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La construction du Yoga de « Y Bhajan »

De Maharaj à Mahân Tantrique:
La construction du Kundalini Yoga de Yogi Bhajan

Philippe Deslippe
Université de Californie, Santa Barbara pdeslippe@umail.ucsb.edu

Publié à l’origine dans:
Sikh Formations (Volume 08: Numéro 03, décembre 2012, pages 369-387) dans le cadre d’un numéro spécial intitulé The 3HO Sikh Community.

Traduction:

Sophie Marie L.

Résumé:

Cet article détaille les influences et la construction du Kundalini Yoga tel qu’introduit, enseigné et propagé en Occident par Yogi Bhajan (1929-2004), en plongeant dans l’histoire oubliée des premières années de la pratique à travers des sources jusque-là négligées telles que documentées dans de rares textes anciens et entretiens avec les premiers étudiants et associés. Contrairement à l’histoire officielle du Kundalini Yoga qui le revendique comme une tradition ancienne et secrète antérieure à l’enseignement ouvert de Yogi Bhajan, cet article soutient qu’il s’agissait d’un bricolage [en français dans le texte] créé par Yogi Bhajan lui-même et dérivé de deux personnages principaux: un professeur de hatha yoga nommé Swami Dhirendra Brahmachari (1924-1994) et le sant sikh Maharaj Virsa Singh (1934-2007). Le but de cet article est de fournir des preuves claires de ce qu’est le Kundalini Yoga de Yogi Bhajan et de ce qu’il comprend, de mettre en avant le contexte historique et culturel dans lequel il a été développé et présenté par Yogi Bhajan, et finalement d’offrir des conclusions possibles qui pourraient être tirées de cette interprétation révisée.

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Les Yawanawa face au Covid, août 2020

S’immerger d’avantage dans l’univers des Peuples d’Amazonie et découvrir l’appel de moines bouddhistes à les soutenir: https://www.youtube.com/watch?v=zSSCOPAATu0

Les Yawanawa face au Covid… Echanges inspirants avec le chef Yawanawa, 28 aout 2020

« Bonjour Solen. Bonsoir. Je sais qu’il est déjà tard en France.

Nous, comme tu le sais, sommes dans un moment très délicat au Brésil. On a un gouvernement anti-indigène, qui a inspiré la violence envers les peuples indigènes, de nombreux assassinats au Brésil de leaders indigènes, pour prendre les territoires, de nombreuses invasions de garimpeiros (chercheurs clandestins d’or), de bûcherons dans les aires indigènes… des fazendeiros envahissant les terres et tuant les personnes pour donner continuité à leurs fermes. On a un gouvernement complètement anti-indigène au Brésil. J’ai 56 ans, je n’ai jamais vu un gouvernement autant contre les peuples indigènes. Le gouvernement de la dictature n’avait pas massacré autant d’indiens que ce gouvernement. Cela ne suffit pas qu’il y ait ce moment de problèmes politiques, il y a aussi cette pandémie du Coronavirus. On a perdu et on continue de perdre, par cette pandémie, de nombreux leaders qui ont formé le mouvement indigène.

Nous, les Yawanawa, avons mis une grande attention pour ne pas être contaminés. Mais ce virus est entré sur notre terre indigène et a contaminé de nombreuses personnes. On a perdu une personne importante, mon oncle, le fils du grand-père Antonio Luiz qui avait réalisé le « contact », mon oncle Xico, mais cela a été dû à un manque d’attention de notre part. Nous sommes aujourd’hui huit villages sur la terre indigène. La famille a eu très peur, n’a pas eu le courage d’assumer et de prendre soin. Nous nous sommes reconnectés à notre énergie avec nos médecines. Nous, sans informatique, sans avoir lu sur les périodes d’incubation, sans aucun remède, avons soigné tout notre peuple avec notre médecine. Je crois que 60 à 80% des Yawanawa ont été contaminés. J’ai été contaminé. J’ai été infecté par ce virus. Mais notre spiritualité et notre médecine ont tenu la barre fermement, sortant notre peuple d’un possible effondrement qui aurait pu signifier l’extermination tel que cela est arrivé par le passé. On a repris nos médecines. On a eu très peur. Mais maintenant on a beaucoup de courage.

Mais on ne reçoit plus de personnes de l’extérieur. Les personnes nous aidaient à acheter de l’essence, du matériel pour travailler, des munitions, tout ce que nous utilisons du monde occidental, au travers des retraites et des festivals qui touchaient leurs vies. C’était notre rémunération et cela s’est arrêté. Aujourd’hui nous n’avons plus de rémunération et jusqu’à la fin de cette année nous n’allons plus recevoir personne. Nous ne sortons pas non plus pour travailler. Nous avons donc une certaine difficulté. Nous avons de la nourriture. Nous avons beaucoup de bananes, de manioc, de maïs. Mais il nous manque certaines choses. Nous maintenons l’isolement car de nombreuses personnes n’ont pas été contaminées. On passe cette période comme nous le pouvons. Je suis content que tu fasses ce contact avec moi et que tu me rapportes que certaines personnes souhaitent aider. J’espère que réellement elles peuvent nous aider et que nous puissions leur rendre un jour avec respect et tendresse dans notre forêt.

(…)

Au début quand notre peuple a fait le contact avec l’homme blanc, nous ne connaissions pas cette maladie de la grippe, de la toux et les autres. Ensuite est venue la tuberculose puis l’hépatite. Le cancer plus récemment. La grippe a tué de nombreux peuples amérindiens. Notre peuple a développé de nombreuses études pour traiter notre famille. Les gens connaissent déjà cette maladie, ses esprits.

Par exemple, quand la pandémie est arrivée, j’ai fait une pratique de prière pour plus de 140 enfants. Nos enfants se lèvent et se couchent ensemble, côte à côte. Aucun de nos enfants n’a été malade. Les vieux, anciens, qui sont considérés comme personnes à risque, on leur a aussi soufflé nos prières. Le seul ancien que nous avons perdu est celui de ce premier village où la prière n’avait été faite, car le village était éloigné du nôtre.

Aujourd’hui, c’est moi et Matsini qui travaillons à la prière de guérison pour le peuple Yawanawa, personne d’autre… Cela a véritablement permis de sauver notre peuple, avec nos médecines ancestrales. Nous avons des inhalations pour le nez bouché, pour le mal de tête, la fièvre, l’épilepsie… cette maladie est spirituelle, pour la plus grande partie. Mais les médecins ont dû lui donner un nom, la science a dû lui donner un nom…

(…)

En vérité, Solen, à ceux qui pensent nous aider : nous aimerions faire des plantations médicinales de notre connaissance, de plantes qui se perdent et qui nous ont sauvé de cette pandémie. Si nous avions dépendu des remèdes industriels, notre peuple se serait éteint. Mais grâce à Dieu, nous avons nos connaissances. Je voudrais faire un jardin médicinal, une agro-forêt et des plantations, pour prévenir d’autres pandémies et d’autres moments de difficultés à venir. Je veux une donation pour acheter des équipements et faire de grands espaces dédiés à nos médecines. »

S’immerger d’avantage dans l’univers des Peuples d’Amazonie et découvrir l’appel de moines bouddhistes à les soutenir: https://www.youtube.com/watch?v=zSSCOPAATu0

Tabac Plante sacrée

L’empoisonnement des plantes… Cosmovision Ashaninka

La cosmovision du peuple Ashaninka (Brésil, Pérou) envisage le Mal sous la forme d’un esprit n’acceptant pas sa filiation au Grand Esprit (Conscience Suprême). Cette entité colérique empoisonne les plantes et, par conséquent, les peuples et ce qui pouvait les soigner.

Aujourd’hui, le tabac est effectivement une plante « empoisonnée » par :

  • des engrais toxiques – pour lui donner un certain goût ;
  • un stress oxydant latent modifiant sa composition ;
  • des produits radioactifs présents lors de sa croissance ;
  • des additifs, sucres, humidifiant, ammoniac – pour faciliter son absorption et augmenter l’addiction à son égard ;
  • l’ajout de filtre et papier toxiques au moment de la consommation…

Une partie des pratiques cérémonielles traditionnelles avec le tabac consiste à exprimer respect et gratitude à cette plante et au règne du Vivant, afin d’honorer nos liens.

