,

Mukhande Kaur, www.yogash.org, auteure de Rêver une Nouvelle Terre (Souffle d’Or)

33ème pauri du Japji pour détruire l’ego et éliminer la négativité


Aakhan jor, Chupai neh jor,
Jor na mangan dayn na jor
Jor na jeevan maran neh jor
Jor na raaj maal man sor
Jor na surtee giaan vechaar
Jor na jugatee chutai sansaar
Jis hath jor kar vekhai so-i
Nanak utam neech na ko-i

Respiration du Soleil Intérieur pour le système immunitaire

Pratiquez 3min ou 3 fois 3 min avec 1 min de pause entre chaque fois. Couvrir la tête.

Concentration dans le Rêve de Médecine Yawanawa

« Etre Yawanawa, c’est être libre, naître libre, vivre libre et mourir libre. »

Voici une invitation exceptionnelle, non seulement car elle nous suggère de nous rendre à l’autre bout du monde au cœur de la magnificence amazonienne, biodiversité à la fois étincelante et mille fois blessées, brûlante d’espoirs farouches et de luttes passionnées pour sa survie. Aussi car elle nous propose de combiner ce voyage extérieur à une révélation intérieure unique, dans le cadre d’une concentration spirituelle de la communauté rare et authentique, ouverte pour la première fois de cette manière à un petit public étranger.

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Matsini Yawanawa, ami de longue date de l’association Yogash, nous invite à un rassemblement intime et dédié: une Concentration avec la Médecine et les Chants Yawanawa des jeunes de la tribu, avec la participation de tous les leaders spirituels du peuple. Seront notamment présents sa sœur Hushahu première femme chamane Yawanawa, les plus anciens gardiens spirituels Tata et Yawa, le couple de leaders communautaires Biraci et Putanny, ainsi que de nombreux jeunes étudiants approfondis venant grossir les rangs de la relève identitaire du peuple.

« Qui est le chamane Tata Txanu Natasheni Yawanawa ? » Par Tashka Yawanawa et l’Association Socioculturelle Yawanawa

Assis sur un hamac, un chamane prie toute la nuit pour soigner une personne malade. Il prie aussi pour toute la communauté, pour qu’elle vive en bonne santé et en harmonie avec les gens et l’environnement.

Joao Ferreira en portugais et Tata Txanu Natasheni en Yawanawa, bringuebalant, au visage doux, à la démarche légère, à la petite voix, c’est Tata. Vous vous trompez si vous pensez qu’il est une personne fragile. Tata a le pouvoir de causer de l’envie à toute jeune personne. Il dirige, chante et danse toute la journée et toute la nuit pendant 5 jours de festival communautaire. Qui a le privilège et l’honneur de le connaître découvre que ce vieil homme si humble et tranquille est un Roi dans le monde spirituel.

Tata a dédié sa vie à la spiritualité Yawanwa: alors que de nombreux jeunes profitaient de la vie, il a marché sur la voie des anciens. Il s’est assis dans les grandes congrégations de l’Uni (Ayahuasca) avec de grands chamanes, a écouté les chants et les prières avec attention. Quand on lui demandait d’où venait son intérêt pour être un apprenti chamane si jeune, il répondait que c’était pour quand les plus vieux ne seraient plus en vie, qu’il puisse continuer à passer la connaissance du monde spirituel à notre peuple. (…)

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Dans le village de Mutum où a lieu la rencontre, un Ecole Traditionnelle permet aux enfants âgés de 7 à 14 ans d’apprendre leur langue native, les légendes traditionnelles, les pratiques spirituelles anciennes et la connaissance des plantes sacrées transmis de génération en génération, en leur fournissant nourriture, abris et matériel scolaire. Les bénéfices de la rencontre seront reversés à cette école.

Rever terre 250Intermédiation culturelle, traduction, accompagnement holistique personnalisé: Mukhande Kaur (Solen Amk, amie du peuple Yawanawa depuis 10 ans)

Budget approximatif : 2500euros au départ de la France. Extension possible à moindre coût.

Infos: assoyogash@gmail.com

Une présentation des Yawa par Indigenous Celebration

Les Yawa en représentation aux Etats-Unis

« Ceux qui veulent apprendre ne se distraient pas à l’extérieur. Le monde spirituel n’a pas de compétition. Le monde spirituel est à l’intérieur de nous. » Benki Ashaninka, leader amazonien

KY pour l’ère du Verseau sept 2016

Adi mantra : Commencez votre pratique de Kundalini Yoga en vibrant l’Adi mantra pour vous relier à la Chaîne d’Or.

