Sorcières ou Femmes de connaissance ?

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Sorcières ou Femmes de connaissance ? La Sagesse spirituelle à l’arrière de la Magie de la Vie…

Toutes les traditions mettent en gardent contre l’égarement dans les super pouvoirs et la nécessité de se recueillir dans des valeurs spirituelles pour manipuler avec justesse les forces de la Création… Quels sont les grands piliers de Sagesse qui permettent d’accéder à la Puissance créatrice primordiale, tout en restant équilibrées et protégées ? La voie de la Médecine holistique est un engagement de l’être tout entier qui fait de nous des Guerrières de la Vie, activant la Magie des univers par l’intensité de notre Dévotion au divin…

 

Le temps des sorcières brûlées est-il vraiment terminé ?

Il y a quelques décennies, mon ami Biraci Yaanawa chef d’une communauté native d’Amazonie brésilienne, se retrouvait au milieu de ses mère, tantes et grands-mères absorbées par la lecture de la Bible offerte par les évangélistes de passage. Il a eu un sursaut : « Lâchez ce livre ! Dansons comme avant ! » Et il s’est entendu dire « Non, Fils, nos coutumes sont du Diable… » Aujourd’hui la communauté Yawanawa a opéré une résilience surprenante face aux forces extérieures l’ayant confrontée. Les femmes ont recommencé à chanter dans leur langue et beaucoup des rituels diabolisés ont été repris. Mais leur médecine traditionnelle, basée sur l’usage de plantes dont certaines sont interdites en France, est encore incomprise et souvent rejetée par nos sociétés.

Quand nos sociétés rejettent la médecine amazonienne en la considérant sans fondement, hallucinatoire et dangereuse pour l’équilibre psychique, elles rejettent en même temps les mystères les plus anciens des Peuples Premiers qui leur ont permis de vivre en harmonie avec les règnes et d’épanouir leur intelligence propre pendant des millénaires. Elles rejettent aussi une manière d’être intuitive, proche de l’essence de la vie et de ses canaux – tels le monde végétal vibrant, une manière profondément féminine de s’abandonner à la perfection de la matière sacrée. Ainsi chez nous, l’accouchement médicalisé a pris le dessus et dépossédé la femme de son pouvoir naturel à enfanter, aux risques de complications finalement plus nombreuses que dans des sociétés révérant spontanément le mystère de la vie et l’intelligence naturelle de ses chemins (voir notamment Ina May Gasquin).

 

Il y a pourtant une vraie science à l’arrière de certaines pratiques holistiques ancestrales qui collaborent avec la magie de la vie.

La médecine végétaliste (amazonienne) s’appuie sur un corpus complexe de plantes, pratiques alimentaires et rituelles associées, chants, véhicules graphiques et vibratoires, systèmes totémiques et archétypaux faisant danser les mondes intérieurs de la psyché, enseignements et valeurs fondamentales tissant le lien à la Vie… (voir notamment Jacques Mabit). L’image classique de la sorcière sur son balai fait référence elle aussi à une connaissance plus approfondie qu’on ne l’aurait imaginé : certaines plantes psychoactives comme la Datura, permettant de traverser les mondes psychiques et spirituels en « volant », ont été appliquées par des femmes de connaissance sur la muqueuse de leur vagin grâce à un instrument semblable à un manche à balai…

Si nous reprenons l’analogie avec le rapport à l’accouchement que nous entretenons dans nos sociétés, nous pouvons comprendre en quoi la science à l’arrière des pratiques holistiques ancestrales peut paraître un mirage. En effet, une femme de nos sociétés n’ayant cultivé aucun rapport à l’intelligence de son corps et de la nature et décidant brutalement d’accoucher seule dans la nature, pourrait bien échouer à se reconnecter à son identité de femme sauvage. Elle ne saura certainement pas retrouvé le chemin des positions, du souffle, des sons… favorisant une naissance harmonieuse. Alors, pourra-t-on se dire, cette sagesse intuitive et spontanée existe-t-elle vraiment ou bien n’est-elle qu’un fantasme ? Il faut comprendre que les habitudes et les traumas d’une vie (et de nombreuses vies passées personnelles et collectives) s’impriment en tensions et mémoires dans le corps humain, lequel est alors coupé de sa puissance originelle. Dans ce contexte, retrouver le lien à la Vie et à son intelligence est bien une affaire de connaissance.

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Certes le mauvais usage de la connaissance spirituelle existe aussi. 

Sexe, Argent et Pouvoir sont les principaux pièges qui se trouvent sur le chemin de la connaissance (Yogi bhajan). Les néophytes sont souvent étonnés et découragés de voir certains enseignants spirituels tombés dans ces travers humains : « Alors dans le monde spirituel aussi, il y a des histoires de corruption, d’abus sexuel et d’égos ? Ha quoi bon s’y aventurer ?! » Et c’est que ces histoires peuvent être même plus dangereuses qu’ailleurs !

Combien d’enseignants de yoga ou de méditation au charisme international ont-ils déçu leurs disciples avec des histoires discréditant leur accomplissement ? Combien de disciples ont alors perdu le sens de leur vie, en perdant l’un des principaux référentiels qui leur permettait de se mouvoir hors de leurs conditionnements passés sans savoir encore vers quelle autre identité se rattacher ?

Mère (Mira Alfassa) mentionne les forces asuriques (diaboliques) de l’univers pouvant se cacher à l’arrière de personnalités détentrices de grande connaissance. Ces forces sont d’une puissance à ne pas sous-estimer et peuvent créer, sous couvert de lumière et de connaissance, de forts emprisonnement et tromperies.