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Heureuse arrivée du tabac en Europe

C’est Jean Nicot qui démocratise l’usage du tabac en France, en en prescrivant au fils de Catherine de Médicis souffrant de maux de tête. Cet acte a donné au tabac les appellations Nicotiana ou herbe à Nicot.

Le tabac commence à être utilisé pour répondre à différents symptômes :

  • toux, sinusites, bronchites, maux de têtes,
  • parasites intestinaux,
  • goutte,
  • tétanos,
  • addictions, folie,
  • calmer les douleurs, la faim, la fatigue,
  • clarifier les idées,
  • s’ancrer, dans le cas de la médiumnité (Helena Blavatski)…

Autres applications traditionnelles

Le tabac est utilisé dans les parcours initiatiques traditionnels de développement personnel, à des fins de concentration, de prière, de communication avec le monde invisible, de renforcement spirituel et d’exorcisme.

Il peut être utilisé à des fins sociales : lors du rituel du calumet de la paix, la pipe est passée successivement aux membres de la communauté qui expriment à voix haute des paroles bien intentionnées. Ainsi s’établit un élan de réconciliation et de coopération.

Le tabac est utilisé par les familles pour des usages quotidiens tels que : anti-moustique, ou dans les plantations pour éloigner le cobra.

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La place du tabac chez les Premières Nations

Le tabac est une plante véritablement centrale pour la construction de l’identité ancestrale… comme en témoigne l’histoire de Femme Bison Blanche.

Dans la cosmovision nord-amérindienne Sioux-Lakota, ce personnage mythique apporte les éléments fondateurs des pratiques des Peuples, dont la pipe sacrée bourrée de tabac traditionnel. Cette plante sous-tend l’architecture de 7 rituels initiatiques, un appel général à l’art de vivre harmonieux et l’horizon d’une transformation radicale de l’espèce humaine – qui pourrait alors se mélanger pour toujours aux êtres de dimension céleste.

Quand (Femme Bison) eut bouclé le cercle, elle leva la Pipe bien haut vers le ciel, pour prier et instruire le peuple: ‘Je suis vos cœurs. Nous ne formons qu’un, un peuple, un esprit. Nous sommes la nation du bison.’

Puis elle chanta: ‘Je vous donne cette Terre,
vous y marcherez d’un pas sacré.
Vous marcherez, en parfait équilibre avec notre Grand-mère la Terre.
Je vous donne cette Pipe sacrée.
Avec elle vous prierez
pour tout ce qui vit – les créatures qui marchent, volent, nagent et rampent.

S’adressant au peuple, elle ajouta: ‘Un jour, je reviendrai, et ce sera pour toujours. Alors commencera une nouvelle vie, et une nouvelle intelligence.’ Prophétie Sioux-Lakota

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Chemin d’Intériorité

L’initiatrice donne la mort… Cosmogonie nord-amérindienne

De manière tout à fait symbolique et prophétique, dans le mythe de Femme Bison Blanche, celle-ci donne d’abord la mort au premier chasseur qui s’approche d’elle avec des intentions impures de convoitise et de plaisir des sens. Le tabac est un ‘farmakon’ dans le sens étymologique grec du terme : un remède ou bien un poison selon l’usage qu’on en fait.

Au niveau gnostique, le tabac véhicule une expérience d’apprentissage par la rencontre avec la dualité : celle du pouvoir de la plante et celle qui siège en nous-mêmes. On retrouve ici la perspective de la connaissance par l’ingestion d’Eve et Adam du ‘fruit interdit’. La connaissance spirituelle nous invite à renverser la tendance du désir personnel. La voie traditionnelle du tabac peut soigner notre soif de satisfaction extérieure, en nous ramenant sur le chemin de l’intériorité et du Soi.

Nous sommes les enfants du tabac et de la coca. Elles nous ont été données par le créateur, pour que nous cherchions par nous-mêmes la sagesse. Peuple Murui

Huttes à Sudation

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La Hutte

La Sudation de la Hutte des Ancêtres nous met sous haute pression alchimique pour nous pousser vers les tréfonds de ce à quoi l’on aspire… et nous faire découvrir de puissants ressorts intérieurs par lesquels atteindre notre but… Il s’agit d’un processus de purification et de renforcement de toutes les dimensions de l’être : détoxination physiologique, relâches émotionnelles, élévation mentale et spirituelle…

Association Yogash – Pourquoi nous proposons des Huttes à Sudation

Les corps et le mental dans nos sociétés peuvent être très fragiles. Nos corps sont chargés de stress, de métaux lourds et de produits de synthèse… Nous avons beaucoup moins de cohésion identitaire que dans les sociétés tribales. Les chamanes des Traditions découvrent avec nous de nouvelles équations d’harmonisation à résoudre. Dans nos sociétés, la Hutte peut préparer aux expériences de transe chamanique plus profonde de la Voie des Peuples, en ouvrant à la compréhension philosophique du rituel, à la place responsable et co-créative du participant dans la spirale de guérison, ainsi qu’en préparant les corps à une fréquence élevée de réunification.

Buffalo WomanRoue de Médecine

La Roue de Médecine est un système d’alliance de forces totémiques propres à chaque identité autochtone et à son univers cosmogonique, spirituel et vibratoire. La Roue de Médecine, aussi subtile soit-elle, est absolument déterminante dans la pratique de la Médecine et des Rites de Passage traditionnels. C’est elle qui fait de la hutte une médecine avancée, méconnue et insaisissable par les néophytes. Car ce que nos sociétés considèrent comme des symboles sont, pour la voie amérindienne, des portails totémiques chargés d’une vibration lointaine, que l’on n’apprivoise pas sans faire ses preuves. La charge vibratoire peut provenir de l’énergie psychique générée par des lignées de transmission nombreuses, de la vie même d’entités, telles les intelligences de la nature, les esprits des ancêtres, ou encore de rayons de consciences célestes… La Peuples considèrent, respectent et prennent support sur « un réseau mutuellement valorisant d’entités physiques et spirituelles interconnectées, qui est maintenu de manière pérenne et qui relie le passé ancestral au futur distant » (Déclaration de Redstone).

Guidance chamanique

La hutte nous fait rentrer dans un ventre obscur pour suer et renaître. La sudation physique est la partie visible d’une mue mise à l’œuvre au niveau psycho-énergétique et holistique de l’être. Les charges, résistances, ombres de l’inconscient transpersonnel, mémoires engrammées au niveau cellulaire, sont interrogées et confrontées par l’espace de guérison et de pacification.

Les maîtres de cérémonies, par le silence intérieur et l’état de conscience élargi, se mettent à l’écoute des esprits et de ce qui se joue dans l’invisible. Ils décryptent les patterns/structures psychiques qui se manifestent progressivement. Ils acquièrent une perception avancée des problématiques individuelles et collectives à résoudre dans l’assemblée réunie. Ils peuvent influer sur la dynamique de la Cérémonie. Ils doivent « contenir l’Espace » – en terme de vibration et de fréquence.

Dans leurs rôles délicats de doulas cosmiques, ils se mettent au service d’un processus d’accouchement qu’ils doivent protéger et favoriser, tout en veillant constamment à leur non ingérence personnelle. Ils doivent s’en remettre à la volonté des âmes et à l’équanimité de la Conscience. Lorsqu’ils y sont invités, ils permettent la précipitation des processus, les rendant plus confortables et intensifiant leur impact morphogénétique. En ayant prise sur l’énergie psychique, ils peuvent inviter les archétypes de la personnalité humaine à une danse de la réconciliation, retissant leurs liens dans le champ unifié de la Conscience.