Série de base pour la respiration : Vitalité, tonus et équilibre.

Méditation pour l’envergure de la vie : Stabilité, confiance, force nerveuse.

Mangalacharan Mantra pour la guidance et la protection (Aad Guray Nameh / Jugaad Guray Nameh / Sat Guray Nameh / Siri Guru Dayvay Nameh)

Eradiquer l’ego pour s’ouvrir au flux cosmique (Commencez par pratiquer l’Adi Mantra, voir ci-dessus)

Diètes en phase avec la Lune

Diète pour réguler le cycle menstruel, le système glandulaire et pour la santé des ovaires (Yogi Bhajan)

  • Le jour de la pleine lune, ne manger rien jusqu’au soir. Vous pouvez boire de l’eau, et mangez un repas très léger juste avant le coucher du soleil.
  • Le 11ème jour après la nouvelle lune et le 11ème jour après la pleine lune, ne consommez rien (ni nourriture, ni liquide) jusqu’au coucher du soleil.
  • Le jour de la nouvelle lune, mangez un chapati de maïs avec du ghee et un verre de lait (voir recette du chapati de maïs plus bas) avant le lever du soleil. Ne mangez rien d’autre de la journée. Vous pouvez prendre un verre de lait avec une cuillère de miel le soir avant de dormir.

Recette du chapati

Ingrédients :

  • 4 cups* de farine de maïs
  • 1 càs de sel noir
  • ¼ càc de graines d’origan
  • ¼ càc de feuilles de senné
  • 1 pincée d’asafoetida
  • ½ càc de jus de citron
  • 1 à 1 ½ cups de menthe fraîche (ou sèche mais trempée toute la nuit)
  • 1 à 1 ½ cups d’oignons émincés
  • De l’eau chaude, juste ce qu’il faut pour faire une pâte souple
  • Facultatif : piments rouges ou verts, gingembre et ail.

*cup : unité de mesure américaine qui correspond à un volume de 250ml

Mixez la menthe et les oignons très finement. Ajoutez les ingrédients facultatifs, puis les épices. Ajoutez la farine, puis l’eau petit à petit pour former une pâte souple. Formez une boule et pétrissez là rapidement, elle doit rester un peu collante.
L’astuce pour étaler cette pâte est d’utiliser deux feuilles de papier sulfurisé. Placer une boule de pâte de la taille d’une balle de baseball entre les deux feuilles. Étalez-la comme une crêpe assez fine. Retirez la feuille du dessus et mettez le chapati dans une poêle non huilée à feu moyen, la feuille restante sur le dessus. Une fois qu’il a cuit un peu, vous pourrez retirez facilement la deuxième feuille. Laissez cuire le chapati des deux côtés jusqu’à ce qu’il soit croustillant ou au moins bien cuit (environ 15 minutes).

Attention : à cause des feuilles de senné, ces chapatis sont digérés très rapidement. N’en mangez pas si vous n’avez pas un accès rapide et facile à des toilettes.

(Monodiète de chapati)

« Si vous pouvez ne manger que cette nourriture, honnêtement, sans mentir, vous pouvez revenir à vos 18 ans, peu importe l’âge que vous avez. Vous pouvez retrouver votre moi originel. C’est parfait pour les femmes. Vous n’aurez pas de sensation de faim et vous pourrez aller travailler normalement. Vous aurez beaucoup d’énergie ; et non seulement vous perdrez du poids, mais en plus vous gagnerez en force et en intelligence. Vous ne serez pas fatiguée. » Yogi Bhajan

Yogi Bhajan a recommandé une mono diète de chapati de maïs : 4 chapatis par jour avec du yaourt. Commencez par des diètes de 3 ou 4 jours, puis augmentez jusqu’à 1 mois. Vous pouvez boire ce que vous voulez, mais les lassis salés, le yogi tea et beaucoup d’eau sont recommandés. Vous pouvez préparer plusieurs chapatis à l’avance et les congeler avant de les cuire.

