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Pensée des Peuples Premiers

Pensée des Peuples Premiers

 

Aujourd’hui, les Peuples peuvent porter un regard unique sur notre passage planétaire. Sommes-nous à leur écoute ? « Pour collaborer avec la médecine occidentale, il faudrait que celle-ci accepte d’abord de nous reconnaître entièrement pour ce que nous sommes. Nous n’avons pas encore trouvé de terrain d’entente. » (Tashka Yawanawa)

On peut considérer les Peuples Premiers comme des populations soudées par une identité spirituelle dominante, à caractère ancestrale, intégrant un rapport particulièrement équilibré à leur environnement.

C’est bien l’identité spirituelle, plus que l’identité génétique, qui définit en premier lieu, leur appartenance à un même tronc (Benki Ashaninka). Cette identité spirituelle repose sur une vision du monde, un langage, un ensemble de connaissances, de savoir-faire, manières de vivre…

 

Les systèmes de connaissances ancestrales ne sont pas figés : face à de nouveaux paysages relationnels, économiques, technologiques… les Peuples s’ouvrent, écoutent, recherchent et cultivent continuellement leur voie d’équilibre évolutif, comme ils le font depuis la nuit des temps face à un monde de cycles et de mouvements. Leurs structures internes, sociales, philosophiques, architecturales… sont souvent particulièrement résilientes.

Pourquoi cette souplesse ? Comment cette stabilité malléable ? Le prisme de la Pensée Première abrite pleinement l’Inconnu, comme partie de la Totalité de ce qui Est. Les Peuples maintiennent notamment un lien évident et valorisant à la Mort. Dans leur posture d’appartenance à une planète plus grande et mystérieuse qu’eux-mêmes (« L’homme appartient à la Terre et non l’inverse »), ils contiennent la possibilité de ce qu’ils ne savent pas. Au cœur même de leur champ/chant identitaire interrogeant le sens de leur existence, Ils ont pleinement apprivoisé l’ascendance de forces irrésistibles de repositionnement.

 

Les Peuples Premiers vivent selon des Lois qu’ils considèrent universelles, en ce qu’elles sont protectrices et valorisantes du Vivant. Ces Lois nous parlent principalement d’interdépendance subtile et de gratitude authentique (Aluna). Ces Lois sous-tendent une intelligence organisationnelle se manifestant sous des formes, effectivement, d’apparence universelle, puisque transversales à beaucoup de Peuples Premiers. Par exemple :

– le Cercle de réflexion (bâton de parole),

– les rites initiatiques (purification et affirmation de soi),

– la place accordée aux gardiens des connaissances – anciens, chamanes, prophètes, visionnaires, mystiques…

 

Avant de chercher à intégrer, peut-être, certaines de ces formes organisationnelles dans nos sociétés, demandons-nous comment toucher l’essence des Lois qui les sous-tendent. La contemplation profonde et la méditation ouvriront certainement une brèche pour approcher la Pensée Première.

 

Solen Mukhande Penchèvre

6.5.21