Vos guides

Le livre Entreprendre au Féminin

Livre à paraître sous la tutelle de Morgane Février

Interview Solen Penchèvre, novembre 2019 – extraits

QUI EST TA CIBLE CLIENT :

J’accompagne des personnes aux profils très variés, dans des contextes également diverses, allant des séances individuelles de soin holistique dans un cabinet parisien, à des immersions de plusieurs jours en nature, en passant par des conférences/ateliers/évènements grand public sur des festivals dédiés à la résilience planétaire… Les personnes qui me suivent dans la durée sont engagées dans une refonte de leurs perspectives et chemins de vie… Il y a beaucoup de femmes actives qui cherchent à résoudre les paradoxes d’une vie professionnelle créative battant son plein et d’un appel aspirant à une transformation plus complète de style et de système de vie, de rythme, d’intériorité et de conscience. Il y a des jeunes personnes qui s’interrogent sur notre avenir avec une intense sincérité. Il y a parfois des personnes très abîmées physiologiquement ou mentalement qui ont besoin d’accéder à un plus grand sens de ce qui leur arrive. De mon point de vue, chaque âme est unique et toutes ont une sensibilité à la pression actuelle de notre transition humaine et planétaire. Au fond, les âmes qui viennent à moi sont celles qui s’ouvrent à une autre manière de se positionner énergétiquement dans le champs quantique.

POURQUOI ET COMMENT ES-TU DEVENUE UNE ENTREPRENEURE ?

C’est d’abord la grande école qui m’a menée vers des projets d’entreprise. Et j’ai fait cette école car la classe prépa semblait la voie royale pour ma famille emprunte des cadres de l’Education Nationale. J’étais bien consentente car je me suis dit que si je voulais changer le monde qui me semblait, quand j’avais 18 ans, triste et injuste, il me fallait pénétrer le système en force et le changer de l’intérieur…

Mais en fait, cela n’a pas du tout été simple de le pénétrer en restant moi-même tout en réussissant à me faire comprendre ! J’avais l’impression d’être très étrange, de ne jamais être à ma place, ne pas me faire comprendre être maladroite, ne pas savoir comment valoriser mes propositions… Evidemment, je ne me voyais pas rejoindre un grand groupe et j’ai donc monté un premier projet d’enseignement du yoga en entreprise… La RSE en était encore à ses débuts et ça n’a pas vraiment décoller. A l’inverse de ce que j’avais pu imaginer dans le cadre de mon projet d’entreprise développé à l’école, j’ai surtout beaucoup appris moi-même à enseigner, à développer le cœur de mon métier, plutôt qu’à gérer une stratégie commerciale, des clients, une équipe, un business…

Après quelques années, j’ai résolu de passer en profession libérale, tout en initiant une structure de micro-entreprise. Cela m’a énormément soulagée de fermer mon EURL, d’avoir moins de pression administrative et financière et de miser sur ma vraie valeur. J’ai de plus en plus d’opportunités d’enseigner et d’accompagner les personnes en individuels, et plus d’agilité, car plus de disponibilité, de rythme et d’harmonie intérieurs, pour gérer la logistique de mes enseignements et soins (m’occuper des lieux, de la promotion, de la compta…).

QUELS SONT OU ONT ETE TES FREINS ET TES PEURS ?

Il y a eu beaucoup d’oscillations entre la passion et le découragement. A côté du projet d’enseignement de yoga, j’avais aussi celui d’accompagner les communautés natives d’Amazonie et les Peuples Racines en général à défendre leurs droits – pour faire le lien entre écologie intérieure et écologie extérieure. Je me souviens de nuits blanches passer à rédiger des projets ou bien de semaines durant où la pression d’organiser des évènements en leur faveur montait en pic. Comme une bande d’amis missionnaires (… adolescents !) nous nous donnions beaucoup et célébrions avec gratitude les petites avancées accomplies ensemble, en joignant nos visions. Mais c’était sans nous soucier beaucoup de notre équilibre personnel. Rythmés par une quête d’accomplissement extérieur, nous passions par des états d’épuisement et omettions d’honorer certains aspects de nos vies personnelles, ce qui renforçait l’idée que notre cause, et nous avec, étions désespérement menacés.

Mais il y a eu aussi des moments moteurs d’une amplitude phénoménale, qui nous ont nourris pendant des années, des actions qui ont eu des répercusions fécondes se propageant sans fin dans nos réseaux de relations, nous laissant sûrs de l’importance ou de la justesse de ce que nous cherchions à faire. Par exemple, lors d’un cours de yoga que je donnais à AlterEco, une entreprise de Commerce Equitable, nous avons eu l’idée de co-créer, avec l’équipe – dont le directeur était un ami, un événement à Sup de Co en présence de leaders autochtones. Rien que de penser à cela ensemble était une super réussite pour moi : le yoga n’était plus seulement un bien-être corporel mais une interrogation sur la mise en action de plus de conscience dans le monde… L’événement a bien eu lieu et certaines personnes dans la salle m’ont avoué, plusieurs années plus tard, en avoir été profondément impactées, au niveau émotionnel puis en repensant leurs projets de vie, pour répondre à l’appel lancé par nos amis Indiens de préserver la biodiversité. J’ai eu beaucoup de gratitude pour cette chevauchée très fraternelle autour de cet événement qui a laissé les différentes parties prenantes (mon asso, AlterEco, le public, certaines personnes de Sup de Co) dans un état d’enchantement magique, lointain, liant pour longtemps nos âmes par un rêve commun.

RESSENS-TU UNE DIFFERENCE ENTRE LES ENTREPRENEURS HOMMES ET FEMMES ? QUEL EST TON AVIS SUR L’INÉGALITÉ HOMME/FEMME EN FRANCE ?

Je ressens en général que le monde du travail est plus fondé sur un rythme de vie masculin, yang, directif, linéaire, compétitif… Soit les femmes se poussent pour y répondre (en puisant souvent démesurément dans leurs ressources), soit elles sont un peu en décalage… Par exemple, concrètement, la femme, qu’elle en soit pleinement consciente ou non, a un fonctionnement global en lien avec son cycle menstruel : chaque mois, elle passe des journées plus introspectives où son corps et ses émotions se nettoient ; c’est une fragilité qui la rend créative, compréhensive et intuitive, si elle peut être au calme, sans stress… Sinon, on dira qu’elle est lunatique, pas au meilleur de sa forme et elle se sentira submergée. Elle a d’autres journées, correspondant à la période ovulatoire ou de pleine lune, où elle est peut déployer un talent particulier pour communiquer, voire séduire et attirer à elle de bonnes opportunités…

Je crois que ce décalage de rythmes est un élément fondamental qui pèse certainement sur le confort intérieur de la femme. Comment changer cela ? En réunissant les femmes entre elles, en les invitant à voir en elle et au travers d’elles, leurs différences de fonctionnement physiologique, émotionnel, mental, psychique…, et à refonder leur propre modèle de travail à partir de cela. Etre dans la proposition naturelle, ensemble, plutôt que dans la réaction et le ressentiment…

SUJET :

Comment aborder le choc de la résilience avec paix intérieure et succès

3 CONSEILS EN METTRE EN PLACE POUR LES FEMMES ENTREPRENEURES :

  • CONSEIL 1 : Connais-toi toi-même.

Apprends à t’observer sans jugement, pour mieux connaître tes dynamiques internes et recevoir la paix libératrice de la conscience témoin.

Assis-toi en silence au moins quelques minutes, peut-être 15/20 minutes 1 fois par jour. Observe les sensations ; en observant les sensations de tension, elles se relâchent. Observe le va-et-viens du souffle naturel. Détache-toi de tes pensées en les laissant passer comme des nuages. Découvre au fil de tes pratiques la stabilité de la pure Conscience « témoin » qui t’habite.

  • CONSEIL 2 : Parle à l’univers.

Imagine ou ressens la présence réconfortante du Cosmos… et invoque son soutien.

Chaque jour, cherche à te tourner vers une force surplombante, primordiale, créatrice qui peut te soutenir. Peu importe comment tu l’appelles, le Mystère, l’Inconnu, le Grand Esprit, la force de la Vie, ton Unité intérieure, ton Essence, ton Etincelle, la force du champ quantique… Devant cette dimension sacrée trouvée en ton for intérieur, qu’as-tu à dire ? C’est un peu l’inverse de la méditation précédente, passive : ici tu es active, tu lances un appel.

  • CONSEIL 3 : Maîtrise tes pensées.