Source: I am a woman

http://www.satnaminfos.fr/2015/06/24/kundalini-yoga-et-menstruations/

 

L’apport des Peuples Premiers à notre transition

En Grande Ecole il y a 10 ans, il y avait un ou deux cours, sur l’ensemble des matières enseignées, où l’on nous amenait à envisager que nos modèles de développement sont clairement destructeurs pour la planète et l’humanité. On suscitait parfois notre curiosité en nous disant que nous serions prochainement confrontées à de nouvelles problématiques d’envergure. On ne nous invitait jamais à penser l’avenir en terme de changement de paradigmes. Il y a encore un an, j’ai proposé à cette Grande Ecole d’organiser un séminaire avec l’ex-Grand Chef de la Nation Algonquine, Canada, sur le thème du « Cercle dans la vision amérindienne – pour un Leadership vraiment global ». La Direction n’a même pas pris la peine de nous répondre directement ; on m’a rapporté que ce sujet n’entretenait « pas de lien » avec l’Ecole.

Cependant, le grand Sens de l’existence englobe toutes les expériences de la Vie de ce regard circulaire cher aux amérindiens, ce regard de cohérence et de bienveillance… Et c’est donc cette même Ecole, pas toujours facile à vivre sur le moment, qui m’a mise sur la voie d’une longue quête personnelle auprès des Peuples d’Amazonie, après m’avoir envoyée en échange universitaire au Brésil… Pénétrant miraculeusement la toison enchantée des jungles, touchée par la rédemption sauvage de leur silence touffu, j’ai vite réclamé mon droit d’asile en leurs terres ! J’ai demandé à recevoir un enseignement spirituel, à marcher une voie de guérison intérieure et à pratiquer un art de vivre harmonieux au quotidien, là, camouflée dans les entrailles organiques de la Terre Maman.

BenkiMais on m’a répondu que le chemin authentique commençait par un engagement missionnaire au quotidien pour défendre les droits du vivant. Alors que je découvrais l’extrême richesse et l’infinie beauté de patrimoines environnementaux et identitaires, leur extinction imminente et généralisée cinglait en effet mon esprit, avec une brutalité toute nouvelle, viscérale. Je contemplais ces êtres en osmose simple et joyeuse avec leur Eden environnant, par le biais de savoirs ancestraux précieux et uniques qui les y lient ; je les contemplais pris dans un processus infernal d’anéantissement, par des forces obscures et puissantes qu’ils n’avaient pas appris à combattre… Dans le tumulte des menaces, crises et mises en oeuvre de résilience sur place, j’ai entendu leur autre appel : « Rentre chez toi et fais-y quelque chose pour que nos forêts ne s’éteignent pas ! »

En présence de nos frères et sœurs autochtones, les émotions profondes sont au rendez-vous, les nouvelles prises de conscience, certainement, aussi. En moi, il ne s’agissait donc plus d’une réflexion intellectuelle et politique sur ce que les prochaines générations pourraient manger, boire ou respirer demain. Il s’agissait d’une expérience directe et saisissante qui allait marquer ma vie, sur l’état d’urgence des faits. Un leader Esquimo-Kalaallit, Angaangaq Angakkorsuaq, interprète la fonte des glaces qui ligote l’espoir de son Peuple depuis plusieurs décennies : pour lui, la fonte des glaces est une suggestion du Cosmos pour que celles de nos cœurs fondent à leur tour, afin de rénover notre relation à tous les règnes de la Terre. En effet, avec un cœur ardent de sensibilité et d’aspiration, les barques de nos métamorphoses nécessaires à une plus grande harmonie sur la planète seront menées avec force d’authenticité et d’engagement.

AngaangackLes Indiens ne m’ont pas seulement touchée par les notes mystérieuses d’un nectar au naturel, qui nous envoûtent gracieusement pour le valoriser et le protéger. Ils m’ont aussi éclairée sur une manière d’être, pour réaliser notre joie profonde, notre libération et pour servir notre mission divine.

On entend souvent les gens qui remettent en cause l’action écologique argumenter : « Puis-je à moi seul changer le monde ? A quoi bon faire des efforts ?! » Mais alors comment tous ces Indiens d’Amazonie font-ils pour garder le cœur dévoué au combat lorsque leurs terres sont pillées et leurs membres assassinés ? Certes, plusieurs communautés natives sont tellement accablées qu’on y trouve le plus haut taux de suicide du Brésil. Mais beaucoup encore vivent dans l’espoir, le courage, l’humour, la dévotion et la célébration des délices simples de la vie au quotidien… Ils nous suggèrent que notre libération et notre joie profonde ne dépendent pas de la réussite de nos actions, mais de notre qualité d’abandon à la vie et à son ouvrage, à chaque instant. « C’est pour Pawa (Dieu) que je combats, c’est pour honorer les rêves de mon grand-père et les prophéties de mes ancêtres, c’est pour que notre identité ne s’éteigne pas. » Dans cette perspective, peu importe le succès matériel mais plutôt, la manière dont nous nous comportons intérieurement pour tenter de l’obtenir.