Le mauvais usage de la connaissance n’est d’ailleurs même pas toujours camouflé. Chez les tribus amazoniennes, il n’est pas rare de voir des apprentis sorciers utiliser les plantes de pouvoir pour s’affronter entre eux et se prouver qui est le plus fort. C’est ainsi que les Yawanawa ont arrêté d’utiliser la Datura pour éviter de voir des membres de leur peuple en perdre la vie. Ils ont aussi suspendu le rituel initiatique qui consistait à tuer une personne à distance pour prouver qu’on était capable de le faire…

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Si la folie spirituelle nous guette de si près sur le chemin, c’est que la maturation spirituelle est un renversement progressif de tous nos référentiels ordinaires de conscience.

Pour retourner à la Source, là où il n’y a pas de règles, de formes, de limites, les enseignements nous remettent en question de fond en comble. Tous nos masques doivent tomber ; les moins évidents qui nous trompent nous-mêmes doivent être mis en lumière par des expériences qui nous confrontent, nous forçant à regarder dans les profondeurs de nos dysfonctionnements. Les pièges sont donc en fait des tremplins destinés à précipiter nos retrouvailles avec nous-mêmes : ils font partie du cheminement initiatique

Yogi Bhajan annonçait le passage délicat de la métamorphose ainsi : « Lorsque vous ne saurez plus qui a raison ou tort, vous serez proches du but ». En effet, les moindres résidus de systèmes de croyances et de référentiels conditionnés devant être dissous, dépassés, il s’agit – à un moment ultime – de pénétrer un chaos absolu… Alors les structures les plus essentielles et inébranlables du Soi pourront être révélées, des structures soutenant une vie intérieure radicalement nouvelle, pleinement reliée à la lumière, à l’amour et à l’éternité de l’Unité.

Lorsque l’on passe par ces expériences de confrontation, c’est comme passer les portes de la trance chamanique : on laisse nos habits anciens derrière nous et on part pour un voyage vers l’Inconnu où l’on peut explorer les différents points de vue de la Création. Le risque est de ne pas revenir du voyage. Le risque des passages initiatiques est que notre psyché soit tant déstructurée par la confrontation que nous ne puissions retrouver une cohésion de nous-mêmes.

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Comment trouver l’équilibre sur la voie ?

Les vrais enseignants prennent garde à ne pas renverser nos structures trop rapidement. Babaji propose un système de Yoga très progressif et diffus pour une transformation pourtant radicale. Son enseignement demande de ne pas créer de divorces dans nos vies.

Dans le yoga comme dans la voie chamanique amazonienne, on renforce le système nerveux pour prépare l’être à accueillir la force phénoménale de sa puissance créatrice (Kundalini). Les valeurs comme le courage et la détermination découlent d’une force de concentration et d’un système physique sain et stable. Le travail avec les plantes maîtresses amazoniennes est traditionnellement accompagné d’un mode de vie ascétique qui permet d’apporter aux expériences d’ouverture de conscience beaucoup de sérieux et de responsabilisation.

Egalement, les traditions offrent un maillage de relations qui permettent aux initiés de se sentir reliés quand ils traversent les étapes les plus éprouvantes de leurs vies. Les communautés natives privilégient le Cercle, entre humains et avec tous les règnes (le Cercle avec les Règnes et les esprits de l’Invisible se construit notamment par la Gratitude et la Reconnaissance profonde). Les traditions orientales pratiquent le Cercle dans la vie de la Sangat, la communauté des chercheurs de vérité, où nous trouvons une écoute authentique et un soutien spirituel concret (l’unification de la Sangat se fait par le lien à une lignée et à un héritage spirituels, la communauté d’une voie ou dharma ; on peut se sentir relié à la Sangat avant de comprendre son lien central aux enseignements).

Enfin, face à la mort qui est l’étape initiatique finale sur la Voie de la Connaissance et de la Réalisation, il est demandé un engagement total et une dévotion sans limite… On retrouve le rôle et l’impact central de la mort dans de nombreux enseignements spirituels. Dans le Manuscrit de Magdalen (Tom Kenyon et Judi Sion), l’initiée révèle comment Yeshuah n’avait pas encore finalisé sa transformation avant de mourir sur sa croix : Yeshuah oscillait entre deux états de conscience, celui d’unité avec le Divin (« moi et le Père sommes Un ») et celui de non-existence vis-à-vis du divin (« sans le Père je ne suis rien »). La relation d’amour tantrique de Yeshuah à Magdalen aurait eu comme but principal de préparer (« charger ») Yeshuah pour son dernier chapitre initiatique. Yogananda rapporte l’histoire de Babaji suggérant à l’un de ses disciples de se jeter d’une falaise ; il le ressuscitera ensuite et pourra alors avoir gage de sa dévotion pour l’accepter comme disciple. « Il se leva (…) demandant la tête d’un jeune courageux. Beaucoup s’enfuirent et se cachèrent alors, Mais pour ceux qui lui donnèrent leur vie, Leurs âmes furent glorifiées (…) Car mourir pour la vérité c’est vivre pour toujours » résume le chant de Yogi Bhajan, pour inspirer l’incandescence de la volonté unifiée dans le cœur de ses élèves…

Plus notre abandon pour servir la Vie est authentique et profond et plus nous pouvons être alignées avec la descente de l’esprit guérisseur dans la matière, ses miracles et toutes les magies sacrées des univers.

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Solen Amenarah Mukhande Kaur