Prends consciencede la puissance créatrice de ton esprit, de tes pensées. Si nous maintenons un état mental, que le mental est cohérent, y compris cohérent et harmonieux pour tout ce qui l’entoure, le mental porte une fréquence dominante et cela donne forme à notre réalité. C’est lorsque nous sommes habités de désirs divergents (plus ou moins consciemment), que nous avons le sentiment de luter et d’être face à plein de résistances…

Prends note de la qualité de tes pensées pendant la journée et l’impact qu’elles ont sur ton énergie. Observe particulièrement le schéma de victime qui peut t’habiter (« les autres ont tort, les autres sont responsables, les autres font du mal… »). Observe particulièrement l’impact de ce schéma sur ta qualité d’énergie. Change cela en te rappelant que tu souhaites vivre uniquement dans des relations mutuellement bénéfiques et que ce qui ne correspond pas à ce rêve s’éloigne simplement de toi : si tu ne nourris pas un modèle de réalité victime/bourreau, ce modèle ne trouvera plus d’accroche en toi. Expérimente cela pour tes relations personnelles et professionnelles. Les personnes peuvent ne pas s’éloigner concrètement de toi mais leur comportement devra, dans ce cas, changer.

CONCLUSION :

Etat Avant/Après et bénéfices

  • AVANT : Ces conseils prennent tout son sens lorsqu’on a l’impression de manquer d’attention, de clarté, de chance, d’opportunité, de bloquer sur des choses de manière récurrente
  • APRES : Avec ces conseils, on peut se sentir plus stables, reliées à nous-mêmes, synchronisées, sereines, en progression.
  • BENEFICES DE SUIVRE LES CONSEILS : Les bénéfices sont évidents sur les émotions (plus fluides, plus légères), les pensées (plus d’acuité et de concentration), mais aussi sur le corps (plus de vitalité et de santé) et sur le potentiel général de l’être, son pouvoir de manifestation, ainsi que sur sa valeur ajoutée au sein d’un groupe de travail.

QUE DIRAIS-TU A UNE FEMME QUI VEUT SE LANCER DANS L ENTREPRENEURIAT EN 2020 ?

Quand tu es bloquée dans ton avancée, prends-le comme un tremplin auspicieux pour dévérouiller un accès intérieur à plus de magie, de cohérence et de vérité. Le monde extérieur est un reflet du monde intérieur. Cela semble parfois incompréhensible ou injuste de dire cela mais il y a en effet une grande complexité dans l’univers et dans notre identité humaine, pleine de dimensions et de cachettes intérieures… Beaucoup de traditions envisagent la transmigration de l’âme dans différents univers, lui forgeant un bagage fort pour expliquer ce qu’elle expérimente dans l’incarnation ; la physique explique aussi que rien ne meurt, tout se transforme… : les causes de ce que nous vivons peuvent donc être lointaines, transpersonnelles, difficiles à saisir. Donc ne mets jamais de côté ta responsabilité (celle de ton âme et de son libre arbitre) à ce dont tu fais l’expérience, mais continues toujours de mettre de bonnes intentions, de l’étude et de l’énergie positive dans ce que tu construis, car cela aura toujours un echo à terme.

UN DERNIER CONSEIL

Pour peser nos actions et avoir du souffle en chemin, il peut être bon de considérer que nous sommes dans une phase de transition planétaire, une transition vers de nouveaux paradigmes vraiment durables et harmonieux pour toute forme de vie. Beaucoup d’êtres et d’héritages spirituels parlent de cela. Il y a un temps normal d’effondrement de ce qui ne fait plus sens, c’est une perte de repère inconfortable surtout lorsqu’on n’en a pas conscience ; mais c’est pour une reconstruction, une renaissance dans beaucoup plus de beauté, de flow, de joie et de grâce. Ose t’avancer  vers l’horizon nouveau et lumineux, à l’aide de ta boussole intérieure de femme intuitive, généreuse et féconde.

 

Froid & Kundalini Yoga

Interview de Mukhande réalisée par le magazine Esprit Yoga en novembre 2019

La saison froide a-t-elle une symbolique dans le kundalini yoga ? Porte-t-elle un potentiel pour le corps et l’esprit ?

Les êtres qui ont généré ce qu’on appelle le Yoga aujourd’hui se sont concentrés longuement dans des espaces isolés, notamment les hautes montagnes himalayennes. La vie simple en montagne leur offre le silence. Elle invite au détachement et aux pratiques ascétiques (« tapas ») qui transforment leurs habitudes humaines non conscientes. Le froid est symbolique de leur introspection, de leur retour à eux-mêmes pour y trouver, par force d’engagement et d’aspiration le long d’une ascension ardue, le foyer éternel de leur identité véritable.

Yogi Bhajan, fondateur du Kundalini Research institute, a raconté que lorsqu’on meurt, on présente à l’âme deux choix de destination. Le premier univers est représenté par un pub-restaurant certes d’apparence chaleureuse et lumineuse d’extérieure, mais rempli d’aliments éloignant l’âme de sa pureté originelle. Il est le lieu des sens tournés vers l’extérieur, nourris par des objets éphémères, où l’être se perd dans l’identification et la loi de cause à effet (« karma »). Le second univers est représenté par un paysage tout blanc, enneigé, glacé : le froid est associé à la pureté de l’impulse de l’âme : si l’âme est prête pour se tourner spontanément vers cette destination à la mort, elle est libérée de ses retours incessants à la naissance, à l’impermanent et aux chaînes de la souffrance…

D’un point de vue physiologique, le fameux Iceman (« Homme de glace »), Wim Hof, participe, avec ses étudiants, à de nombreuses études démontrant comme l’exposition graduelle au froid (accompagnée d’une préparation mentale et respiratoire de type yoguique) permet d’impacter extraordinairement et positivement les systèmes nerveux autonome, immunitaire et cardiaque et la sensation générale de bien-être.

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  1. Au niveau du corps physique, y a-t-il des pratiques de posture ou de pranayama recommandées pour cette saison ?

Yogi Bhajan a enseigné un séquencement d’exercices yoguiques (« kriya »)appelé Surya Kriya, du nom du Soleil, « Surya ». Ce kriya a pour objet d’activer l’énergie solaire. Les résultats attendus sont une stimulation générale de l’énergie positive ; un état plus expressif, extraverti, enthousiaste ; un esprit clair, analytique, orienté sur l’action et focalisé sur plusieurs tâches ; une meilleure digestion.

Le kriya commence par 5 minutes de respiration lente et profonde par la narine droite. Cette respiration peut d’ailleurs être pratiquée de manière isolée, quelques minutes par jour, pour stimuler l’énergie solaire dans le corps subtil et ses méridiens, ainsi que l’acuité mentale – elle est transversale au Hatha Yoga (yoga plus classique) et au Kundalini Yoga.

Le kriya continue par deux fois 5 minutes de Sat Kriya, un exercice ouvrant la vanne du troisième chakra, lié à l’élément Feu. On est agenouillé, assis sur les talons, mains jointes au-dessus de la tête, on répète Sat (Vérité) en tirant le nombril vers la colonne et vers le haut, puis Nam (Identité) en relâchant le ventre. Retrouvez cet exercice, pouvant également être pratiqué de manière isolée, sur mon blog ici.

Puis nous stimulons bien toute la colonne pour y faire circuler l’énergie précédemment éveillée. Nous pratiquons 108 flexions de la colonneen assise jambes croisées : on agrippe la cheville avant, on cambre en inspirant, on arrondit en expirant, la tête restant face, comme fixant l’horizon. Nous continuons à sublimer l’énergie sexuelle avec la pratique de 26 postures de la Grenouille : accroupi, talons joints au-dessus du sol, doigts des mains à terre entre les jambes, on inspire en montant les fessiers, tête relâchée, on expire en revenant accroupi, regard face. Nous stimulons encore d’avantage la circulation de l’énergie dans la tête avec les mouvements de la nuque pendant 3 minutes : inspire la tête à gauche, expire la tête à droite. Nous distribuons bien l’énergie dans tout le corps et équilibrons le champ magnétique avec les pliures latérales de la colonne pendant 3 minutes : mains sur les épaules, coudes à hauteur des épaules, inspire en te penchant vers la gauche, expire en te penchant vers la droite, le buste se ployant dans un plan perpendiculaire à la terre.