Pour les gardiens de la sagesse séculaire, la « mission divine » n’est donc pas seulement de sauver des terres, ni même la Terre entière, mais aussi et surtout de perpétuer un système de valeurs, pilier invisible de l’écologie profonde de nos vies. Ainsi, on combattra les désordres planétaires en éduquant, en enseignant, en communiquant – plus que par l’apparence de procédés économiques favorables à la reforestation ou à la compensation carbone par exemple. Le leader Ashaninka, Benki Piyanko, résume : « Pour sauver la Terre, il faut changer l’esprit des hommes. »

pablo1Dans la lignée des mythes inspirateurs des cosmogonies ancestrales, on combattra aussi en flirtant avec le très haut potentiel de l’être humain à co-créer sa réalité : on combattra en s’initiant à un nouveau degré de maîtrise de soi, par l’alchimie intérieure de l’ascèse. Dans les communautés natives, les chefs sont généralement des initiés spirituels, ayant accompli leurs rituels de passage, leurs temps d’isolement, leurs apprentissages pour naviguer dans les mondes invisibles en présence. Ils savent renforcer leur système nerveux et l’intensité émotionnelle de leurs intentions profondes. Par une pratique diffuse – de la transe chamanique, de la méditation profonde, du rêve conscient… –, ils canalisent continuellement des orientations supérieures, concentrent leur force psychique et prie l’Absolu pour la descente de sa Grâce.

Par le saint pouvoir des Ancêtres, le chant de ce Peuple m’a interpelée : « Que veux-tu vraiment ? Maintenant tu le peux ! »

Par Solen Amk, auteure de Rêver une Nouvelle Terre

Kundalini Yoga et Kriya Yoga, regards croisés

Marshall Govindan (ou Yogacharya M. Govindan Satchidananda ) est un Kriya Yogi, auteur, spécialiste et éditeur d’oeuvres littéraires liées au Yoga classique et au Tantra et enseignant de Kriya Yoga. Il est président des éditions de Kriya Yoga de Babaji et de l’ordre des Acharyas de Kriya Yoga – un ordre laïc de plus de 25 enseignants de Kriya Yoga opérant dans plus de 20 pays. Jan Durga Alhund a pratiqué et étudié le Yoga depuis 1967. Elle partage son expérience du Yoga en sa qualité d’écrivain, d’enseignante de Hatha Yoga, Kundalini Yoga et Kriya Yoga et également en tant que Phoenix Rising Yoga thérapeute – une approche thérapeutique qui utilise le yoga pour la libération des émotions. Elle donne des séminairers d’Initiation au Kriya Yoga dans le monde entier.

(Pour en savoir plus : www.babajiskriyayoga.net)

Question à Satchidananda : Qu’est-ce que le Yoga Kundalini selon la tradition Siddha ?
Réponse : << Siddhantha >> fait référence à l’ensemble des enseignements des adeptes du Yoga ou du Tantra indien, adeptes connus sous le nom de << Siddhas >> ou maîtres parfaitement réalisés, ceux  qui ont atteint un certain degré de perfection ou des pouvoirs divins appelés << siddhis >>. Mis à part les << Siddhas >>  associés au Bouddhisme tibétain, des mystiques ont mis en avant la pratique du Yoga Kundalini pour réaliser notre divinité potentielle dans les cinq plans de l’existence. Ils ont condamné la religion institutionnelle qui met l’accent sur le temple et le culte des idoles, les rituels, le système des castes et la référence aux Écritures. Ils ont enseigné que leur propre expérience est la source de connaissance et de sagesse qui fait autorité et la plus digne de confiance et que, pour acquérir cela, on doit se tourner intérieurement vers les dimensions subtiles de la vie par le biais du Yoga et de la méditation. La plupart de leurs écrits ont de 800 à 1600 ans, ils remontent aussi loin que le 2ème siècle apès JC. << Anta >> signifie << le but final >>. << Siddhanta >> signifie le but final, la conclusion ou les objectifs des Siddhas, les maîtres parfaits. Alors qu’ils existaient dans toute l’Inde et même au Tibet, la tradition à laquelle nous appartenons et dont nous avons recherché, traduit et publié la littérature depuis les années 60 provient de l’Inde du sud ; elle est connue sous le nom de << Tamil Kriya Yoga Siddhantha >>. Théologiquement, leurs enseignements peuvent être considérés comme du << théisme moniste >>. Mais ceux-ci n’essaient pas de créer un système philosophique ou une religion. Ils cherchent à fournir des enseignements pratiques, liés en particulier au Yoga Kundalini, pour réaliser directement la Vérité et ce que l’on devrait éviter sur le chemin spirituel. L’affiliation
sectaire n’a pas d’importance pour les Siddhas. Ils se sentent à l’aise parmi les personnes de toutes les confessions. Leur approche de la vérité est d’abord d’en faire l’expérience en samadhi, la communion mystique de l’absorption cognitive, puis de s’y abandonner graduellement complètement, jusqu’à ce qu’il devienne leur état de conscience constant en l’état d’illumination. Tirumular, probablement le plus ancien des Siddhas du Yoga tamoul, déclare dans son Tirumandiram (5ème siècle après JC) qu’il révèle un << nouveau Yoga >> (nava yoga), contenant tous les éléments auxquels les Siddhas feront plus tard référence comme le << Yoga Kundalini >> et qui provoqueront une transformation complète de la condition humaine, y compris du corps physique. Au cours du premier millénaire de notre ère, les Siddhas ont inventé le Yoga Kundalini comme un puissant moyen de réalisation du Soi (samadhi).  C’était un produit de leurs efforts expérimentaux visant à trouver des moyens plus efficaces pour connaître la vérité des choses, au-delà des chemins  trop intellectuel, ritualiste, dévotionnel ou ascétique et à transformer la nature humaine.

Le Kriya Yoga de Babaji est un condensé de Siddhantha. Son chemin à cinq membres combine la culture du détachement et de la méditation du Yoga classique tel que décrit dans les Yoga Sutras de Patanjali, avec le Yoga Kundalini des Siddhas. Ci-dessous les cinq membres du chemin. Le Kriya Hatha Yoga inclue  des << asanas >> (postures physiques de relaxation), des << bandhas >>  (fermetures musculaires) et des << mudras >> (gestes psycho-physiques), lesquels apportent tous l’éveil des principaux canaux énergétiques (les << nadis >>) et des centres (les << chakras >>). Babaji a choisi une série particulièrement efficace de 18 postures qui sont enseignées par étapes et par paires. On prend soin du corps physique en sa qualité de véhicule ou de temple du Divin.
Le Kriya Kundalini Pranayama est une technique puissante de respiration pour éveiller son pouvoir potentiel et sa conscience et pour la  faire circuler  à travers les sept principaux chakras situés entre la base de la colonne vertébrale et le sommet de la tête. Cette technique éveille les facultés latentes associées aux sept chakras et fait de nous une dynamo sur les cinq plans de l’existence. Le Kriya Dhyana Yoga  est une série progressive de techniques méditatives pour apprendre l’art scientifique de la maîtrise de l’esprit- en vue de nettoyer le subconscient, de développer la concentration, la clarté mentale et la vision, d’éveiller les facultés intellectuelles intuitives et créatives et de provoquer l’état de communion avec Dieu dans l’arrêt spontané de la respiration, le samadhi et la réalisation du Soi. Le Kriya Mantra Yoga est la répétition mentale et silencieuse de sons subtils pour éveiller l’intuition, l’intellect et les chakras : le mantra devient un substitut au  bavardage mental centré sur le <<je>> et facilite l’accumulation de grandes quantités d’énergie. Le mantra nettoie également les tendances subconscientes habituelles. Le Kriya Bhakti Yoga est la culture de l’aspiration de l’âme pour le Divin. Il intègre des activités dévotionnelles et de service  pour éveiller l’amour inconditionnel et la béatitude spirituelle dans le corps spirituel. Il peut inclure des psalmodies et du chant. Peu à peu, toutes nos activités sont imprégnées de douceur, puisque  le << Bien-aimé >> perçu en tout.