Nous terminons en nous stabilisant par une méditation de 6 minutes, nombril rentré vers la colonne, périnée engagé, toute l’attention porté au point entre les sourcils. On inspire en répétant intérieurement Sat(Vérité), on expire en répétant intérieurement Nam(Identité).

Attention : les pratiques de Kundalini Yoga telles qu’enseignées par Yogi Bhajan doivent être réalisées dans un espace dédié, ouvert et fermé par le chant de mantras nous reliant à un certain état de conscience, une intention claire et un héritage vibratoire intergénérationnel. Voir comment chanter l’Adi Mantra ici.

 

  1. L’automne et l’hiver sont connus pour être des saisons qui peuvent conduire à une agitation mentale, de la mélancolie, de la déprime… Y a-t-il des pratiques de mantras, de mudras ou autre, qui sont bénéfique pour stabiliser le mental, amener de la joie et du contentement ?

Je vais répondre en revenant aux enseignements du Kriya Yoga de Babaji qui est une synthèse du Yoga classique et du Yoga tantrique, basé sur les enseignements des Siddhas, maîtres de la voie ésotérique et alchimique Yoga Kundalini.

Dans ce corpus d’enseignements, nous apprenons que d’une manière générale, la stabilité mentale s’acquiert par la pratique d’exercices respiratoires faisant circuler l’énergie pranique (i.e. énergie vitale). Dans le Kriya Yoga, nous appelons ces exercices « Kundalini Pranayama ». Yogi Bhajan a transmis un exercice respiratoire proche des enseignements du Kriya Yoga, nommé Sahej Kriya : nous inspirons lentement et profondément en imaginant l’énergie vitale remonter la colonne vertébrale, passer dans la tête et ressortir par le nez, puis nous expirons lentement et profondément en imaginant l’énergie vitale passer par le nez, dans la tête puis redescendre par la colonne ; en même temps, on inspire en répétant intérieurement Maha Kaal(« le grand Flux »), on expire en répétant intérieurement Kaal Ka(« le Flux de la Kundalini »).

Pour le contentement, le Yoga recommande clairement la pratique continue du détachement. L’assouvissement des désirs mondains et sensoriels ne peut apporter qu’une satisfaction éphémère, car cet assouvissement est rapidement fini et fait place à un nouveau désir, ou bien est accompagné de la préoccupation qu’il (l’assouvissement) ne dure pas. Le détachement se pratique en s’asseyant intérieurement dans une conscience de « témoin » : on observe les choses telles qu’elles sont, sans réagir, sans discuter. Il y a dans cette conscience témoin la voie de la paix, de la sérénité et de la joie spirituelle « Ananda ». Pratiquer le Kundalini Yoga de Yogi Bhajan sans ce détachement intérieur peut se révéler dangereux, car cela éveille un pouvoir sans sagesse. Gurudev Singh insiste beaucoup sur cet aspect au travers de son enseignement du « SatNam Rasayan », où les kriyas de Yogi Bhajan sont pratiqués avec la précaution d’une grande écoute, un silence intérieur consistant.

 

  1. Que faut-il absolument éviter pendant cette période de l’année selon le kundalini yoga ?

Il faut éviter de ne pas pratiquer ! Si vous êtes empreints d’inertie, nourrissez votre âme motrice de votre volonté profonde en étudiant des textes spirituels inspirants ou en chantant de manière dévotionnelle à Shiva, Guru Ram Das ou la Nature de Terre Mère…

Il faut éviter également de prendre de longues douches chaudes ! La douche froide était reconnue en Grèce ancienne pour ses bienfaits sur la santé jusqu’à ce que l’eau chaude devienne un confort indiscutable. La douche froide n’est pas recommandée aux femmes qui ont leur cycle, ni aux personnes malades. Pourtant en dehors de ces cas, on devrait, pour notre santé publique et l’écologie de la planète !, s’habituer nouvellement à se laver à l’eau froide. On pourra commencer par se laver simplement les pieds à l’eau froide le soir avant de se coucher.

 

  1. Y a-t-il des préconisations particulières pour le système immunitaire ? Qu’est-il possible de faire pour le maintenir au meilleur de sa forme ?

Le système immunitaire peut être stimulé, d’après l’Ayurveda (repris dans l’Humanologie de Yogi Bhajan), par la combinaison des trois racines, « Trinity Roots » : gingembre, curcuma et ail. Quand nous sommes malades ou affaiblis, nous pouvons faire une monodiète du plat traditionnel Kitchari : riz, haricots mungo et légumes prédigérés par une longue cuisson, avec ces trois racines.

Ma vision du système biologique humain est qu’il contient une dimension de perfection latente pouvant répondre à tous ses besoins de manière autonome. C’est la vision cible du Yoga qui signifie Union, comme réunion des opposés, union du Ciel et de la Terre, de la Conscience et de la Matière, du divin et du profane. Donc pour être au meilleur de notre forme, nous pouvons nous tourner vers cette dimension de perfection en nous et lui demander, ô Divine Unité Intérieure, de nous habiter pleinement, de prendre une place dominante en nous, de nous nourrir, de nous guérir, de nous maintenir stable et fort pour traverser les passages sombres et froids de l’épopée humaine.

 

 

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Les Sutras du Kriya Yoga de Patanjali et les Siddhas, Govindan Marshall

Extrait offert par l’auteur pour compléter la réflexion sur le détachement

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Grâce à la pratique constante et au détachement, [émerge] la cessation [de l’identification avec les fluctuations de la conscience].

Patanjali décrit ici la méthode la plus importante du Kriya Yoga (voir les versets I.2 et II.2) pour nettoyer l’égoïsme qui provient de l’identification avec les fluctuations émergeant dans la conscience.

«Grâce à la pratique constante» (abhyàsa) fait référence à la concentration sur ce que l’on est, le Soi, ou dans le cas des exercices préparatoires, à la concentration sur des objets (parce qu’il est plus facile de se concentrer sur un objet que sur l’Absolu sans forme).

Le détachement (vairàgya) fait référence à la cessation de s’identifier avec ce que l’on n’est pas – les pensées qui passent, les émotions venant des sens ou des souvenirs. Au fur et à mesure que le pratiquant abandonne ces mouvements refoulés dans le subconscient qui sont supprimés par la pratique des techniques comme suddhi dhyàna kriyà ou par la répétition des syllabes racines sacrées (bãja mantras), il ne reste que la conscience pure, c’est à dire que le Soi devient manifeste. La pratique constante peut être comparée à une personne écopant l’eau dans une barque qui coule.

Si on arrête de porter son attention sur ce Soi pur et conscient, on est submergé irrésistiblement par la force et l’habitude de son égoïsme, tout comme on est submergé par l’eau qui s’engouffre dans la barque si on arrête d’écoper. La pratique constante signifie que l’on se souvient de l’Absolu suprême en plein milieu du spectacle et des changements en cours.

La pratique: (1) Gardez la perspective du Soi intérieur qui observe tout ce qui se passe. Cultivez le Soi, la conscience et la sensation de la Divinité intérieure. Installez-vous en Lui. Appréciez sa beauté qui pénètre toute expérience. (2) Laissez les pensées et les émotions, aller et venir sans changer cette perspective. Lâchez prise quand vous vous y attachez. (3) Apprenez et pratiquez suddhi dhyàna kriyà et les autres dhyàna kriyas pour ouvrir ou fermer les Neuf Ouvertures du corps humain, enseignés au troisième niveau du Kriya Yoga de Babaji.

Le livre Un Nouveau Monde est en Marche

Contributions (ci-dessous) de Solen Penchèvre & Haru Kuntanawa (leader amazonien invité en France en collaboration avec l’association Yogash) au livre Un Nouveau Monde est en Marche de Laurent Muratet 

couv-livre-unmemUn Nouveau Monde est en Marche

Co auteurs Laurent Muratet et Etienne Godinot accompagnés par les témoignages de nombreuses personnalités : Pierre Rabhi, Matthieu Ricard, Christophe André, Stéphane Hessel, Jean-Marie Pelt, Thomas d’Ansembourg, Marc de Smedt…

Comprendre & Mieux vivre ce nouveau monde en marche :

L’agriculture et les menaces de crises alimentaires, la misère de centaines de millions d’êtres humains, l’empreinte écologique des sociétés industrielles, la perte de la biodiversité, le brevetage du vivant : voici des sujets gravissimes bien peu traités par la classe politique… 

Cet ouvrage présente l’histoire de la non-violencel’état du monde et les grands défis du troisième millénaire: l’écologie, la lutte contre la misère et le mal-développement, la nécessité d’un nouveau type de développement. Les questions du réapprentissage des valeurs de vie, de la transformation personnelle indissociable du changement sociétal, et des moyens de cette transformation sont autant de thématiques abordées.