Question à Satchidananda : Y a-t-il des liens entre la lignée des Siddhas et celle des Sikhs ?
Réponse : Oui, comme vous le savez, Yogi Bhajan (ndr. Yogi Bhajan a été un grand divulgateur du Kundalini Yoga en Occident et il était Sikh) a appris les techniques enseignées dans << 3H0 Kundalini Yoga >> d’un Siddha tibétain, et les a combinées avec les enseignements religieux du sikhisme. Comme indiqué précédemment, les Siddhas ont développé ces techniques il  y a entre 800 et 1500 ans. À l’automne 1970, à l’invitation de Yogi Bhajan, j’ai conduit mon professeur, Yogi Ramaiah, de notre ashram à Norwalk en Californie jusqu’à la résidence de Yogi Bhajan, à Hollywood, pour une réunion privée. Auparavant, nous avions entendu que Yogi Bhajan avait dit s’interroger sur l’existence de notre Satguru Babaji, s’exprimant ainsi : << Pourquoi quelqu’un voudrait-il vivre aussi longtemps ? >>. Lors de la réunion, Yogi Bhajan et Yogi Ramaiah se sont assis l’un en face de l’autre pendant les 30
premières minutes, sans prononcer un seul mot, en gardant  les yeux ouverts. Moi-même et une femme assistant Yogi Bhajan étions aussi assis sans parler, après s’être rendus compte qu’ils étaient en communication télépathique. Par la suite, quelques plaisanteries ont été échangées, puis Yogi Ramaiah a invité Yogi Bhajan à participer à l’ouverture officielle de notre ashram à Norwalk. Environ une semaine plus tard, lors d’une réunion publique au centre 3H0 d’Hollywood, quand un de mes frères disciples s’est présenté comme un disciple de Yogi Ramaiah, Yogi Bhajan a dit devant toute l’assemblée :  » Oh ! Yogi Ramaiah , c’est un grand saint.  »

Quelques semaines plus tard, lors de la cérémonie d’ouverture de notre ashram, Yogi Bhajana  donné une conférence. Entre autres choses, il a dit : << Je viens juste de revenir d’Amritsar où j’ai emmené pour la première fois un groupe de mes disciples américains, plus de 70 personnes. J’apprécie beaucoup ce que Yogi Ramaiah fait pour vous tous. Les disciples sont des boulets pour nous. Mes disciples américains m’ont donné tant de cheveux gris pendant ce voyage en Inde. Je vois que Yogi Ramaiah a pris encore plus de cheveux gris par vous que m’en ont donné mes disciples !  »

Quelques semaines après, en tant que représentant de Yogi Ramaiah, j’ai assisté à une réunion pour discuter des moyens de ramener d’Inde 1000 sadhus à la première Kumba Mela prévue en Amérique. Yogi Bhajan et Swami Vishnudevananda (disciple de Swami Sivananda) y assistaient ; c’était à l’ashram de Swami Satchidananda (également un disciple de Swami Sivananda) à Hollywood. La réunion était convoquée par Charles Berner. Par la suite cependant, cette Kumba Mela prévue a été annulée car les besoins logistiques étaient trop ambitieux.

Yogi Bhajan a prononcé le discours << présidentiel >> au << 16ème Parlement International de Babaji sur les Religions Mondiales et le Yoga >>, que nous avons organisé en novembre 1970, à l’Université de Californie à Los Angeles et auquel de nombreux autres gourous indiens et maîtres spirituels célèbres ont assisté. Yogi Ramaiah et Yogi Bhajan ont continué à soutenir leur travail respectif pendant de nombreuses années et j’ai rencontré Yogi Bhajan à plusieurs reprises par la suite, lors de mes voyages. Yogi Ramaiah a exprimé sa grande admiration pour Yogi Bhajan en tant que maître du kundalini yoga. Il a également manifesté son appréciation pour les similitudes entre nos deux traditions spirituelles qui soulignent toutes deux une manière de vivre responsable envers sa famille, qui contribue professionnellement aux besoins matériels et spirituels de la société, le fait de ne pas se couper les cheveux ou la barbe, de s’habiller uniquement de vêtements blancs et des similitudes dans nos pratiques yogiques.

Question à Durga : Comment les enseignements de Yogi Bhajan t’ont-ils aidé sur ton chemin ?
Réponse : Les enseignements de Yogi Bhajan m’ont aidée non seulement à comprendre, mais aussi à faire l’expérience de l’ importance du Yoga physique comme moyen de cibler les blocages dans les canaux subtils du corps. J’ai vu à quel point la purification était importante, avant que l’on ne tente consciemment d’élever la kundalini. Pendant environ 8 ans, j’ai eu une pratique personnelle très disciplinée et intense, mais également joyeuse, de Yoga Kundalini tel que Yogi Bhajan l’a enseigné. Et pendant cette période, j’ai fait l’expérience de la libération d’une grande part de mon bagage émotionnel, d’inertie et d’agitation mentale profondément enracinés depuis longtemps. La purification a commencé presque dès le début de ma pratique .