Edité en 2012 aux éd. Yves Michel. Commander ici

(Extraits)

Vers l’extension du champ de conscience

Entretien avec Solen A.M.K. Penchèvre*

Pouvez-vous nous dire pourquoi avoir choisi d’enseigner le yoga après un parcours d’école de commerce ?

Je voulais changer le monde. Je n’ai pas trouvé comment m’y prendre à partir de l’école de commerce, les outils me semblaient creux, faux, compliqués, les objectifs inatteignables ou incertains. D’ailleurs on ne parlait pas vraiment de transformer le monde et je me sentais un peu isolée dans ma quête.

L’expérience du yoga m’a en quelque sorte donné raison : intérieurement j’ai eu la confirmation que mes aspirations étaient justes et que le monde était vraiment en crise. Or ce même yoga qui m’alimentait, je le voyais universel dans ses enseignements, pour une transformation rapide et profonde de la nature humaine.

Est-ce pour cela que vous avez choisi d’enseigner également le yoga en entreprise ?

Je me suis dit que si tout le monde faisait du yoga, le monde allait devenir plus sensible et plus paisible. J’avais aussi une sorte de poussée intuitive envers les entreprises et le yoga me semblait être la seule chose que je maîtrisais qui correspondait vraiment à qui j’étais et qui me mettait donc à l’aise pour réussir ma mission dans le monde de l’entreprise.

A votre avis, que peut apporter le yoga dans le monde de l’entreprise ?

De la douceur ! Un rythme, de la santé, clarté mentale, empathie, respect et reconnaissance ; un changement de valeurs, de culture d’entreprise et, par conséquent, un impact à terme sur la stratégie de l’entreprise ; de la créativité. In fine, on peut voir le yoga comme un outil de management des ressources humaines. Toutes les « nouvelles » techniques de développement personnel sont issues de traditions ancestrales comme le yoga ; pour des raisons culturelles, on omet souvent de le préciser, et pourtant, en revenant à la source, en puisant directement à la source des outils, on a accès à des systèmes intégraux et complets.

N’y a-t-il pas une incompatibilité entre le temps et la prise de distance qu’enseigne le yoga, et le monde de l’entreprise où l’on vit un temps que l’on pourrait qualifier d’accéléré ?

C’est justement face au stress croissant qu’on a besoin d’outils pour reconstruire rapidement notre relation au présent. A quoi sert de s’inquiéter de demain si on est déjà malheureux aujourd’hui ? Dans ce temps hors du temps, tous les temps se rejoignent et on est « synchronisés ». La pratique de la présence repositionne nos priorités. Le détachement développe paradoxalement une extra-sensibilité et une intuition dont nous avons de plus en plus besoin pour prendre des décisions en contexte de crise.

En quoi peut-on dire que la pratique du yoga permet-elle de se recentrer ?

Le yoga est un système complet qui comporte une variété de pratiques alliant des exercices physiques aux attitudes comportementales quotidiennes (la non-violence, la vérité) et à la méditation. L’objectif du yoga est la réalisation du soi, c’est-à-dire l’union avec une dimension latente intérieure de parfaite présence, conscience et sérénité. C’est cela qu’on peut appeler se « recentrer », retrouver sa véritable nature, être en posture de maîtrise, se connaître et être capable de s’exprimer.

Est-il exact de dire que c’est un travail sur plusieurs types de corps ?

La vision des cinq corps (voir plus bas) rappelle que l’être est constitué de différentes couches et qu’un travail sur soi à tous les niveaux de l’être permet gagner en efficacité… On n’augmente pas la rentabilité d’un organisme sans prendre en compte sa fragilité émotionnelle ou sans connaître ce qui peut le motiver intensément.

Est-il possible de transposer cela sur le fonctionnement d’une entreprise qui aurait fait une certaine prise de conscience ?

L’entreprise cherche effectivement à prendre en considération de plus en plus de niveaux de fonctionnements :

– le corps physique, niveau le plus grossier, pourrait représenter la structure de l’entreprise selon une lecture classique, c’est-à-dire comprenant les différents départements, finance, marketing, stratégie, achats, ventes, relations humaines, communication, etc., vision assez fragmentaire mais néanmoins nécessaire pour accéder à une première compréhension de son fonctionnement ;

– le corps émotionnel renverrait à l’intelligence émotionnelle du groupe, à la manière dont les motivations quotidiennes s’harmonisent, dont la communication interne s’établit ;

– le corps mental correspond aux capacités mentales (il faut arriver à intégrer l’activité des deux cerveaux !) des individus et du groupe dans son unicité ;

– le corps intellectuel fait référence au niveau plus subtil et intuitif du monde mental ; dans l’entreprise, il pourrait s’agir d’un niveau de non-dit, de formes-pensées inscrites dans la culture d’entreprise, de valeurs ; il pourrait s’agir aussi de la capacité télépathique des individus dans le groupe ;

– le corps spirituel est la qualité la plus raffinée du fonctionnement de l’organisme, quand il s’agit de se positionner dans une relation de service envers la communauté, d’agir dans l’amour et de savoir rester témoin : ici l’entreprise n’est vue que comme un stratagème de plus de l’univers pour permettre à l’être humain de se réaliser.

Je ne sais pas si certains groupes humains ont déjà réussi à intégrer en conscience ces différents niveaux ; cela nécessite que l’entreprise devienne une véritable expérience de vie et d’apprentissage intérieur.

Ceci me fait penser à l’expérience d’Auroville qui est allée loin dans l’intégration d’une intention hautement spirituelle et dans la concrétisation matérielle d’une organisation (comprenant d’ailleurs des structures entrepreneuriales).

La pratique du yoga, non-violente de nature, peut-elle paradoxalement permettre d’être plus fort dans le cas de conflit ?

La non-violence est subtile… L’un de mes enseignants disait que Gandhi était extrêmement violentquand il demandait aux foules de contenir leur violence face à ceux qui les abusaient. Pour être stable dans la non-violence, nous avons besoin d’une très grande maîtrise de nous-mêmes. Etre sensible aux horreurs et aux injustices du monde, aux drames et aux paradoxes de l’existence, à la solitude et au désespoir du chercheur de vérité, sans crier, sans pleurer, sans enrager… Est-ce possible ? Je crois que oui, avec la pratique… Nous atteignons progressivement un nouveau seuil de sensibilité, nous voyons les choses comme parties du Grand Tout et nous avons plus de facilité à les accepter. Nous ressentons, simplement, sans nous accrocher aux émotions négatives, nous les laissons passer comme des sons, des vibrations. Je crois que des gestes, des attitudes peuvent émaner de nous à ce moment, que d’autres pourraient considérer comme de la violence, mais qui sont juste des mouvements en résonance, fluides, assumant leur position : regardez les maîtres d’arts martiaux ou les Sikhs qui ont pris les sabres pour défendre leurs droits, ils agissent à partir d’un état de complétude intérieure, ils combattent dans la paix et pour la paix. C’est une danse.

Plus largement, peut-on dire que nous sommes à une époque charnière de mutation, et que le yoga et la méditation sont des pratiques qui se répandent ?

Oui les centres de yoga poussent comme des champignons dans les grandes villes ! Nous sommes en constante évolution, mais on dit aussi, dans beaucoup de traditions, que notre période est particulièrement intense… L’information augmente de manière exponentielle, le système nerveux est d’ailleurs soumis à une très forte pression. Aujourd’hui, il devient facile de connaître, le défi est maintenant d’être dans l’expérience, de savoir. Yogi Bhajan disait de notre époque que la connaissance y serait criée sur les toits, mais que personne ne l’entendrait…

Quels messages peut-on retenir des traditions spirituelles venant de l’Inde ainsi que de celles issues du bassin amazonien à travers les chefs amérindiens ?