Le Yoga Kundalini a accompli en quelques années à peine, ce que 15 années de Sivananda Yoga et des années de méditation n’avaient pas fait. Au travers des pratiques de kundalini, j’ai pu découvrir et libérer de la colère et de la tristesse dont j’avais été totalement inconsciente. Les techniques dynamiques provoquent de l’empuissancement et ont stimulé l’intuition et l’inspiration dont j’avais besoin pour accomplir des changements personnels nécessaires, afin d’aller de l’avant dans ma vie et d’entrer dans mon dharma.

Le Kriya Yoga de Babaji m’a permis de mieux réaliser mon dharma et a ouvert mon coeur et mon esprit d’une manière que le Yoga Kundalini n’avait pas fait, … mais sans le Yoga Kundalini, je me demande combien de temps il m’aurait fallu pour découvrir toutes les émotions enchevêtrées de colère et de tristesse et parvenir à les laissez aller. Ce n’était pas  facile, c’était même douloureux d’avoir à faire face à toute cette tristesse. Mais cela a été dissous entièrement, avec peu de résidus. Et le Yoga Kundalini m’a offert tant d’énergie et de dynamisme.

En outre, les enseignements de Yogi Bhajan m’ont aidée à prendre conscience que certaines parties de la  personnalité, des aspects que je considérais comme une force et dont j’étais fière, étaient des obstacles majeurs à ma paix ultime, à mon équanimité et à mon potentiel. Et donc ces aspects aussi je devais les laisser aller… au travers des pratiques de Yoga Kundalini, j’étais capable de faire
cela.

Interview avec Sat Santokh Singh, février 2014

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Yogi Bhajan l’appelait « Baba », Sat Santokh Singh est devenu un parrain pour de nombreuses personnes qui ont abandonné leurs blessures inaccessibles entre ses mains. Dans quelle mesure ses nombreuses années de sadhana (discipline) de Kundalini Yoga l’ont-ils amené là et en quoi les guérisons qu’il contribue à manifester font-elles avancer l’humanité ? En amont des enseignements qu’il donnera en France à l’été 2014 (plus d’infos via assoyogash@gmail.com), il répond à nos questions.

Le travail de guérison de Sat Santokh Singh est basé sur des “Voyages” que chacun fait pour soigner ses “Blessures de Vie”, autant d’obstacles pour valoriser et honorer le Soi/Infini dans sa vie. Par le biais des enseignements de Sat Santokh Singh, de ses histoires et de sa présence, d’exercices de Kundalini Yoga et de petits groupes de pratique de conscience, les participants sont préparés à s’abandonner à des expériences intérieures intenses. Ils sont aussi invités à intégrer leur expérience et à aller plus loin, au travers d’une pratique a posteriori. Les Voyages eux-mêmes prennent place dans des états de conscience élargis, rendus possibles par l’accompagnement des participants et le développement d’une attitude dévotionnelle, dans la Grâce de Guru Ram Das. Chacun entre en contact direct avec ses propres blessures et est guidé par le facilitateur pour réintégrer la partie de lui qui a manqué de reconnaissance et d’amour.

Question: Yogi Bhajan disait parfois qu’il méditait et reprochait à Dieu le fardeau de souffrance de l’être humain. Tu mentionnes aussi être souvent passé par cette expérience, notamment en relation à l’histoire de ta lignée juive. Comment la pratique de Kundalini Yoga – et en particulier, son aspect dévotionnel (bhakti) – t’a-t-elle aidé à
accéder à l’acceptation complète et à la paix intérieure profonde ?

Je dois d’abord être clair : Je n’ai pas d’ « acceptation complète » ou d’abandon complet, il s’agit plutôt d’un travail en cours. Pendant de nombreuses années, j’ai été bien en colère contre le Divin pour toute la souffrance humaine sur la planète, à commencer par ma conscience de l’Holocauste Juif quand j’avais six ans (1945). J’en suis venu à comprendre que ma colère envers Dieu était un obstacle substantiel aux gains d’une pratique dévotionnelle de bhakti yoga. Je n’étais pas capable de lâcher la colère jusqu’à ce que je puisse lâcher la peur sur laquelle elle était fondée. Une fois que j’ai été clair sur le besoin de lâcher cette peur, qui pouvait être résumée comme la peur que la joie, la paix et le contentement ne soient pas possibles, j’ai été capable d’être guidé dans un voyage guérisseur « Guérir les Blessures de la Vie – la Valeur de Soi », par certains de mes élèves qui ont été formés pour guider ce processus. Je dois ajouter que j’ai, comme partie de ma pratique quotidienne, chanté 11 minutes par jour pour Guru Ram Das, que Yogi Bhajan nous (ses élèves) présentait comme notre lien à l’infini (« Chaîne dorée »). C’est cette prière qui m’a donné accès au travail guérisseur, en me montrant comment être un véhicule pour le flot de l’énergie divine de guérison. Une fois écartée la peur basée sur la colère envers le Divin, j’ai été capable de passer de plus en plus de temps en sa
présence, autant dans son aspect ‘sans forme’ que dans certaines de ses formes, comme Guru Ram Das et la Mère divine. La pratique quotidienne de la sadhana m’a donné un endroit pour me connecter à l’infini et voir ma vie depuis cette perspective élevée, puis m’a rendu capable de comprendre ce qui avait une valeur durable et ce qui était transitoire et sans substance.
Question: Les voyages que tu aides à faire advenir entraînent des mutations profondes dans les êtres qui les réalisent. Dans quelle mesure cela change-t-il leurs vies et, en conséquence, nos sociétés qui ont généré ou cultivé leurs souffrances? Par exemple, toi et/ou tes étudiants poursuivez-vous l’édification de projets communautaires pour
proposer de nouveaux exemples de vivre ensemble dans le futur ?