Peut-être ce que les deux ont en commun et qu’il nous manque ici, la considération d’une instance « supérieure » d’intelligence, de vie et de conscience. L’humilité d’honorer cette mystérieuse grandeur fondatrice de la création afin de pouvoir entrer en résonance avec elle. D’oser la reconnaître en soi, en son corps, en la Terre et en toute chose et de se laisser enchanter par elle…

Qu’avez-vous appris lors de vos séjours parmi eux et quel regard portez-vous en tant qu’occidentale à la fois sur leurs traditions et, par comparaison, sur notre société moderne ?

Je crois que mes séjours en terres indigènes m’ont ramené les pieds sur terre. La première fois j’avais demandé aux peuples de pouvoir m’isoler trois mois dans la jungle, seule avec la luxurieuse biodiversité d’Amazonie… Ils ont presque rigolé, peintures de guerre sur les joues, eux qui s’épuisent à exhorter leurs compatriotes dans les villes à freiner la déforestation. Ils m’ont toujours demandé pourquoi je voulais apprendre auprès d’eux et m’ont toujours aidée à réaliser ce que je voulais après avoir testé ma motivation. Ils ont été comme une famille, ils m’ont montré des relations humaines chaudes, complexes mais toujours ouvertes au pardon ; ils m’ont enseigné à peser le poids de mes mots et à reconnaître mon ignorance en côtoyant les plus anciens, ridés de sagesse intérieure.

Le lien créé entre les traditions amérindiennes et nos sociétés peut-il permettre d’appréhender ensemble un présent et un futur de manière créative ?

La fraternité indigène possède des outils thérapeutiques et évolutionnaires que nous ne connaissons pas ; j’ai voyagé sept ans en Amazonie dans une communauté des plus reconnues pour son pouvoir spirituel avant qu’elle m’offre de m’initier à l’un de ses secrets, un rituel de passage fondamental dans la formation des autorités spirituelles du peuple. Ces peuples savent comment ouvrir notre conscience rapidement et massivement, ils savent parler à la terre et aux règnes que nous détruisons afin d’en freiner l’extermination, ils savent comment ouvrir nos cœurs.

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Entretien avec Haru Kuntanawa 

Pouvez-vous vous présenter et nous dire quel est votre rôle au sein de votre communauté ?

Je m’appelle Haru. Je viens de l’Etat de l’Acre, du peuple Kuntanawa. Le peuple Kuntanawa est localisé dans la forêt amazonienne, au sud-ouest du Brésil.

Nous vivons près des frontières de trois pays : le Pérou, le Brésil et la Bolivie, avec une population d’environ 100 000 personnes composée de plusieurs peuples. Nous travaillons aujourd’hui sur des politiques de conseil sur la biodiversité, sur la protection des ressources naturelles, sur toutes formes de conseil.

J’apporte au monde un message que les autres êtres vivants ne réussissent pas à transmettre. Nous transmettrons un message que nous avons appris pendant toute notre vie et que nous devons transmettre.

Je me réfère à ceci : ce que je suis, ce que je fais, je le fais en tant que messager de la forêt, en tant que personne qui a une connaissance à apporter que le monde occidental ne possède pas.

Dans notre communauté, nous avons tous réalisé un ensemble d’actions de développement de différentes pratiques traditionnelles qui apportent une façon de vivre différente du mode de vie urbain. Une manière différente de se nourrir, de porter la notion de développement durable par rapport aux ressources naturelles, une façon de respecter l’environnement, considéré comme un tout et non pas comme un moyen. Et d’exploiter les ressources de la nature de manière responsable, en sachant ce que chaque chose représente pour chacun de nous.

Dans la communauté, nous avons pour mission de transmettre notre culture au monde extérieur. Mon travail a été intense pour préserver la culture, la tradition et les coutumes de nos peuples.

Quel regard portez-vous sur la société occidentale, notamment lors de vos voyages ?

Je perçois la société occidentale comme très différente de notre communauté. La vie dans notre communauté est une vie où tout le monde se connaît et participe. En Occident, je vois bien que les gens ne se connaissent pas. Ce fait a un impact direct sur la vie des gens et ne permet pas que les personnes se rapprochent les unes des autres. Je ne comprends pas comment des millions de personnes qui se croisent dans la rue n’arrivent pas à se parler, à se connaître. Pour moi qui vis une réalité très différente, cela me demande beaucoup d’imagination. Il m’est impossible de comprendre tout cela.

Ici, je vois que la réalité des gens est liée à un système qui tourne. C’est bien différent dans ma communauté où tous les membres s’organisent autour de la forêt.

Nous sommes attentifs aux cycles de la nature, aux transformations. Tant de choses arrivent naturellement. Nous sommes attentifs à la gestation du temps, aux saisons, nous n’avons rien modifié, c’est très naturel. Ici, à chaque seconde, il se passe des millions de choses. Donc, je ne comprends pas la pensée occidentale. Mais en même temps, je me préoccupe de savoir comment vous pouvez voir le monde sans prêter attention aux quelques êtres qui tentent de maintenir l’humanité vivante.

Quelle importance prêtez-vous à la dimension spirituelle pour un changement intérieur durable mais également collectif ? Est-ce que cette dimension spirituelle peut être assez puissante pour changer le monde ? En quoi les sagesses amérindiennes peuvent-elles influencer et guider les modes de vie occidentaux ?

L’Esprit en Occident est le même esprit que celui de la communauté d’ici. La terre est liée à l’Esprit. Il est différent des personnes. L’Esprit n’est pas une chose matérielle. C’est une chose spirituelle. Il a le pouvoir d’être présent dans tous les lieux. Il n’est pas présent dans une seule personne ou dans une seule communauté.

La façon dont l’Esprit peut aider ou agir dans différents lieux est aussi la manière dont les personnes le permettent. L’Esprit peut se manifester à l’intérieur de vous.

Donc, la spiritualité n’est pas séparée de la matière. Le monde spirituel est très lié au monde matériel. Vous devez équilibrer les deux choses. Vous devez savoir comment vous projeter en dehors de ce monde pour gérer les choses de cette réalité. Je vois qu’avec notre concept de « quête de vision », nous pouvons beaucoup aider le monde occidental à se souvenir de comment était cet Esprit et y revenir.

L’Esprit est lié à la Terre, mais quand on crée d’autres mécanismes qui interfèrent depuis la Terre ou le monde astral, on perd cet Esprit. Il est très lié à l’Esprit de la Terre. C’est pourquoi je vous dis que nous sommes tous reliés, que nous devons apprendre à vivre ensemble et retrouver une dimension qui nous permette de transmettre la connaissance, la sagesse, de réveiller parfois des personnes qui sont bien endormies dans leur cœur, dans leur mental et de les alerter. Je crois que nous avons beaucoup de choses à faire, mais la propre Nature elle-même est capable de réveiller l’humanité, la société occidentale et de faire en sorte que les gens aient ce respect de la nature, de l’Esprit de la Nature.

Quels échos et réponses complémentaires pourraient être apportées par les sociétés occidentales?

Comment les occidentaux, les Européens peuvent-ils aider l’Amazonie ? La part que vous pouvez faire est de nous aider à préserver les traditions, la culture des peuples premiers vivante, à œuvrer pour la protection de la forêt et de la biodiversité comme un tout à travers les projets sur lesquels nous travaillons et développons avec responsabilité et respect de la nature. Des projets et actions qui sont fondamentaux pour l’équilibre de la nature, pour l’utilisation responsable des ressources naturelles, en maintenant la culture et la tradition.

Qu’est-ce que l’Europe peut faire pour aider le Brésil, l’Amazonie ou les peuples de l’Amazonie ? Travailler directement avec les peuples premiers qui protègent, qui défendent la nature.

Aujourd’hui, nous avons des projets conçus à notre manière pour apprendre à manipuler la technologie et la pensée du monde moderne qui veut transformer l’idée conçue sur le papier en la mettant en pratique, comme nous le faisons.