Oui, nous souhaitons établir un centre de formation résidentiel avec un programme d’un an, peut-être deux, que je vois maintenant comme une « Formation de l’Être Total ».
SOIGNER SES BLESSURES : c’est par là qu’il faut commencer pour être efficace dans ce que nous souhaitons accomplir dans le monde et dans nos vies. Pour réussir, on doit être capable de s’en donner la permission, ce qui requiert de changer les histoires qui nous disent, dans nos subconscients, que ‘nous ne le méritons pas’, que ‘nous ne sommes pas assez bien’, ‘avons besoin de nous le prouver’, etc. Il est utile, quand on travaille avec d’autres personnes, de ne pas avoir besoin d’être meilleur qu’elles, et d’être capable d’accepter le conseil et la critique sur notre travail sans que cela n’atteigne notre valeur essentielle.

APPRENDRE À AIDER LES AUTRES À SOIGNER LEURS BLESSURES :
– Dans mon expérience, demeurer en présence des autres dans l’espace de guérison ‘Valeur de Soi’ a ouvert mon coeur et m’a permis de voir l’innocence essentielle de simplement être humain, de réaliser que quelque soit le comportement erratique que la personne manifeste, cela prend racine dans la manière dont elle était traitée comme enfant. Et ce savoir n’est pas le demi-savoir intellectuel, mais un savoir de l’être complet, basé sur l’esprit et le coeur.
– Il existe également un aspect critique de la construction d’équipe, bien qu’encore méconnu dans le monde. J’ai longtemps été très attentif à la dynamique de construction d’équipe et de communauté, et j’ai vu que même dans les communautés les plus conscientes et aimantes, il y a toujours un jeu subtil autour du statut, de l’estime de soi, et du pouvoir. Mais, quand on tient l’espace de guérison ‘Valeur de Soi’ pour un autre
être humain, on devient inévitablement un avocat de son bien-être. Quand tous les joueurs de l’équipe tiennent l’espace de guérison pour un autre, un niveau complètement neuf de travail en équipe et en communauté devient possible.
– En marge de ceux d’entre nous dont les vies sont relativement fonctionnelles, il y a des millions de personnes autour du globe qui, dans la pauvreté, en prison, ou dans la prostitution, en sont arrivés à croire (dans leur subconscient) que c’est le lot de leur vie. Même s’ils aspirent peut-être à une vie plus gracieuse, ils sont pourtant bien souvent enchaînés à leurs messages intérieurs qui disent qu’ils ne sont ‘pas bien’, ‘inutiles’, ‘que rien ne marchera jamais’, etc. Certaines agences essaient de secourir ceux qui ont été vendus comme esclaves ou prostitués quand ils étaient enfants ; elles viennent en
aide à de nombreux types de réfugiés, aux enfants forcés à être soldats dans les zones de guerre ; mais comme n’importe qui qui aurait été traité si cruellement, ces personnes sont soit profondément en colère, soit plutôt écrasés au niveau de leur valeur essentielle ; eux tous auront besoin de soigner leurs blessures. Les aider à transformer leur tragédie en opportunité peut faire partie de notre action et leur permettre, si c’est leur souhait, de prendre en main leur pouvoir et devenir des guerriers paisibles qui se dédient à faire cesser de tels traitements envers les enfants, partout où ils se manifestent. (Réponse extraite, à sa demande, du livre que Sat Santokh Singh est en train d’achever)