Nous avons des projets équitables et responsables pour l’exploitation des ressources naturelles. Nous savons comment produire sans agresser l’environnement. C’est de cette façon que vous pouvez nous aider, à travailler au renfort de ces actions ensemble, de ces projets de développement, que ce soit par le biais d’un soutien technique, financier, ou de toute autre forme qui puisse donner une valeur ajoutée, comme des technologies pour pouvoir gérer la communication.

Et aussi… Il y a beaucoup de tension produite ici car tout est lié. Ce qui se passe en Europe influence l’Amazonie, influe également l’Asie et tous les autres endroits de la planète. L’influence existe de tous les côtés, les choses sont liées.

Donc, il est bon que vous voyiez, spécialement les industries, les entreprises, comment travailler de manière responsable, pas seulement à penser à produire. Penser à comment ce que vous allez produire va affecter l’environnement. Toujours penser comment vous allez réutiliser le produit après, comment vous allez le démonter et à quel moment, ce que vous allez en faire ensuite, comment vous allez vous en débarrasser, quelle quantité de déchets et quoi en faire, et comment vous allez gérer l’impact sur l’environnement dans lequel vous vivez.

Nous souhaitons vivement un dialogue, un échange de connaissances sur comment mettre en commun les prises de conscience des deux parties. C’est ainsi que, depuis l’Europe, vous pouvez aider l’Amazonie : vous pouvez investir la culture, les connaissances des peuples premiers pour que cette culture ne se perde jamais, ne s’éteigne jamais de la planète.

Est-ce que la non-violence est un précepte qui vous parle ? Si oui, comment est-elle déclinée dans votre culture ? Dans quel combat ?

Je crois beaucoup que la violence est générée par le fait que les personnes ne comprennent pas la façon dont d’autres êtres vivent. D’une manière générale, beaucoup de gens cherchent la paix. Cherchent la paix, mais où ? Or, la paix est à l’intérieur de nous. Pour avoir la paix, vous avez besoin de comprendre ce que les autres représentent dans le cycle de la Vie. Comment vous pouvez vous harmoniser avec différentes formes de vie. Beaucoup de gens parlent de violence et les personnes voient la violence envers les autres humains. Or, vous avez besoin de comprendre l’esprit de la violence. D’abord, ne pas violer les droits d’autres êtres vivants et préserver la vie. La paix est engendrée non pas par la guerre, le combat, mais par la compréhension. La paix est générée par la manière dont vous acceptez l’autre, dont vous apprenez à harmoniser les différences, à comprendre différents concepts, différentes cultures, différentes traditions, et c’est cette compréhension pour les autres qui, elle seule, sera capable de construire un monde de paix.

Pour le moment, les gens ne sont pas capables de comprendre ce concept, que la paix que vous voulez pour vous vous devez la donner aux autres, et que c’est ainsi que vous garantirez un monde de paix. Or comment donner la paix si vous n’êtes pas vous-même en paix ?

Vous devez d’abord être en paix vous-même pour construire la paix. La paix ne se résume pas à ces quatre lettres. Elle se réfère à bien plus que ça. Elle se réfère au sentiment qui est dans notre cœur. Elle commence par la conscience. Ensuite, elle s’étend et se transmet dans tout votre être. Puis elle finit par se transmettre aux autres.

Je comprends la paix de cette manière. La paix, pour moi, c’est d’abord d’être bien avec soi-même et ensuite de faire du bien aux autres pour que cette harmonie génère un monde de paix, soit un environnement de paix pour les gens et les êtres qui coexistent. Je crois beaucoup que la paix puisse être générée par la conscience.

Comment voyez-vous l’avenir des populations de la planète et notamment de vos peuples ? Quel message aimeriez-vous faire passer au monde ?

J’aimerais dire aux personnes du monde, spécialement aux personnes d’Occident que, vous devez porter beaucoup d’attention à ce que vous êtes en train de mettre au monde. Parce qu’il se peut que beaucoup de choses que les gens sont en train de mettre dans le monde soient hors de contrôle.

Mon message est : qu’est-ce que vous voulez pour vos enfants ? Quel héritage voulez-vous transmettre aux générations suivantes ? Quel engagement pour que vos enfants n’arrivent pas à un âge adulte avec autant de destruction, avec autant de pollution, avec autant d’impacts négatifs ? Car la façon de consommer d’aujourd’hui met en péril les conditions de vie des générations suivantes.

En vérité, j’aimerais dire aux personnes du monde : quel type de pensée, quel type d’action faites-vous en ce moment pour modifier le comportement de l’humanité ? Comment pensez-vous construire le futur sachant que, tout ce que nous faisons maintenant, nous en serons responsables devant la future génération, la génération de nos enfants qui nous succéderont. J’aimerais vraiment savoir quel environnement vous êtes en train de construire pour vivre. Je crois que beaucoup de choses ont changé, et que ce changement est compromettant, qu’il ne donne pas l’espoir d’une vie meilleure pour les gens.

Donc, j’aimerais dire au monde de faire très attention, notamment aux personnes qui construisent leurs actions de manière irresponsable, sans penser au futur. Je crois que nous devons engagement, respect, responsabilité envers ce que nous avons fait et ce que nous sommes en train de faire.

La conscience de chacun ne va jamais éteindre ni effacer la mémoire de ce que vous avez fait. Si vous avez fait quelque chose de bien, cela va rester historiquement pendant des milliers d’années. Nous portons la mémoire de nos ancêtres depuis de longues années et la mémoire que nous portons est très pure, donc nous n’avons pas l’impression d’avoir violé les droits de la Vie sur cette planète. Nous avons la conscience que nous sommes prêts à rendre compte des actes que nous avons posé. Cette communauté est prête à répondre.

Mais je vois que le monde occidental n’est pas prêt à comparaître devant les tribunaux de la Nature. Quand les Ordres supérieurs interviendront. Quand il y aura des tremblements de terre, des ouragans, des tsunamis, est-ce que les gens seront prêts à répondre de leur attitude, des choses qu’ils ont faites ?

Mon message pour tous est de faire très attention à ce que vous faites dans votre vie pour ne pas compromettre la vie des générations futures. Nous voyons clairement que la Terre ne supporte plus toute cette destruction, que cette idée du développement a apporté une grande perte de biodiversité et de ressources naturelles dans l’ensemble qui compose cet univers, avec les différentes formes de vie qui existent sur cette planète. Nous devons avoir le même respect pour une plante, pour un petit brin d’herbe que pour notre propre vie. En agissant ainsi, je suis certain que le monde va changer. Il va changer pour le meilleur. Les gens seront conscients de ce qu’ils sont en train de faire et se sentiront présents pour chacun parce qu’ils auront le respect et la conscience que tout le monde ici a besoin de vivre. Indifféremment de la race des gens.

Le concept de race généralise des préjugés. Or on n’a pas à avoir de préjugés sur le lieu où l’on naît. N’importe quel être qui naît sur cette planète mérite de vivre. Il mérite de vivre avec dignité. D’être respecté avec attention. Ceci est le message que je souhaite faire passer au monde.

Psychologie et Enthéogènes

« Une approche psychologique de la guérison par les Plantes sacrées », article de recherche pour un cours de l’Ecole Supérieure de Commerce de Paris (ESCP Europe) par Solen Penchèvre, 2007

(Extrait) D’emblée, nous pouvons nous questionner sur la réalité de cette « expérience du divin » curative que procurerait l’absorption d’enthéogènes : comment la traduire en termes psychologiques validés par notre système de pensée occidental ? A partir d’une compilation des travaux de Philippe (plus de vingt années d’expériences, de recherches bibliographiques et de rencontres interviewées de nombreux guérisseurs d’Amérique Latine), de mon propre chemin initiatique et psychanalytique débuté dans sa maison spirituelle, et de notions de psychologie analytique –principalement junguienne, nous essaierons d’esquisser des éléments de réponse à ce problème. Dans cette démarche, nous serons inévitablement amener à comparer les processus des deux systèmes de cure, le purement psychanalytique et l’enthéogènique. Nous espérons esquisser des opportunités d’évolution pour la psychanalyse telle qu’elle est généralement pratiquée aujourd’hui dans nos pays.

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